Savoir
n'est pas connaître. En effet, il est bon de
différencier dès à présent ces
deux aspects de l'intelligence humaine : l'intellect et
l'esprit. Celui qui “sait” fait fonctionner la
partie intellectuelle de son être. Il peut en rester
là toute sa vie et transmettre un savoir construit
sur des convictions rigides et figées dans l'espace
et le temps. Ainsi, le savoir acquis et enseigné de
générations en générations
n'apporte pas obligatoirement la compréhension des
lois universelles qui régissent le cosmos dans sa
plus petite partie vivante.
De son côté, la “connaissance” est
une “co-naissance”, ce qui signifie
“naître avec”. Elle implique de naître
à ce qui est autre. Elle est, en outre, indissociable
de l'expérience, de la notion de choix et de
l'évolution qu'elle va générer. Elle
est une “naissance” permanente à
soi-même et à l'univers qui nous entoure aussi
proche et lointain qu'il puisse être.
Ainsi, le savoir “seul”, dans un domaine
précis, ne peut amener que la solitude, l'isolement.
Au même titre qu'au cours de certaines
expériences, la science isole les particules
élémentaires pour comprendre leur
fonctionnement, le scientifique se fait instrument de sa
recherche : il s'isole également. Ce genre de
démarche intellectuelle permet d'acquérir une
certaine forme de savoir, une certaine compréhension
d'un élément précis du Tout, soit, mais
par trop insuffisante.
Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne pouvons
séparer les éléments de la nature les
uns des autres sans limiter le message qu'ils ont à
nous transmettre. Il est spirituellement et scientifiquement
impossible de prétendre connaître une particule
de l'univers si, avant, nous ne nous connaissons pas
nous-mêmes et si nous ne nous donnons pas la
possibilité de renaître avec
l'élément de notre recherche. Cette
renaissance peut s’adresser à notre être
profond comme à n'importe quel autre
élément vivant de l'univers.
Il y a donc un clivage évident entre l'acquisition du
Savoir et celui de la Connaissance. Cette dernière
demande, à celui qui s'y intéresse, de
l'intégrer à la totalité de son
être et de l'éprouver par sa capacité
à la redonner, enrichie de son évolution et de
son illimitation. C’est ce qui fait intervenir la
notion d’expérience nécessaire à
l’accomplissement de l’être humain. A la
mesure des choix qu’il fait, de la compréhension
qu’il en retient de lui-même et des autres,
l’homme apprend à s’épanouir et
à se dilater à l’univers tout entier
qu’il unifie à son être.
Cette
démarche, alors, fait de la connaissance le facteur
primordial de l'évolution de l’humanité.
C'est celle qui nourrit non seulement notre intellect mais
aussi notre âme et notre cœur, celle qui nous
élève. De ce fait, si un accroissement de
connaissance nous amène à aimer mieux et plus,
alors, celle-ci est universelle, liée elle-même
à l'intelligence universelle qui peut alors se
développer par notre intermédiaire. Elle fait
de nous ses ambassadeurs auprès d'autres êtres
qui ont soif d'apprendre... C’est, en
définitive, l’unique connaissance pouvant
être transmise dans un esprit d'échange et de
partage. Dans le cas contraire, elle n'est qu'un savoir
“mort” qui ne sert strictement à rien en
regard des besoins profonds de l'humanité.
Elle implique, de ce fait, un abandon de celui qui apprend,
ce dernier devenant un réceptacle précieux
capable ensuite de désaltérer ceux qui
voudront “connaître” grâce à la
source la plus pure qui soit. Ainsi, s'écoulant
d'être en être, cette source de la connaissance
permettra à l’humanité de renaître
à elle-même et au Principe divin dont elle est
issue : l'Amour..
Thierry
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