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Chères lectrices, chers lecteurs,
C'est les vacances ! Pas pour tout le monde bien sûr. Mais je profite
de cette période pour vous annoncer que pendant ces 2 mois (juillet
et août), la newsletter FDDF verra sa périodicité jusqu'à présent
hebdomadaire devenir bimensuelle. Sa parution rependra le cours
normal (toutes les semaines) dès le début du mois de septembre.
Pourquoi cette décision ? Et bien tout d'abord, parce que certains
d'entre vous ne seront pas là pour la lire et je ne veux pas risquer
d'encombrer leur boite aux lettres… Ensuite, parce que je vais en
profiter pour consacrer ce temps que je ne donne pas " aux femmes
" (veuillez m'en excuser) à mettre au point d'autres projets relatifs
aux droits humains et à l'accomplissement de l'humble œuvre de Fraternet
dans ses multiples activités présentes et futures…
Alors, encore une fois,
je vous remercie de votre fidélité et vous souhaite une bonne lecture.
Thierry
| Actualités |
...du
05 au 12 juillet 2001
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Corée du Sud "
La semaine de la femme " destinée à accroître le développement de
son rôle dans la société coréenne a été consacrée au renforcement
de mesures visant à promouvoir l'égalité entre hommes et femmes.
Institutionnalisée en 1995, cette " commémoration " a fait l'office,
depuis le début de l'année, de campagne auprès de la population
et des pouvoirs publics. Ainsi, pour célébrer cet événement, les
agences gouvernementales et les institutions privées relatives à
la promotion de la femme ont organisé plusieurs conférences sous
le slogan : " Démarrer le 21ème siècle avec le Ministère de l'égalité
". Le président Kim Dae-jung et son épouse Lee Hee-ho ont assisté
à l'une d'elles, mercredi dernier, durant laquelle le ministre des
affaires sociales et féminines a annoncé la création de " La charte
de l'égalité pour le 21ème siècle ". Les 7 points de cette charte
appellent tous les Coréens à participer activement au développement
d'un environnement culturel et social favorable à l'égalité entre
hommes et femmes. Ainsi, l'un des points stipule le partage des
responsabilités et des tâches au sein du foyer. Un autre, demande
à ce que la participation des femmes en politique et dans les administrations
soit beaucoup plus importante. Un sérieux chemin reste, en effet,
à parcourir pour atteindre l'égalité puisqu'une récente enquête
effectuée en 2000 a placé la Corée en 63ème position sur 70 pays
industrialisés au total en terme de proportion de femmes siégeant
à l'assemblée nationale…
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Swaziland "
Une coutume relative au deuil discrimine les femmes "
Les autorités swazis sont sollicitées par des groupes de veuves
dans le but de les libérer d'une vieille coutume tribale discriminatoire
à l'égard des femmes qui viennent de perdre leur époux. En effet,
la coutume force les femmes veuves à se vêtir d'une robe noire durant
deux ans après le décès du mari et à vivre en dehors de la société.
Elles doivent se mettre à l'écart des autres citoyens, à l'arrière
des bus, au fond des églises afin de " ne pas jeter l'ombre de la
mort " sur les autres personnes. Pendant le premier mois qui suit
la mort de l'époux, elles ne doivent en aucun cas sortir de leur
maison. Le gouvernement prépare actuellement un code de loi qui
réduirait à un an la portée de la coutume. Les hommes veufs, de
leur côté, n'ont aucune tradition qui les forcerait à des comportements
similaires. Ils doivent seulement se raser la tête une fois leur
épouse enterrée…
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Suède
Lors de la 25ème session du Comité pour l'Elimination de la Discrimination
à l'Egard des Femmes (CEDEF) tenue au sein de l'ONU, la Suède a
présenté son rapport qui révèle quelques insuffisances en matière
d'égalité des salaires, de lutte contre la violence à l'égard des
femmes et de leur représentativité dans l'appareil productif. En
effet, si la Suède est considérée depuis des années comme le pays
des droits des femmes (avec ses voisins nordiques, la Norvège et
la Finlande) enregistrant des avancées spectaculaires au niveau
de l'appareil législatif, les retombées sur le plan économique et
social se font un peu attendre. La Secrétaire d'Etat pour les questions
d'égalité entre les sexes, Mme Lise Bergh, reconnaissait un certain
retard à l'application des lois et des mesures encouragées par le
gouvernement. Cependant, la Suède ne cesse de remettre en question
sa société et elle nomme régulièrement des experts et des commissions
pour enquêter sur l'avancée des conditions des femmes dans le pays…
Allez, imaginons que tous les pays de la planète, avec leurs spécificités
culturelles, politiques, géographiques et sociales aient la même
ardeur que la Suède à vouloir réaliser l'égalité des genres… Sans
même atteindre la perfection, cela changerait sûrement la face du
monde !
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République tchèque
En juin dernier, Hana Marvanova, une avocate engagée politiquement
au sein du parti de l'union libérale en a été élue à sa tête, devenant,
par la même occasion, la première femme propulsée à la direction
d'un parti politique en République tchèque. Pour beaucoup de femmes,
cette élection annonce une nouvelle ère d'égalité naissante entre
les hommes et les femmes dans la sphère décisionnelle du pays alors
que le salaire moyen des femmes reste toujours inférieur de 30%
à celui des hommes, qu'elles représentent seulement 1% des chefs
d'entreprises, 2,4% des entrepreneurs et 12% des membres du parlement.
Cette élection constituera également un test pour Hana Marvanova
qui conduira son parti pour les prochaines élections désignant le
Premier ministre du pays…
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Mali
Le parlement malien a approuvé, vendredi dernier, une loi qui rendrait
le trafic d'enfant condamnable de 20 ans de prison. Il serait également
d'accord pour étudier et combattre dans l'avenir la violence exercée
à l'égard des femmes, une pratique répandue dans tout le pays où
le mari peut se disculper en échange d'une vache ou d'une amende
légère.
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Pakistan
La ministre de la justice pakistanaise, de la santé et des droits
humains, Barrister Shahida Jamil, a été présentée à des femmes et
des filles victimes de divers abus et de tortures perpétrés au sein
même de leur foyer. Elle s'est rendue dans divers centres pour rencontrer
et écouter ces femmes lui délivrer leur histoire et leurs souffrances.
Selon le directeur du centre, plus de 240 femmes ont eu besoin de
soins, suite à des actes de tortures qu'elles avaient subis durant
les 18 derniers mois. Il a été clairement établi que la politique
sensée promouvoir la protection des femmes en terme de violence
n'a pas porté ses fruits. Selon plusieurs études effectuées par
différentes ONG œuvrant sur le territoire, plus de 90% des femmes
mariées ont avoué avoir reçu des coups de pieds, des coups de poing
ou avoir été abusées sexuellement parce que leur mari était insatisfait
de la nourriture, de la propreté de la maison, mais également à
cause de leur jalousie… Durant sa visite dans ces centres, la ministre
a réitéré sa promesse de mettre tout en œuvre pour réduire ces formes
de violences " privées " et pernicieuses…
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Nations-Unies
Une grande réunion a eu lieu jeudi dernier au quartier général des
Nations-Unies durant laquelle le thème " de l'avancement des droits
des femmes et des enfants à travers la signature de traités " a
été abordé. Cette réunion coïncidait avec la 25ème session du CEDEF
relative à l'élimination de toutes formes de discriminations à l'égard
des femmes. " Les droits des femmes sont mis en valeur cette année,
concrètement " a déclaré Mary Robinson lors de son discours. " Lorsque
nous enregistrons des problèmes en rapport aux droits humains dans
un pays, nous savons que les femmes courent un risque bien supérieur…Et
quand les droits des femmes sont bien protégés et respectés, nous
constatons des bénéfices pour toute la société du pays… " a-t-elle
ajouté. Il a été rappelé également l'importance des traités dans
l'avancée de la situation des femmes dans les pays où leurs droits
ont du mal à être respectés et améliorés. Ces traités représentent
un certain engagement devant la communauté internationale. Ils permettent
à cette dernière d'avoir un droit de regard sur les atteintes perpétrées
à l'égard de la population féminine. " Une nouvelle vision des droits
humains qui s'adaptent aux aspirations, à la fois, des femmes et
des hommes est une garantie dans la construction d'une autre dimension
de l'humanité tout entière… " a déclaré Mme Angela King.
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Vatican
Plus de 100 organisations nationales et internationales féministes
ont participé à une manifestation à New York pour dénoncer la discrimination
dont les femmes font l'objet au sein de l'Eglise. Cette manifestation,
conduite par une foule constituée en majorité de catholiques, s'est
terminée devant l'ambassade du Vatican à Washington. Elle avait
pour objectif de demander aux dignitaires de l'Eglise de lancer
une campagne contre les abus, parfois sexuels, dont se rendent coupables
des prêtres sur des nones. La colère des associations féminines
vient en réaction à un rapport publié par le Reporter National Catholique
qui a révélé de nombreux cas d'abus sexuels sur des nones dans le
monde entier. Le compte rendu localise ce type d'incidents dans
23 pays, dont les Etats-Unis. Les différentes organisations pour
le respect des droits des femmes sont choquées du silence maintenu
par le Vatican sur ces abus sexuels qui donnent parfois lieu à une
grossesse, d'autant que les femmes sont toujours forcées d'avorter
et souvent chassées de la communauté !
---------- A suivre...
La
femme en Suède (octobre 2000) Fervente partisane de la libération
sexuelle dans les années 60/70 qui s'est vite restreinte à la seule
satisfaction des désirs sexuels des hommes, la Suède s'est engagée
depuis le début des années 1990 à reconsidérer les fondements de
son système politique, économique et social avec pour seul souci,
la revalorisation de la vie des femmes dans la société…
Dès lors, l'amélioration de la condition féminine est devenue le
centre d'un débat national qui a impliqué les divers représentants
des instances politiques, judiciaires, sociales ainsi que les mouvements
féministes et les ONG présentes dans le pays. Cette réflexion commune
s'est étendue sur une vingtaine d'années durant lesquelles les concepts
élaborant les bases de toutes les sociétés à tendance patriarcale
ont " volé en éclats ". A l'arrivée, une multitude de lois sont
venues transformer et étoffer un système législatif qui s'est massivement
engagé en faveur de la protection et la valorisation des femmes
suédoises. Parmi les plus importantes, nous relèverons la loi qui
demande à tout employeur de considérer l'homme et la femme à égalité
face à l'avancement professionnel, à la rémunération, à la sécurité
du travail, responsabilisant ce dernier sur les cas de harcèlements
sexuels pouvant s'exercer au sein de son entreprise. Mais surtout,
la loi qui réprime la violence générée contre les femmes avec l'introduction
de l'infraction pénale de " violation flagrante de l'intégrité de
la femme " dans la législation suédoise visant à condamner les violences
fréquentes commises par un homme sur une femme, suédoise ou immigrée,
qui lui est intime, en l'occurrence, son épouse ou sa concubine.
En tout état de cause, les tabous qui entouraient la violence domestique
dans le passé ont laissé la place à une préoccupation grandissante
et réelle de la santé des femmes. Mais la Suède n'a pas voulu s'arrêter
là. Outre le fait d'instaurer des lois garantissant un mieux-être
et un respect absolu des femmes, une étude a été élaborée sur les
conséquences que la violence féminine avait sur la société. Ainsi,
il s'est avéré que cette forme de violence représentait la manifestation
la plus extrême de l'inégalité entre hommes et femmes et la forme
la plus rétrograde de la discrimination qui pouvait s'exercer contre
ces dernières. Cette étude a donc mis l'accent sur les causes psychologiques
fondamentales qui pouvaient être à l'origine d'un comportement violent
chez les hommes et de l'état de résignation voire de culpabilité
qu'il générait chez les femmes.
Cette préoccupation étant de premier intérêt pour le gouvernement,
il a également participé à faire grandir la conscience publique
sur ce phénomène en organisant et supportant des conférences de
sensibilisation à ce phénomène encore présent dans le pays. Les
officiers de police ont suivi des formations spécifiques pour appréhender
de manière personnalisée les différents cas de violence et pour
porter assistance aux femmes qui en sont victimes. Autre aspect
positif de la démarche : les hommes qui prennent conscience de leur
tendance destructrice, instigateurs de cette violence, peuvent être
pris en charge psychologiquement par des instituts. En mars 2000,
la ministre suédoise de l'égalité des chances a annoncé la création,
au niveau gouvernemental, d'un conseil national sur la violence
à l'égard des femmes. La prostitution a fait l'objet, elle aussi,
de mesures draconiennes, de lois libératrices et réparatrices pour
les femmes.
Ainsi, " les hommes qui se procurent, moyennant paiement, des relations
sexuelles occasionnelles sont condamnés pour achat de services sexuels
à une amende ou un emprisonnement de six mois au plus ". Par cette
nouvelle action de valorisation des femmes vivant sur le sol suédois
- le marché de la prostitution faisant entrer dans le pays une majorité
de femmes qui viennent des pays de l'Est ou d'Asie - le gouvernement
affiche clairement sa volonté de marquer fermement les consciences
masculines qui ne se seraient pas rendues perméables aux mesures
lancées pour respecter l'intégrité de la femme. Signalons toutefois
qu'il existe des hommes, en Suède, qui ont créé des associations
et des centres de crises pour aider leurs congénères à gérer leur
violence envers leur compagne et à parler d'une nouvelle société
peuplée de " Supers papas " !
Ces mesures courageuses qu'il faut montrer en exemple au reste des
pays, du moins européens, permettent de réveiller les consciences
mais ne font cependant pas disparaître miraculeusement, du jour
au lendemain, l'âpre réalité de la violence féminine toujours répandue
en Suède comme partout ailleurs dans le monde. Elles signent néanmoins
les conséquences positives directes d'une participation importante
des femmes à la scène politique. Elles démontrent, surtout, une
volonté unique au monde de poser les bases d'une nouvelle société
où les hommes et les femmes seraient réconciliés… et nous permettent
de rêver au prélude d'une réconciliation à l'échelle de l'humanité
tout entière !
Thierry
- Les femmes suédoises reçoivent un salaire de 15% inférieur à celui
des hommes.
- Selon une étude effectuée en 1996, 66% des 18 560 affaires d'agressions
à l'encontre des femmes étaient le fait d'un membre de la famille.
- Toutes les 20 minutes, une femme est agressée et, chaque année,
25 à 30 femmes sont battues à mort par leur conjoint.
- Dans les cas de violence domestique, 80% des hommes ayant battu
leur épouse étaient sous l'influence de l'alcool.
- En 1998, 43% des députés du gouvernement suédois étaient des femmes.
- En 1997, il était recensé près de 2 500 prostituées en Suède dont
650 officiant dans la rue.
- En 1998, le nombre de femmes âgées de plus de 15 ans qui ont été
violées ou ont subi une tentative de viol était de 1 400.
- La peine de mort est abolie
Laurence Deonna
Honorée du Prix de l'UNESCO 1987 de l'éducation à la paix, Laurence
Deonna est une " grande " reporter des peuples du Moyen-Orient et
des anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale. Depuis plus
de trente ans, elle part à la rencontre des êtres et des cultures
diverses, afin de s'imprégner de leurs richesses et de nous les faire
partager à travers ses nombreux ouvrages.
Femme engagée en faveur de la paix et des droits humains, elle décrit
les pays qu'elle a visités en occultant toute part d'analyse ou de
jugement de ce qu'elle a vu ou entendu. Le respect absolu des cultures
est sa stratégie d'éducation. Aimer et respecter l'autre avant de
le juger (sans préjugés !), apprendre à le connaître et à l'apprécier
dans le contexte de sa vie quotidienne, telle est sa vocation qu'elle
met au service de ses multiples livres. Souvent invitée à des colloques
sur la Paix ou sur les peuples du Moyen-Orient, elle partage son expérience
des êtres et des cultures qui l'ont enrichi durant toutes ces années.
Une véritable quête de la vie, de cette vérité qui se trouve dans
l'envie de reconnaître l'autre, le prétendu " différent " au plus
profond de soi pour, ensuite, en témoigner à l'humanité. Journaliste
de formation, Laurence Deonna participe à la rédaction d'articles
sur l'actualité, sortes de chroniques imprégnées de pertinence et
d'humanité, lui permettant sans cesse de trouver les mots justes pour
suggérer un sens, celui qui murmure tout bas un souffle de vérité…
Actuelle présidente de Reporter sans Frontière Suisse, elle véhicule
l'image d'un journalisme épuré et engagé dans le respect de toute
vie humaine. Preuve que pour elle, ce ne sont pas les mots les plus
important, ce sont les êtres pour lesquels ils sont écrit !
Note : En juin dernier, Mme Deonna a animé une rencontre à
Genève sur le thème :
" Au nom des Droits de l'Homme, NON à la candidature de Pékin aux
J.O. de 2008 ".
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