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Athéisme |
L’athéisme traduit au moins deux sortes de comportements relativement à la problématique de l’existence de Dieu. L’un consiste en un désintérêt, une indifférence face à la question elle-même parce que le vécu de la personne concernée ne l’a pas conduite à se poser ce problème ou bien parce qu’elle préfère l’ignorer volontairement. L’autre résulte d’une idéologie qui rejette clairement la croyance en l’existence de Dieu qu’elle considère comme une aliénation à ce qui ne serait que le produit du cerveau humain. Ce système de pensée se fonde le plus souvent sur la raison et l’expérience. Pourquoi, en effet, croire en ce qu’on ne voit pas ? Il est aussi profondément ancré dans le réel : est-il raisonnable de vivre le temps présent dans la perspective de l’au-delà ? Mais l’athéisme se refuse aussi à n’être qu’une pensée basée sur le refus de l’image de Dieu que servent les religions depuis des millénaires : il se veut un système à part entière dans lequel la science apporterait suffisamment de réponses aux angoisses existentielles de l’homme...
La quête de liberté et de responsabilité de l’athéisme a pour mérite de pousser le chrétien de l’an 2000 à purifier sa vision de Dieu. Il est certain que le dualisme auquel les religions ont habitué l’homme ne rend compte ni de l’Amour infini de Dieu pour ses enfants ni de la liberté extraordinaire de l’individu et de son pouvoir créateur. L’athéisme constitue en fait une réaction à cette spoliation : face à un dieu sans Amour, face à une croyance rejetant l’accomplissement humain dans l’au-delà, face à des Eglises infantilisantes, il est normal et sain que des êtres humains en viennent à considérer comme évidente la non-existence de Dieu. Ils ont parfaitement raison : ce dieu-là n’a jamais existé. A force de séparer le Père et ses enfants, à force de placer le premier dans un lieu inaccessible tandis que les seconds se traînent dans la boue, l’individu n’a plus qu’à adopter une attitude pragmatique pour se forger ses propres repères. C’est ainsi qu’il regagne peu à peu ses capacités créatrices et qu’il se donne la possibilité de découvrir une toute autre réalité de Dieu : un visage d’Amour, de liberté, de don et de responsabilité. Ce visage se présente lorsqu’il a fait table rase des images artificielles plaquées sur Dieu pour lui substituer la simple face de son prochain, de son semblable.
C’est ce visage que nous présente Jésus-Christ tout au long de sa vie terrestre : celui d’un homme comme les autres dont l’accomplissement librement choisi est de consacrer sa vie à ses frères et sœurs et de parvenir ainsi à leur offrir une nouvelle voie, un bonheur immédiat, une libération des chaînes qui les retiennent attachés à ce plan d’existence. Jésus propose ainsi, par-delà les rituels et les phénomènes proprement religieux, d’expérimenter une vie dans l’Amour des autres et de soi : une vie où l’individu est profondément libre parce qu’il n’est plus l’esclave de la dualité ; une vie de responsabilité parce que l’être ne sépare plus sa destinée de celle de son prochain ; une vie de don parce que celui qui aime entre dans l’échange permanent avec les autres ; une vie d’union et de création parce que l’homme atteint ainsi un niveau de conscience où il participe à l’expansion de l’Energie qui est à l’origine de toutes les autres : l’Amour.
Cette vie que Jésus nous donne la possibilité de vivre n’est plus conditionnée par la problématique de l’existence de Dieu : elle est une succession d’actes d’Amour ayant pour but d’apporter à l’autre et à soi une énergie qui est en elle-même une lumière, une connaissance et une réalité pour l’instant présent. Cette vie ne réduit pas la conscience humaine à une suite d’interrogations mais fait participer l’ensemble de l’être à un processus de création qui est aussi une autocréation bien au-delà du mental et de la croyance. Bref, la vie dont Jésus a donné l’exemple est d’autant plus en prise avec la science et la raison qu’elle intègre la totalité de l’être en permettant à celui qui se donne de progresser dans la connaissance de lui-même de façon personnelle et de dépasser ainsi les conditionnements et les croyances limitées de son époque. Ainsi, la réalité illimitée dans laquelle entre alors l’être humain l’invite à se fier toujours plus à la richesse qu’il porte en lui et que porte aussi ses semblables. Et c’est naturellement qu’il se rend compte qu’il échange et communie avec une force infinie : dès lors, il peut nommer cette réalité divine comme étant Dieu, Amour ou comme ETANT, tout simplement... Il n’a plus peur d’être aliéné par une création de son cerveau ou d’être le jouet d’une idéologie extérieure à lui : il sait, il ressent, il vit par Dieu et ses repères existentiels ne sont autres que ceux qu’il dresse pour éclairer la route de ceux qu’il aime.
Geoffroi 
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