« Il
n'y a simplement pas d'excuse, pas d'argument acceptable pour
armer des enfants ».
Mgr Desmond Tutu
Mathieu,
âgé de 10 ans, me faisait cette réflexion :
« Mais "enfant soldat",
ça ne veut rien dire, parce que soit on est un enfant, soit
on est un soldat, non ? »
Eh oui, voilà deux termes tout à fait antinomiques
!
Pourtant, en ce début de troisième millénaire, selon Amnesty
International, on compte au moins 300.000 enfants soldats
dans le monde. Et ce nombre ne cesse d'augmenter car la
plupart des pays qui sont en guerre depuis des années voient
leurs adultes disparaître les uns après les
autres. Alors, pour continuer à combattre les adversaires,
on compte sur les enfants que l'on envoie au front.
Les armées savent manuvrer efficacement pour
recruter un enfant. La plupart du temps, des militaires
kidnappent les enfants dans les écoles, les stades,
les églises et dans les rues. Certains n'ont alors
que 7 ans.
Parfois les enfants rejoignent volontairement les rangs
de l'armée. En effet, que fait un enfant lorsque
toute sa famille a été tuée et qu'il se retrouve dans la
rue sans rien avoir à manger ? Eh bien il accepte
de s'engager dans une fraction de l'armée en échange de
repas quotidiens.
Que fait cet enfant pauvre à qui l'on promet le paradis
s'il donne sa vie pour son pays ? Que fait-il si on lui
promet de belles bottes, des vêtements, de belles
armes pour se sentir en sécurité et une famille
remplie d'enfants ? A-t-il la possibilité de refuser
l'enrôlement alors qu'à son âge il est
totalement naïf et inconscient du danger qui le menace
? |

Cet enfant de 12 ans est dans
l'armée depuis l'âge de 6 ans.
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Sur des dizaines de sites
Internet, on peut lire des messages d'enfants soldats, tous
aussi poignants les uns que les autres, relatant les atrocités
dont ils ont été acteurs et spectateurs.
Car pour accentuer un peu plus le traumatisme de ces enfants,
l'armée va leur faire subir des rites et une discipline
des plus ignobles : une fois dans l'armée, les soldats
vont leur apprendre à devenir de véritables machines
à tuer, les rendant insensibles à la mort et à
la douleur. Et pour cela, on sème en eux la confusion
entre le bien et le mal !
A la fois bourreaux et victimes, ils vont être les témoins
du meurtre d'un membre de leur famille ou d'un copain enrôlé
lui aussi dans le même rang de l'armée que lui.
Mais ils vont également être eux-mêmes contraints
à commettre des actes criminels. Et pour les endurcir
un peu plus, il arrive que ces jeunes enfants soient forcés
à se badigeonner le corps avec le sang versé de
leur victime et parfois même à le boire.
Bien entendu, l'utilisation de drogues et d'alcool est monnaie
courante afin que ces enfants soient plus violents et plus inconscients.
C'est ainsi qu'ils vont pouvoir exercer, entre autres, des missions
suicides. Ils seront utilisés également comme
main d'uvre, terroristes, espions ou esclaves sexuels,
notamment les fillettes qui sont de surcroît exposées
aux maladies sexuellement transmissibles et à des grossesses
non désirées. Le moindre mécontentement
d'un enfant ou la moindre désobéissance de sa
part lui coûtera la vie.
« De nombreuses fois
j'ai juste crié dans mon cur parce que je n'osais
pas hurler à voix haute. »
Jeune fille de 14 ans faisant partie d'une troupe rebelle en
Sierra Leone.
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de gauche à
droite :
Enfant de 12 ans, dans
l'armée depuis l'âge de 6 ans.
Enfant de 15 ans, dans
l'armée depuis l'âge de 9 ans.
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Où
sont les enfants soldats, en 2001 ?
En Afghanistan, Algérie, Angola, Azerbaïdjan, Bangladesh,
Birmanie, Burundi, Cambodge, Colombie, Congo, Erythrée,
Ethiopie, Iles Salomon, Inde (Andhra Pradesh, Cachemire),
Iran, Irak, Israël, Kosovo, Liban, Liberia, Mexique, Myanmar,
Népal, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Papouasie, Paraguay,
Nouvelle Guinée, Pérou, Philippines, République démocratique
du Congo, Russie (Tchétchénie), Rwanda, Sierra Leone, Somalie,
Soudan, Sri Lanka, Tadjikistan, Tchad, Timor oriental, Turquie
et Yougoslavie. |
Enfants soldats
- "Little bees" en Colombie - "Kadogos"
en RDCongo - "Craps" au Rwanda - "Small-soldiers"
au Liberia
Ces jeunes enfants apprennent le maniement des armes
légères. Les trafiquants d'armes ont tout calculé
pour qu'un enfant de 10 ans puisse très facilement monter
et démonter des Kalachnikov, des AK47 et des carabines
M-16, et qu'il puisse s'en servir aisément grâce
à leur légèreté, leur petite taille
et leur mécanisme automatique.
Leur coût étant peu élevé, se procurer
de telles armes et en grande quantité est très
facile.
Selon l'ONU, il circule dans le monde une arme légère
pour douze habitants en moyenne faisant 1300 victimes par jour.
A cause de leur manque d'expérience, les enfants soldats subissent
de plus graves accidents que les adultes qui les mutilent et
les paralysent. Bien évidemment, leur souffrance est
autant physique que psychologique. 1300 victimes par jour, oui
ce chiffre est alarmant ! Mais combien y-a-t-il d'enfants vivant
un véritable cauchemar, violés dans leur dignité,
traumatisés à vie et rejetés par la société
et leur famille parce qu'ils ont tué ? Plus de dix millions
!
Profiter ainsi de la naïveté des enfants et anéantir
leur dignité revient à détruire l'humanité
de demain !
>> Lire le Témoignage
d'un enfant soldat recueilli par Véronique Bilambo.
Frédérique  |
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Source :
ONU
UNICEF
CHILD
SOLDIERS |