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Internet


L'ancêtre d’Internet voit le jour en 1969 sous le nom d’Arpanet, résultat d’une recherche sur les réseaux à des fins militaires et universitaires. Mais Arpanet ne représente qu'une étape dans le développement des réseaux d'ordinateurs hétérogènes. Internet, d’une technologie bien distincte de son précurseur, correspond plus précisément à l'idée de pouvoir interconnecter tous les réseaux entre eux, y compris ceux qui ne sont pas encore inventés. Pouvoir faire travailler plusieurs personnes situées en différents lieux de la planète sur un seul terminal d’ordinateur apparaissait comme une révolution dans le monde de la communication et de l’échange d’informations.

Plus que de se situer sur les réseaux eux-mêmes, la polémique s’est rapidement installée au cœur du protocole (langage informatique universel) qui allait permettre cette prouesse technique de relier une multitude de réseaux d’ordinateurs de natures différentes. En fait, après une vingtaine d’années étirées en batailles de fierté continentale entre l’Amérique du Nord et l’Europe, la solution s’est presque imposée d’elle-même. En effet, le choix n’a pas été seulement technique : par sa simplicité d’emploi et de fonctionnement, c’est, en fin de compte, le protocole d’échange TCP/IP qui l’emporta. Sans doute n‘était-il pas le meilleur et le mieux sécurisé. Sans doute aurait-il été possible de développer un protocole plus complet et d’une fiabilité à toute épreuve. Oui, mais le TCP/IP répondait à une attente : plutôt que de rester dans les laboratoires d’expérimentation et de recherche, il était descendu dans la rue et avait permis, assez facilement, de réaliser les premières expériences en grandeur réelle de communication inter-universitaire. Le réseau des réseaux était né.

Il fallut attendre le début des années 1990 pour que ce protocole s’impose réellement en Europe et devienne celui du monde entier. Cet avènement allait-il signer, pour autant, l’arrêt des polémiques autour de l’Internet ? Non, bien au contraire ! Une polémique chasse l’autre car l’être humain a cette fâcheuse tendance de se méfier de ses congénères et de craindre le pire de l’avenir plutôt que de se nourrir du meilleur qu’il a souvent participé à créer. Ainsi, partisans et opposants ne cessent de s’attaquer sur le sujet lors de débats passionnés : Internet échauffe les esprits, bouscule les idées reçues en matière de communication et d’échanges entre les êtres. Il ne laisse pas indifférent ou si peu. Là où les pro-Internet s’enivrent des merveilles qu’offre l’outil, ses détracteurs, eux, en font le procès : limitation des contacts aux espaces socioculturels de même intérêt, rapidité de communication qui n’implique pas la qualité d’échange. Certains vont même jusqu’à émettre la nécessité de créer une élite intermédiaire pour garantir le bien-fondé de l’information véhiculée et ainsi “sauver” la démocratie qui pourrait être mise en porte-à-faux par le flux “trop libéré” des opinions et des analyses de documents. D’autres osent sous-entendre que cette intelligence et cette capacité à gérer toutes ces données informatives véhiculées par Internet n’est pas à la portée de tous !

Alors que le père même de l’Internet visuel (le world wide web), Tim Berners-Lee, croit en un réseau profondément humaniste où l’homme acquiert la liberté de s’informer et d’informer autrui de ses expériences, d’autres dénoncent son côté “virtuel” à l’extrême qui place l’internaute solitaire derrière sa machine, prisonnier de sa cage multimédia au point d’en oublier totalement le “face à face” avec les peuples. Pourtant, les progrès de la téléphonie mobile nous montre tout le contraire. Le marché de l’Internet simplifié par téléphone portable va exploser dans les 5 ans à venir avec de plus en plus de personnes qui pourront communiquer entre elles au moyen de ces nouveaux outils, affranchis de leur ordinateur statique et encombrant. Communiquer en marchant, communiquer en voyageant, rencontrer d’autres peuples et en faire profiter instantanément le monde qui restera “à l’écoute”, tel est le défi à venir ! Plus que de savoir “comment bâtir un réseau informatique à l’aide d’ordinateurs hétérogènes”, l’être humain du troisième millénaire sera inéluctablement conduit à se demander “comment bâtir un réseau fraternel à l’aide d’une humanité hétérogène”. Parce qu’Internet aura participé à libérer son instinct… de connaître ce qui est autre, de se connaître lui-même !


Thierry Contact


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