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Animal |
Au cours de son évolution, l'être humain a pris conscience de sa responsabilité par rapport au monde animal. L'engouement pour l'écologie, depuis une trentaine d'années, en est l'une des preuves. Même l'Eglise catholique s'est associée à ce mouvement : en 1979, le pape Jean-Paul II a proclamé Saint François d'Assise patron des écologistes. Par ailleurs, l'Eglise a toujours invité l'homme à respecter l'animal et à le protéger. Elle considère même que la « faute originelle » de l'homme a précipité la nature dans la négativité et la dysharmonie.
Il faut cependant aller plus loin dans nos considérations sur le monde animal et nos relations avec lui. L'une des premières questions que s'est posé le croyant fut de savoir si les animaux avaient une âme. Cette interrogation est moins anodine qu'elle ne paraît. La connaissance de l'Amour nous invite à répondre par l'affirmative sans la moindre hésitation. La raison en est simple : rien ne peut exister qui ne soit pas issu du monde spirituel et constitue de ce fait une manifestation spécifique de la divinité.
Tout provient en effet de Dieu, de sa Substance d'Amour qui seule donne la vie et permet aux créatures d'exister dans leur contexte propre. La vision qui consiste à distinguer le spirituel du matériel est dépassée. Nous avons vu précédemment que l'être était fait de plusieurs niveaux de densité différents et que rien ne pouvait les dissocier radicalement. Il en est de même pour l'animal ce qui lui confère automatiquement une âme laquelle, si elle diffère de la nôtre, reste une individualisation de la « flamme divine » qui comporte toujours les mêmes attributs irréductibles d'Amour, de liberté, de responsabilité, d'illimitation...
Pour dire autrement, nous pouvons être certains que toutes les créatures sont aimées de Dieu et que cet Amour n'est pas limité. Plus que le sentiment qu'Il évoque en nous, l'Amour constitue l'Energie à l'origine de toutes les autres. Ainsi, lorsque Dieu crée, Il exprime son Amour ce qui a pour effet « d'informer » la créature sur deux plans : d'abord, en lui conférant un rôle dans l'harmonie divine, puis, un corps adapté à remplir sa fonction. Tout animal est donc porteur d'un sens premier indissociable de sa forme, un sens qui correspond à une forme de vie spirituelle, un souffle qui pénètre la créature à tous les niveaux de son être, du plus visible au plus immatériel.
L'animal a donc une forme d'âme, certes moins développée que la nôtre, mais qui partage avec nous la nécessité d'évoluer, d'être responsable, etc. Pour nous en convaincre, il suffit de nous rappeler que l'animal souffre tout comme nous. Comme la souffrance n'est jamais le fruit du hasard mais qu'elle résulte toujours d'une négativité provoquée ou subie, elle doit être vue comme une épreuve pour les animaux comme pour les humains : les créatures qui la ressentent sont donc elles aussi appelées à se transformer à leur manière.
Cette question de l'existence de l'âme chez l'animal est donc de la plus haute importance en ce qu'elle nous renseigne précisément sur nos responsabilités par rapport à ces créatures. En effet, si nous possédons une âme plus développée que celle des animaux, cela nous invite à jouer un rôle spirituel à leur égard. Ce rôle consiste non seulement dans l'élimination de toute la négativité que nous avons infligée aux animaux par nos comportements, mais il réside aussi dans la positivité que nous devons leur transmettre en leur permettant d'accéder à des qualités nouvelles, par exemple dans l'intelligence, l'affection, le don...
Si nous savons depuis longtemps que le but de notre existence est de nous rapprocher de Dieu, n'oublions donc pas que pour y parvenir, il faut nous rapprocher de tout ce qui vit : non pas pour puiser dans la nature une sagesse qu'elle attend de nous, comportement qui signe notre culpabilité par rapport à elle, mais pour lui donner le meilleur de nous-mêmes en lui communiquant la conscience divine dont nous sommes, comme les animaux, les serviteurs éclairés.
Geoffroi 
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