Se
consacrer à l'étude de la science de
l'hérédité, ou génétique,
impose immédiatement d'aborder les notions
d'inné et d'acquis. Longtemps objets de controverses,
ces deux aspects de la vie, de son expression et de son
évolution, fondent les bases même de la nature
des organismes complexes tels que le règne animal et
la race humaine. Du point de vue scientifique, la partie
innée des êtres vivants est
considérée comme séparée de la
partie acquise. Pour simplifier, le comportement inné
appartient aux stimuli internes avec tout ce qui a trait aux
hormones, comme le phénomène de la faim et de
l'appétit, et le comportement acquis s'appuie sur des
stimulations externes tel que tout ce qui provient de
l'environnement direct (congénères) ou
indirect (l'organisation de la nature).
Ainsi, l'inné dépend du patrimoine
héréditaire de l'espèce et de tous les
comportements inscrits dans les gènes, autrement
nommés "instinct". L'acquis, lui, est le
résultat de l'expérience, de l'apprentissage
individuel englobant les comportements intelligents, la
faculté de raisonnement et les réflexes
conditionnés.
Plusieurs expériences faites sur des animaux nous ont
démontré l'un ou l'autre de ces aspects avec
précision. Le cas des oiseaux tisserins à
capuchon en est un exemple criant. Elevés dans une
famille de canaris dans des nids préfabriqués,
puis replacés au bout de trois ou quatre
générations dans leur milieu naturel, ils
retrouvent "d'instinct" la manière de construire
leurs nids en forme de bourse sans jamais l'avoir fait ou vu
faire auparavant. Evidemment, la rapidité et la
qualité de l'exécution resteront bien
inférieures à celles des Tisserins ayant
grandi dans leur environnement naturel avec l'exemple des
parents. Cependant, à force d'expériences, la
première colonie parviendra à améliorer
la qualité de son ouvrage.
Au-delà de
cet exemple significatif de l'intime relation qui existe
entre inné et acquis dans l'évolution d'une
espèce, ces conclusions demeurent incomplètes
en regard de la nature intégrale d'une
créature vivante, qu'elle soit animale ou humaine.
Mieux, nous allons voir qu'il n'y a pas de séparation
entre les deux.
Pour ramener les choses à une compréhension
plus simple, nous dirons que le caractère inné
d'un être vivant correspond à sa
capacité intrinsèque à créer
quelque chose dans un environnement auquel il sait
instantanément s'adapter (pour l'oiseau, le choix
"instinctif" des matériaux appartient à son
environnement et non à ses propres gènes).
Cela nous apprend donc que l'inné incorpore, d'une
certaine manière, une "partie extérieure"
qu'il possède déjà en lui par le fait
qu'il "sait" ce dont il a besoin, par exemple pour
construire un nid. Cette faculté d'adaptation
instantanée est rendue possible par cette Energie de
vie qui anime tous les êtres vivants et tout ce qui
existe : la Création originelle permanente qui est
l'Amour, Energie des énergies. C'est ce lien qui unit
tout ce qui vit et qui rend possible le caractère
inné des actes et des comportements.
De son côté, l'acquis apporte sa part de
perfectibilité propre à toute forme vivante,
en mouvement. Il permet l'évolution par
l'expérience, l'apprentissage, pour adopter une
attitude "la plus juste" qui soit en regard de tout
élan créateur. En définitive, l'acquis
est une expression de l'inné dans sa capacité
à évoluer, à se responsabiliser,
à exercer son libre arbitre, son ouverture à
l'Amour et à tout ce qui est autre. Indissociables,
ils constituent tous deux la dynamique de notre nature
profonde : un dialogue qui permet une émulation
créatrice.
Au-delà des gènes et de l'éducation, l'inné et l'acquis forment
une seule et même entité qui traduit l'illimitation de tout
ce qui existe.
Thierry
 |
|
|