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Aimer (suite)

Nous avons étudié précédemment quelques-unes des notions fondamentales que recouvre le verbe « aimer » : vivre, donner et recevoir, être libre et responsable, être heureux... Nous ne pouvons aller plus loin sans évoquer celui qui est l'Incarnation même de ce verbe. Lui, le Verbe Aimer par excellence. Lui, Jésus-Christ. Si nous ne devions retenir qu'une seule chose de son enseignement et de son action parmi ses semblables, ce serait qu'il illustre à la perfection ce que c'est que d'aimer et qu'il satisfait pleinement aux notions mentionnées plus haut. Nous pouvons dire en effet avec certitude que sa Parole nous donne véritablement la Vie, qu'elle nous rend vivants. Nous constatons aussi que, par ses actes, Jésus n'a fait que donner et qu'il a lui-même reçu : d'abord du Père par les miracles qu'il a accomplis et des êtres humains qui l'ont reconnu et suivi. Nous pouvons sans nous tromper affirmer qu'il a agi librement et assumé ses responsabilités jusqu'au bout. Enfin, nous savons, par la reconnaissance qu'il manifestait à son Père, qu'il aimait l'Amour et était ainsi dans la plénitude.

Alors, à travers l'exemple lumineux de Jésus-Christ, nous avons la possibilité de comprendre jusqu'où le verbe « Aimer » peut nous conduire. En d'autres termes, en observant les actes majeurs qu'il a accomplis pour le bien de l'humanité, nous comprenons immédiatement vers quoi nous devons tendre, à quel festin nous sommes conviés. L'acte fondamental du Christ se situe bien évidemment dans sa passion et sa résurrection. Mais au-delà de l'aspect prodigieux de ces vérités divines, il y a une réalité quotidienne que nous devons nous approprier si nous voulons sincèrement suivre le chemin tracé par Jésus. En donnant sa vie et en acceptant de souffrir, le Christ permet que l'humanité soit revitalisée par la substance de l'Amour. C'est pourquoi, sans entrer dans les détails, il propose aux humains d'expérimenter l'eucharistie, la communion à son corps et à son sang c'est-à-dire à la substance même de Dieu-Amour.

Il importe que nous dépassions l'image sacrificielle qui empêche parfois que ce don formidable de Jésus nous illumine de joie et de confiance. Il nous faut donc ne pas nous attarder sur la souffrance, qui n'est qu'un passage et non le but en soi, et que Jésus a endurée pour que nous puissions nous-mêmes l'éviter. Il nous faut ne retenir que l'opération spirituelle qui a lieu : la revitalisation de ce qui était mourant par le fait de notre volonté laquelle se confond avec celle de Dieu. C'est cela Aimer. C'est décider de donner la vie, de donner du sens à des événements vides d'Amour et, ainsi, de décider du futur de l'humanité, de l'orientation même de la Vie dans ce plan d'existence et au-delà.

C'est un pouvoir, non seulement sur les choses de ce monde mais sur la vie elle-même, que Jésus nous transmet. A travers Lui, c'est bien de sa couronne que Notre Père nous fait don. Alors, lorsque nous connaissons des difficultés dans notre vie ou lorsque la possibilité de venir en aide à autrui nous est offerte, souvenons-nous que nous avons entre les mains, et provenant du cœur, une énergie d'une puissance inouïe, la force absolue concentrée dans un verbe minuscule, aimer... Dieu Lui-même que nous apportons aux êtres sous la forme d'une graine infime qui donnera du fruit éternellement. Aimer, c'est être comme le soleil qui se lève chaque matin et illumine notre monde, non parce qu'il serait programmé pour cela, mais par le fait de sa propre volonté et parce qu'en illuminant les créatures, il communie avec elles et leur transmet sa puissance.

En aimant nos frères et sœurs, en nous unissant à la divinité qu'ils portent en eux, nous les voyons tels que Dieu les voit : de futurs rois auxquels Notre Père nous a chargé de remettre Sa Couronne.


Geoffroi Contact



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