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Chères lectrices, chers lecteurs,
Nous voici arrivés au 6ème numéro de la newsletter " fddf " et voilà
que je me décide à y insérer un petit espace éditorial dans le but
inavoué ;o) de créer un contact avec vous et de placer une interface
" un peu plus humaine " entre votre logiciel de messagerie et le
flux d'information délivré par cette newsletter.
Dans cet édito, vous trouverez, à l'avenir, une courte synthèse
en guise d'introduction sur ce qui aura attiré mon attention durant
la semaine. Peut-être y figurera t'il également un message spécial,
un appel… tout reste ouvert.
Mais surtout, ce petit coin que je me réserve sera ma façon de vous
témoigner, humblement, ma reconnaissance pour l'intérêt que vous
portez à l'évolution de la condition des femmes dans le monde…
Je vous remercie et vous souhaite une bonne lecture.
Thierry
| Actualités |
...du
21 au 28 juin 2001
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Etats-Unis
Des experts remettent en question les dernières statistiques faisant
état du pourcentage décroissant de cas de viols recensés sur le
territoire américain. Selon les chiffres, le nombre d'agression
de ce type passerait de 141 070 pour l'année 1999 à 92 440 pour
l'année 2000. Les experts qui se sont penchés sur la manière dont
le sondage avait été effectué ont relevé une insuffisance au niveau
de l'âge des filles interrogées. En effet, les enquêteurs ont recueilli
des témoignages de filles âgées au minimum de 12 ans. Or, plus d'un
quart des viols concernent des filles de moins de 12 ans. Bonnie
Campbell, l'ancien directeur de l'office national de la violence
contre les femmes, émet alors un doute certain sur cette
diminution que l'on pourrait considérer comme spectaculaire, en
indiquant que les femmes ne doivent pas se faire trop d'illusion
sur la réalité de la fréquence des viols aux Etats-Unis !
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Japon
Les femmes japonaises passent au second plan…
En effet, une enquête internationale, destinée à faire le point
sur le taux de participation féminine dans les secteurs économiques
et sociaux ainsi que leur représentation dans les sphères
décisionnelles politiques et stratégiques des pays, a placé
le Japon au 41ème rang sur 70 pays examinés !
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Pakistan
30 000 femmes meurent chaque année durant leur grossesse…
En dépit de ce nombre important de femmes qui meurent suite à des
complications au cours de leur grossesse, les infrastructures hospitalières,
destinées à assumer les soins obstétriques d'urgences
pour les femmes enceintes, manquent dramatiquement. Selon un rapport
établi par le Forum National sur la Santé des Femmes, il y a un
déficit profond de moyens et de personnels qualifiés dans les hôpitaux
publics. Les soins obstétriques d'urgences (SOU) correspondent pourtant
à 89 % des besoins réels d'interventions auprès des femmes enceintes
à travers tous les pays (94% en zone rurale et 77% dans les zones
urbaines). Au Pakistan, il y a plus de 3 millions de femmes qui
tombent enceinte chaque année. 700 000 (environ 15%) d'entre elles
font l'expérience d'une grossesse à complication. Les " SOU " devraient
venir à bout de maladies relatives à l'état de grossesse comme l'éclampsie,
la septicémie, l'anémie, les hémorragies natales et post-natales…
La situation politique, économique et sociale difficile du pays
ne semble pas donner de véritables espoirs en matière de soins de
santé du côté du gouvernement, actuellement plus préoccupé à maintenir
son pouvoir qu'à essayer d'améliorer la santé de ses
citoyennes !
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Chine
La triste réalité du marché noir aux femmes !
Quand un homme proposa un travail à Feng Chenyun dans une autre
ville que celle où elle vivait, elle sauta sur l'occasion sans trop
d'hésitation. Pensez donc : Mme Feng a 2 enfants dont elle ne peut
payer la scolarisation. Son mari, lui, travaille comme ouvrier à
plus de 1000 Km de là. A 37 ans, elle n'avait jamais quitté sa province
et se trouvait toute agitée à cette nouvelle perspective.
" Je l'ai suivit parce qu'il me proposait un travail " disait-elle
les yeux encore pleins de larmes alors que trois ans avaient déjà
passé depuis le drame. Au lieu d'un travail, Mme Feng a été kidnappée,
droguée, placée dans un train et vendu pour 1 500 dollars comme
fiancée à un promoteur/constructeur dans la lointaine province de
Xinjiang, devenant ainsi l'une des dizaines de milliers de femmes
vendues au marché noir chaque année ! Depuis l'année dernière (2000),
le gouvernement chinois a multiplié les campagnes de sensibilisation
contre le trafic de femmes, organisant des arrestations massives
de trafiquants. Cependant, si cette activité lucrative a quelque
peu diminué dans les grandes villes, elle se poursuit allègrement
dans les campagnes à cause d'une autre tradition qui offre la préférence
de la famille aux garçons, ce qui entraîne un nombre considérable
de filles abandonnées errant dans les rues des villes et des villages
sans que personne ne se soucis de leur sort. La pauvreté est la
premiere raison qui pousse les filles et les femmes démunies à croire
et suivre parfois des hommes qui leur proposent un travail rémunéré
et qui se retrouvent, en fin de compte, fiancées à des hommes inconnus
qui participent à maintenir ce marché odieux…
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Afghanistan
Quelques jours à peine après avoir autorisé certaines femmes afghanes
à travailler dans les locaux du " World Food Programme " lancé par
les nations unies, la milice des talibans a ordonné à la mission
spéciale de l'ONU basée en Afghanistan de quitter leur bureau de
Kaboul. Les talibans ont accusé la mission de l'ONU de ne pas avoir
renouvelé son contrat auprès des autorités afghanes et ne pas avoir
payé la location des locaux qu'elle occupe dans le cadre de sa mission.
Les talibans ont entravé la bonne marche des actions humanitaires
depuis plusieurs mois maintenant en prenant des mesures restrictives
à l'encontre des hommes et des femmes qui travaillaient ensemble
ne pouvaient être en contact de manière prolongées…
Avec plus d'un million de femmes afghanes qui doivent faire face
à la famine avec l'interdiction de travailler, et qui n'ont, de
surcroît, pas accès à l'éducation ni le droit de se déplacer dans
leur ville ou village, la situation en Afghanistan se détériore
de jour en jour. Mais cela n'est pas nouveau !
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Zambie
Plus d'une centaine de femmes, qui aspirent à occuper des sièges
au sein du parlement, en ont appelé au Groupe National du Lobby
Féminin (GNLF) pour obtenir une aide financière.
" Nous avons de nombreuses demandes émanant de femmes qui veulent
participer activement aux prochaines élections et se proposent clairement
pour intégrer des partis politiques… " déclarait Mme Victoria Jalang'o,
coordinatrice au sein du GNLF. " Nous sommes tout à fait d'accord
pour aider financièrement des campagnes politiques de partis à condition
que ceux-ci accueillent ces femmes dans leur formation ", a-t'elle
ajouté. Certains de ces partis politiques désirent répondre positivement
à cette requête en proposant d'accepter jusqu'à 30% de représentation
de femmes dans leur programme…
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France
Quelques chiffres issus d'un rapport du ministère de la santé effectué
en février 2001 révèlent un phénomène de violence inquiétant. En
effet, tous les cinq jours, une femme meurt des suites de violences
conjugales. Sur 7 000 femmes interrogées de la capitale et sa banlieue,
10% d'entre elles ont subit une forme de violence comme des insultes,
harcèlement moral, agressions physiques, viols… Les conséquences
de ces actes sont dramatiques sur le plan psychique et moral : beaucoup
de femmes victimes de violences conjugales souffrent par la suite
de dépression, de boulémie ou d'anorexie… Le profil de l'agresseur
n'est celui auquel nous pourrions nous attendre. 67% d'entre eux
sont des cadres, bénéficiant d'un pouvoir dans leur fonction, 25%
sont des professionnels de la santé, les autres sont des membres
de la police ou de l'armée. Ces violences sont en France encore
tabou et ne sortent que trop rarement des mûrs qui entourent le
cercle familial. Les femmes qui arrivent à en parler se confis principalement
à leur médecin…
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Iran
La majorité des membres du parlement iranien a signé une pétition
demandant au Président Khatami de désigner un nombre plus important
de femmes dans son nouveau gouvernement et dans ses cabinets ministériels.
Arborée par plus de 163 signatures, la pétition affirme que les
femmes iraniennes sont de plus en plus conscientes de leurs droits
ainsi que du rôle qu'elles doivent jouer dans le dessein de la nouvelle
société. Aucune femme n'a été ministre depuis la révolution islamique
de 1979, bien que Mahamad Khatami aie nommé une femme à la vice-présidence
au lendemain de sa première élection, en 1997…
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Monde
L'UNIFEM en appelle aux dirigeants du monde entier pour donner aux
femmes un rôle central de la lutte contre le SIDA.
Les filles et les femmes sont les premières victimes du SIDA
au point qu'en Afrique sub-saharienne, par exemple, les
filles en plein âge de l'adolescence sont 5 fois plus atteinte
par le virus que les garçons. Un sondage effectué
dans 17 pays d'Afrique a révélé que 50% des
filles n'ont aucune idée de la manière dont elles
pourraient se protéger contre l'infection lors de rapports
sexuels.
Les femmes doivent êtres les cibles privilégiers de
programmes internationaux d'éducation, d'information et de
soins sur ce fléau qui se propage de manière dramatique
et principalement en Afrique. Les dirigeants de la planète
doivent faire en sorte que les droits fondamentaux des femmes soient
respectés de façon plus scrupuleuse.
" Il y a une corrélation
directe entre le statut social des femmes, les violations sous de
multiples formes de leurs droits fondamentaux et la transmission
du SIDA", déclarait Noeleen Heyzer, la directrice exécutive
de l'UNIFEM.
---------- A suivre...
La
femme en Indonésie (mai/2001)
Géographiquement parlant, l'Indonésie compte cinq grandes îles ou
parties : Sumatra à l'ouest, Kalimanta et Sulawesi au nord, Java
et Timor au sud et Irian Jaya à l'est. Au total, quelques 17 500
îles forment l'archipel indonésien. Si toutes ne sont pas habitées,
celles qui accueillent sur leur sol la société humaine sont le théâtre
de conflits incessants qui font des millions de victimes depuis
plus de 30 ans.
Pourtant, après des siècles de colonisations et d'invasions durant
lesquelles les hindous, les bouddhistes, les musulmans, les Portugais
et les Hollandais se sont disputés ou partagés les terres, l'indépendance
de l'Indonésie était proclamée en 1945 par le président Sukarno
qui édifiera la République indonésienne. 20 ans plus tard, le coup
d'état du général Suharto plongera l'Indonésie dans la terreur anticommuniste
et une dictature militaire corrompue à l'extrême qui anéantira l'économie
et le système politique du pays. En 1998, le général est toutefois
contraint de démissionner au profit de Yusuf Habibie qui restera
président jusqu'au 20 octobre 1999, date à laquelle il sera remplacé
par Abdhuramma Wahid. Ce dernier nommera, sous la pression du vote
de la population, Megawati Soekarnoputri, fille de l'ancien président
Sukarno, à la vice-présidence. En effet, Abdhuramma Wahid avait
été élu de justesse grâce à l'appui parlementaire des partis musulmans
qui ne souhaitaient pas voir une femme élue à la tête du pays.
Ce petit tour d'horizon de l'histoire politique indonésienne montre
à quel point le sort du pays et de ses habitants a trop longtemps
été placé entre les mains d'êtres assoiffés de pouvoir et ne reculant
devant rien pour parvenir à leur fin. Les trois dernières années,
marquées par quelques avancées démocratiques mais surtout par les
multiples conflits opposant l'armée indonésienne, à l'influence
politique considérable et assistée des milices anti-indépendantistes,
aux factions armées combattant pour l'indépendance du Timor oriental,
ont fait des milliers de victimes dans la population. Ce climat
de violence folle et désordonnée aura favorisé également l'émergence
d'autres conflits meurtriers entre chrétiens et musulmans causant
plusieurs milliers de morts.
Et, lorsque nous parlons de guerre, civile de surcroît, nous sommes
parfaitement conscients du sort particulier qui est réservé aux
femmes en de telles circonstances. Faut-il les rappeler ? Les viols
collectifs et nombreux comme moyen d'intimidation dans le but d'affaiblir
psychologiquement et mentalement des êtres (hommes et femmes compris)
susceptibles de s'opposer à l'oppresseur. Les tortures physiques
destinées à créer un handicap qui garantissent la docilité des insurgées
potentielles. Les pressions qui font suite à ces exactions et qui
assurent l'impunité aux criminels.
Bref, toute une mécanique de la terreur et de la violence bien huilée
qui recueille de tragiques succès au détriment des vies humaines
qui paieront un lourd tribu à la corruption, la vanité et aux intérêts
internationaux. Si l'on ajoute à tout cela un système judiciaire
encore incompétent, lui-même corrompu, complaisant avec le pouvoir
et l'armée, une constitution parsemée d'entropies en matière de
droits humains et d'égalité entre hommes et femmes et disons le,
très indulgente avec les différentes formes de discriminations que
subissent les Indonésiennes des grandes villes et des minorités
ethniques, le pays donne l'image évidente d'être humainement disloqué.
En effet, sur le papier, les femmes disposent des mêmes droits que
les hommes. Cependant, et pour prendre un exemple, une directive
adoptée il y a plus de 20 ans stipule qu'une femme peut participer
au développement de la nation uniquement si cela ne rentre pas en
conflit avec son rôle de " femme au foyer ". De même, une loi sur
le mariage établit que l'homme est le chef de famille et que la
femme doit le considérer comme tel pour elle-même et pour ses enfants.
Une autre loi relative encore au mariage donne le droit à l'homme
de " posséder " plusieurs femmes si ses revenus le lui permettent.
La permission de la première femme est cependant requise mais celle-ci
ne s'oppose jamais, ou pratiquement, à son mari compte tenu de la
forte pression patriarcale. Les violences domestiques et les viols
maritaux sont en augmentation à cause de la crise politique et économique
du pays mais, malheureusement, ne trouvent toujours pas d'écho dans
un système judiciaire inique et non spécifique. La violence domestique
est considérée comme une affaire privée dans laquelle la police
n'a pas à s'immiscer. De plus, le viol marital n'étant pas considéré
comme un crime par la justice et, conscientes de cela, les femmes
ne portent pas plainte lorsqu'elles ont été abusées physiquement.
Ainsi, le viol se situe en deuxième place des crimes commis en Indonésie,
après le meurtre, compte tenu du fait que dans la plupart des cas
les femmes, d'abord violées, sont ensuite battues, parfois à mort.
Le sud-est asiatique est connu également pour être une source et
une plaque tournante du trafic de femmes et de fillettes à destination
du marché de la prostitution ou du marché du travail en tant que
domestiques. Des esclaves, en fait, car les conditions de travail
des indonésiennes sont abusives et discriminatoires aussi bien sur
le plan social que sur le plan humain : malnutrition, surcharge
d'activité et d'horaire, maltraitance physique, abus sexuel sont
les exactions contre lesquelles les fillettes et les femmes doivent
faire face quotidiennement. Là encore, elles ne sont pas protégées
par la loi qui ne criminalise pas le harcèlement ou tout autre forme
de comportement discriminatoire dans l'enceinte d'un travail. Le
marché de la prostitution reste un problème grave et difficile à
endiguer tant la situation économique est désastreuse et profite,
en cela, au trafic de fillettes de plus en plus jeunes. Les mutilations
génitales féminines sont encore de rigueur dans certaines zones
rurales et ne sont pas interdites par les lois.
A l'heure actuelle, la situation politique n'est pas des plus saines.
En effet, si le Timor oriental attend toujours de proclamer officiellement
son indépendance, d'autres îles révèlent de plus en plus leurs intentions
dans le même sens comme le craignait le gouvernement lors de la
précédente crise. Même si ce dernier avait adopté en 1998, un plan
national d'action en faveur des droits humains pour les années 1998-2003,
les crimes perpétrés à l'encontre de ces mêmes droits, bafoués,
sont légions et tapissent le paysage indonésien, déjà calciné par
la folie des anciens hommes de pouvoir, d'un nuage noir et épais.
D'un autre côté, et comme nous devions le craindre, l'impunité des
généraux et officiers de l'armée ainsi que les hommes des milices
qui se sont rendu coupables de crimes contre l'humanité semble inéluctable.
Sur le plan politique, une femme, Megawati Soekarnoputri, " Mega
" pour ses partisans, est en passe de devenir la première présidente
de l'Indonésie si la procédure de destitution de Abdhuramma Wahid
allait à son terme dans les trois mois à venir.
Une femme, au pouvoir, dans un pays à 90 % musulman, fille du père
de l'indépendance… et on se prend à rêver. On dit également qu'elle
dispose de forts appuis au sein de l'armée et qu'elle semblerait
favorable à la promotion d'une politique plus ouvertement nationaliste.
Et si ce n'était qu'un rêve…
Thierry
- La violence contre les femmes en Indonésie est quotidienne : un
viol toutes les six heures.
- L'armée est souvent responsable d'abus sexuels : on a dénombré,
lors d'une émeute en mai 1998, 152 cas de viols connus. On ne parle
pas des autres cas non dévoilés.
- La majorité des femmes qui travaille dans les usines a en dessous
de 25 ans, est célibataire et peu éduquée.
- Le salaire d'une femme travaillant en usine ne dépasse pas Rp5200
soit $2 par jour.
- 73 % des femmes sont payées en dessous de ce salaire minimum.
- 40,3 % des femmes qui travaillent à Jakarta souffrent de déficience
en fer, 30 % sont infectées par des parasites et 88 % sont sous-alimentées.
- Les femmes constituent 8 % de la totalité des membres du parlement.
- Au gouvernement, seulement 2 ministres sur 35 au total sont des
femmes.
- Une ONG défendant les droits des femmes estime que seulement 15
% des violences domestiques sont rapportées.
- Le taux de chômage est 50 % plus élevé chez les femmes que chez
les hommes.
- Le taux de mortalité maternelle est de 425 pour 100 000 naissances.
- La peine de mort est maintenue
Ingrid Betancourt (1961)
Née à Bogota, Ingrid Betancourt est députée et sénateur de Colombie.
Dans ce pays éprouvé par plus d'un siècle de violence, elle mène une
lutte implacable contre la corruption du pouvoir lié aux cartels de
la drogue.
Après de brillantes études de Sciences Politiques à Paris, Ingrid
épouse un diplomate français. Le père de la jeune femme est ambassadeur
de Colombie à l'UNESCO. Sa mère est députée et conseillère du futur
candidat à la présidence : Luis Carlos Galan, un homme intègre qui
prône l'extradition des narcotrafiquants et qui sera assassiné en
1990. Très affectée par cet événement, Ingrid comprend que son cœur
est toujours resté en Colombie. Elle décide alors de rentrer à Bogota
avec ses enfants.
Elle n'a que 29 ans lorsqu'elle est engagée au ministère des Finances
et qu'elle y découvre la toile de fond d'une gigantesque corruption.
Le chemin à suivre est clair : s'infiltrer dans le milieu politique
pour mieux dévoiler aux Colombiens les causes profondes de la guerre
civile et de la pauvreté. Elle se présente aux élections législatives
et c'est le succès immédiat car sa foi en l'avenir et son intégrité
séduisent des milliers d'électeurs. Candidate à la Chambre des Députés
en 1994, elle mène sa campagne contre la corruption jusque dans les
rues les plus malfamées de la capitale et défraie les médias avec
un score exceptionnel. Au parlement comme à la télévision, la jeune
député dénonce sans détours les dirigeants compromis avec la mafia.
" Le montant de la corruption, déclare-t-elle, atteint 18 milliards
de francs… l'équivalent de deux fois le budget social, éducation,
santé et logement, prévu pour l'an 2000. "
Mais Ingrid va plus loin, plus haut. Ses investigations la conduisent
jusqu'au président de la République, Ernesto Samper. Preuves à l'appui,
elle prétend qu'il a financé sa campagne électorale grâce aux narcotrafiquants.
Et lorsqu'elle découvre par la suite que la corruption s'est infiltrée
au cœur même du procès de Samper, elle entame une grève de la faim
dans les couloirs du Parlement provoquant immanquablement une immense
prise de conscience au sein de l'opinion publique. C'est l'époque
où elle fonde un nouveau parti au nom révélateur, Oxígeno. Car tel
est l'incroyable défi de cette jeune femme qui porte désormais l'espoir
de tout un peuple : assainir le pays le plus corrompu d'Amérique latine.
En 1998, à l'âge de 37 ans, Ingrid devient le sénateur le mieux élu
de Colombie mais en même temps le plus exposé. Car malgré la protection
de ses gardes du corps qui lui ont permis d'échapper à deux attentats,
Ingrid sait qu'elle peut succomber à chaque instant aux balles d'un
"sicarios". Mais prête à donner sa vie pour l'avenir de son pays,
elle défie la peur et poursuit son combat " la rage au cœur ". " Je
crois trop en ce que je fais pour que même le risque de la mort puisse
m'arrêter écrit-elle. Je porte sur mes épaules l'espoir de beaucoup
de Colombiens, trop de Colombiens ". Une responsabilité qui l'a poussé
à faire " les choix les plus douloureux " dont celui de se séparer
régulièrement de ses enfants...
Ingrid aura 41 ans lorsqu'elle postulera pour la présidence de la
République de Colombie en 2002. Espoir révéré d'un peuple abusé, elle
incarne le visage d'une femme exemplaire dont la détermination farouche
et inaltérable ne peut susciter que l'admiration et le soutien de
ceux pour qui la démocratie a un sens et un avenir. Souhaitons que
nos dirigeants la soutiennent dans sa lutte contre la corruption et
l'impunité. Souhaitons qu'ils reconnaissent en elle, les piliers qu'ils
sont appelés à devenir.
> Texte "Portrait"
issu de la
rubrique "Etres" de Pascale |
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