| Une
histoire de dimensions |
Jusqu'au
Moyen Age, la terre semblait plate ! Malgré les
suppositions de quelques scientifiques inspirés, les
êtres humains croyaient évoluer dans un univers
à deux dimensions. Les découvertes qui ont
conduit à émettre la notion d’un
“globe” terrestre ont projeté
définitivement l'humanité dans la
troisième dimension, faisant voler en éclats
les concepts universels et en en instaurant d'autres, tout
aussi controversés. En effet, comment les chinois
pouvaient-ils vivre la tête en bas ? A présent,
c'est la terre qui tourne autour du soleil et non
l’inverse !
Soudain, tout s’éclaire : le chiffre trois
apparaît comme une évidence, à la fois
mathématique et mystique, de la représentation
du Tout, d’une stabilité dans les cieux comme au
sein même de l’univers matériel. Les deux
mondes semblent se réconcilier et continuer de se
construire avec le chiffre trois, symbole de la
Trinité. Dès lors, l’hypothèse
d’une dimension supplémentaire est
écartée radicalement et les arguments
physiques qui tendent à le prouver affluent de tous
côtés. Si un espace à trois dimensions a
de fortes chances d’être stable, un univers
à quatre dimensions n’offre, d’après
les scientifiques, que deux possibilités : en dehors
du champ gravitationnel d’un astre, les particules
s’échappent à l’infini, à
l’intérieur de celui-ci, elles tombent en
spirale et s’écrasent dessus. Ainsi, dans ce
monde, les orbites stables n’existent pas, il n’y
a pas de formation possible de systèmes solaires, de
galaxies… alors, notre existence est remise en question
!
Pourtant, au fil des siècles et des années,
l’émergence d’une hypothétique
quatrième dimension a fait son chemin dans
l’esprit de beaucoup de scientifiques et a
laissé la place à divers travaux
imprécis et à une imagination
débridée. Les physiciens élaborent
alors un univers à une dimension d’espace et
trois dimensions de temps dans lequel les
déplacements de particules (tachyons) se font
toujours à une vitesse supérieure à la
vitesse de la lumière. La quatrième dimension
concerne plus particulièrement la grandeur du
“temps” qui donne à celui-ci une
définition plus subjective et n’obéit
plus exactement aux mêmes lois physiques. Mieux encore
: la quatrième dimension permettrait à tout
observateur s’y trouvant, de découvrir la
totalité de l’espace à trois dimensions,
l’intérieur du corps humain compris. En
d’autres termes, le passage à une dimension
supérieure permettrait de voir, de connaître et
sans doute de comprendre, l’ensemble du fonctionnement
de la dimension inférieure, en l’occurrence ici,
la troisième.
Là encore, l’approche du scientifique qui se
penche sur ce phénomène diffère en
fonction de sa culture et de ses croyances. Pour un savant
japonais, la quatrième dimension associe le temps et
l’espace sur un pied d’égalité
où l’harmonie prévaut dans une
éternelle plénitude. Il faut se rendre
à l’évidence : le concept de la
quatrième dimension entraîne la science
à se remettre en question et l’oblige à
intégrer l’amplitude humaine et
“mystique” à toute investigation. Hubert
Reeves le résumait clairement par ces mots : «
Ce qu'il faut, à présent, c'est
réconcilier en nous les deux démarches
(scientifique et mystique) ; non pas en nier l'une en faveur
de l'autre, mais faire en sorte que l'œil qui scrute,
qui analyse et qui dissèque vive en harmonie et en
intelligence avec celui qui contemple et
vénère... Nous ne pouvons pas vivre une seule
démarche, sous peine de devenir fous ou de nous
dessécher complètement ».
Plus l’être humain prendra conscience de sa
dimension spirituelle indissociable de sa dimension physique
et mentale, plus la quatrième dimension se
dévoilera à lui et à l’univers
tout entier.
Ainsi, c’est par l’union du spirituel et du matériel que se
révélera la quatrième dimension : l'Humanité toute entière
réunie au sein du Tout qui donnera naissance à de nouvelles
créations dont nous ne pouvons savoir, encore aujourd’hui, ce
qu’elles seront ni dans quel concept - espace/temps ou autre
- elles se manifesteront.
Thierry
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