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De l’entropie à l’anthropique !


Les observations et les calculs le prouvent presque à 100% : l'univers est en expansion. En effet, considérant le rapport direct qu'il y a entre la masse de l'univers et l'attraction générale qui s'y exerce (par les différents corps de matière) ajouté à sa densité totale qui semble trop faible pour qu'il puisse se contracter un jour, l'univers devrait se dilater et s'étendre à l'infini. En outre, nous savons par les cosmologues que dans cette immensité où la matière est en mouvement permanent, les produits qui résulteraient de la désintégration de celle-ci deviendraient lumière (photons) ou neutrinos !

Ainsi, cette notion d'expansion du cosmos liée à la transformation de la matière crée des entropies, des rejets se matérialisant par des émissions de chaleur, de matière, de rayonnement d'ondes lumineuses ou radio. En d'autres termes, un changement d'état de la matière, correspondant à un gain d'organisation à un endroit de l'univers (son expansion, sa dilatation), crée un accroissement du “désordre” ailleurs dans le cosmos. Et pour que la matière puisse donc se transformer, évoluer, s'illimiter, il faut impérativement que cet “ailleurs” soit capable d'absorber l'entropie générée. C'est, en fait, ce qui se passe et ce qui garantit l'existence d'un univers ouvert offrant les conditions à la création des structures de la matière et de son organisation.

Mais quel est cet “ailleurs” ? A quoi peut-on l'assimiler ? Il faut qu’il soit capable d'observer, d'analyser, de reconnaître et de gérer l’évolution de ce qu’il englobe. Les réflexions de la cosmologie moderne ont abouti au “principe anthropique” selon lequel c'est notre présence dans l'univers en tant qu'êtres vivants qui conditionne les dimensions et l'évolution de celui-ci. Autrement dit, l'univers est ce qu'il est - il évolue de cette manière - parce qu'il a besoin d'être observé et étudié comme tel, parce que nous existons et qu’il est fait pour abriter la vie.

La relation entre l'homme et l'univers implique alors la relation entre le principe anthropique et l'entropie due à la transformation de l'univers. Elle oblige l'émergence d'une conscience capable de répondre à son besoin de transformation et aux conséquences liées à celle-ci. Un peu comme lorsqu’une personne s’agite pour se faire remarquer d'autres êtres afin que ceux-ci lui répondent : elle réclame un échange avec ce qui est autre.

Mais alors, pourquoi l'univers aurait-il besoin d'être en expansion permanente, illimitée, si un simple système solaire, voire une seule galaxie, suffisaient à engendrer une relation ? En fait, pour que le merveilleux projet universel qu'est la Grande Unification des lois cosmiques et humaines puisse se réaliser, il faut que cet “ailleurs” développe un niveau de conscience capable de ressentir la nécessité, à la fois de l'humilité et de la responsabilité de ses actes devant l'infini.

Ainsi, tout résidera dans sa capacité à adapter sa réponse à la demande qui lui sera faite en terme d’entropie. L’ailleurs demeure en l’être humain qui, lui-même, s’y trouve contenu. L’évolution de sa conscience est la condition indispensable des liaisons et de l’organisation de tous les éléments constituant l’univers, aussi bien au niveau matériel que spirituel. L’humanité doit construire elle-même son devenir en développant l’humilité de se reconnaître perfectible devant l’immensité de l’univers, en même temps qu’il est impératif qu’elle se sente toujours plus responsable des autres à travers ses propres actes : ainsi, saura-t-elle combler l’entropie par l’anthropique !.


Thierry Contact


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