Il
y a vingt ans, personne ne parlait de
“biodiversité”. Avant que
l’humanité ne se soucie réellement de
l’écosystème dans lequel elle vivait et
de tout ce qui le compose, nous parlions plutôt de
diversité des espèces vivantes englobant
végétaux, animaux et humains sans trop les
considérer dans leur ensemble écologique. En
fait, l’utilisation officielle de ce terme date du
milieu des années 80 quand il fut proposé pour
qualifier un projet de recherche sur la sauvegarde de la
diversité biologique présente sur terre.
C’est l’époque où nous avons
été finalement forcés de nous
intéresser sérieusement aux liens
étroits qui unissent les espèces vivantes et
l’équilibre écologique de notre
planète, dégradation oblige ! Mais la
biodiversité, c’est quoi au juste ? Elle
désigne, d’une part, la variété
(la diversité) de toutes les formes du vivant qui est
étudiée sous trois aspects : les
écosystèmes, les espèces qui les
composent et les gènes qui constituent chaque
espèce. Elle représente, d’autre part,
l’étude et la recherche de moyens pour favoriser
la conservation du patrimoine planétaire dans les
mêmes matières. Mais, s’il faut essayer de
préserver la biodiversité foisonnante
présente sur la terre, cela est loin
d’être un problème simple, si l’on
estime, avec justesse, que ce phénomène ne se
limite pas uniquement à un seul niveau
d’organisation d’espèces,
d’écosystèmes ou de codes
génétiques, mais concerne tous les niveaux de
complexité du vivant que l’on peut
rencontrer.
Ainsi, pour chaque niveau d’organisation plus
élevé à comprendre, correspondent des
phénomènes entièrement nouveaux qui
apparaissent et qui exigent toute notre attention.
Après de multiples expériences de conservation
d’espèces de végétaux et
d’animaux plus ou moins fructueuses qui ont, dans la
plupart des cas, déséquilibré les
écosystèmes initiaux entraînant une
perte plutôt qu’un gain en terme de
stabilité écologique, la tendance actuelle est
à la remise en question. La remise en question de
l’attitude des hommes à l’égard de
la nature et de l’idée, à la fois
matérielle et spirituelle, qu’ils s’en
font. A l’heure actuelle, ce n’est plus une
espèce isolée de son contexte qui
intéresse le scientifique, mais le sujet concret
inscrit dans le champ d’étude global de son
environnement. Autrement dit, de plus en plus conscient de
ses erreurs de jugement et de pratiques, il
reconsidère la notion
d’écosystème, s’incluant lui aussi
dans son contexte comme un facteur de perturbation parfois
bien plus dangereux que ceux initiés par la nature
elle-même.
Ainsi par exemple, le feu, longtemps qualifié comme
le fléau le plus destructeur, retrouve
aujourd’hui ses qualités perturbatrices
essentielles à un bon équilibre
écologique. A condition que ce ne soit pas
l’homme qui en décide le lieu ni le moment ! Car
l’une des plus grandes erreurs de l’être
humain aura été sa propension à
projeter, sur tout ce qui l’entourait et les variations
de la nature en particulier qui s’étendent sur
des milliers d’années, une échelle de
temps édifiée sur sa propre vie terrestre.
Ainsi, il a voulu s’octroyer un rôle de gestion
sur la nature sans être doué d’une
conscience de lui-même et de son environnement
suffisante pour cela.
Aujourd’hui, les esprits semblent évoluer et
donner la priorité aux échanges entre la faune
et la flore dans un respect quasi total des interactions
naturelles avec, également, le souci d’englober
les actes de tous les protagonistes de l’harmonie
naturelle générale : une sorte de
bouillonnement, de mouvement, garantie de la vie qui
elle-même est poussée à s’adapter,
encline au changement par son propre pouvoir créateur
qui ne se satisfait jamais d’un état statique et
qui s’exprime à tous les niveaux de conscience
du vivant. Un mouvement qui permettra d’assister, un
jour, dans les esprits et les consciences, à
l’avènement de la
Biocomplémentarité et de la
Biointeractivité, signe que l’humanité
aura su intégrer au plus profond de son être,
la vie de l’Autre, réalisant alors qu’elle
est une parcelle créatrice du Tout dans la
multiplicité de la Création.
Thierry
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