Lorsque
les linguistes se penchent sur l’origine des langues et
des mécanismes du langage, ils se heurtent
d’emblée au mystère même de
l’histoire de l’humanité. Autre sujet
d’étonnement quotidien pour ces derniers :
l’immense diversité des formes de langages
parlés qui disparaissent ou naissent à travers
le monde, parfois spontanément. Entre cinq et six
mille ! Bien entendu, il est quasiment impossible de
connaître le moment exact où une forme de
langage a été créée ou
abandonnée. Dans ce foisonnement de mots, de sons,
d’expressions linguistiques, comment retrouver ne
serait-ce qu’une petite trace de la langue originelle
parlée par les premiers êtres humains ?
Les scientifiques ont développé plusieurs
champs d’investigations, se spécialisant
tantôt sur l’un, tantôt sur l’autre
et, compte tenu de la difficulté et de la
sensibilité du sujet, sont toujours restés
prudents lorsqu’ils doivent énoncer leurs
résultats ! En tout état de cause, si
l’on cherche à remonter loin dans le temps,
plusieurs approches se complètent et quelquefois
s’opposent : l’approche généalogique
(construite à partir d’une arborescence) ;
l’approche “ areale ” qui privilégie
les contacts géographiques, les extensions et les
recouvrements d’espaces et enfin, l’approche
typologique qui favorise l’analyse de la similitude des
structures linguistiques.
L’expérience a montré que ces trois types
de recherche doivent s’équilibrer, aussi, avec
trois autres aspects, complémentaires, des sciences
des langues : leurs divergences, convergences et
mélanges. En fin de compte, et en dépit de la
vaste pluralité des langues, les différences
restent, malgré tout, contenues dans certaines
limites qui nous montrent que les premiers sons émis
par les hommes constituent, en quelque sorte, la base
générale de toutes les formes de langages.
Car c’est bien le “son” qu’il
s’agit d’appréhender lorsque nous voulons
remonter aux origines de l’humanité, de la vie,
du Principe même. “Au commencement était
le Verbe…”, apparenté à un son, une
création pure et infinie, comme l’invitation
à une union. A l’origine, le son est unique car
la parole n’a pas de raison d’être : la
communication entre les différentes créations
est immédiate, directe ; tout est un, contenu dans le
Un. Tous utilisent la même forme de communication :
l’Amour qui émane du Principe.
Nous touchons ici au cœur même de l’histoire
de l’humanité, de son évolution à
travers les millénaires. Le langage unique est
l’Amour que l’humanité a voulu
défier à un moment donné de son
existence, sans doute pour faire l’expérience de
son libre arbitre. L’humanité se trouva alors
séparée du Principe et du milieu symbiotique
originel. Les conséquences, à
l’échelle humaine, se sont manifestées en
une dysharmonie qui a entraîné un
désordre et une multitude de divergences autant
qu’il y avait de libertés à exprimer. Il
nous fallait retrouver l’ordre primordial !
L’être humain aura oublié l’Amour, ne
se connaîtra plus mais sera toujours poussé
à exprimer un besoin vital, garantie de sa survie :
celui de la communication à travers la
nécessité de connaître ce qui est autre
et de se faire connaître.
Ainsi, le langage semble provenir d’une
rééducation à la communication et
à l’Amour avec, comme même principe, la
liberté dans ses choix d’expressions et
d’utilisations. Il prend naissance dans ce qu’est
l’Homme, dans ses comportements, sa volonté, ses
actes. Voilà pourquoi, sans doute, les sons
émis par les êtres humains se sont
appuyés sur les premiers gestes communicatifs,
appelés “signes”. La parole issue du
langage, aussi bien physiologique que psychologique,
constitue un acte supérieur de communication, mode
que nous utilisons à l’heure actuelle et que
l’humanité a amélioré au fil de
son histoire.
Par ailleurs, il paraît évident qu’elle a
de plus en plus besoin de communiquer et de se comprendre
au-delà des barrières linguistiques et
culturelles : les nouveaux moyens de communication et
d’information sont la preuve irréfutable de
cette nécessité. Cette compréhension et
ce rapprochement entre les peuples témoignent des
prémices d’une possible union planétaire.
Nul doute aussi, qu’il existe d’autres moyens,
plus directs, plus purs, plus unificateurs et
fructificateurs d’union et d’Amour entre les
êtres qu’il nous reste à découvrir
ou à redécouvrir… mais en tout
état de cause, à créer en nous et
autour de nous !
Thierry
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