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En octobre 2003, la plupart d'entre vous, alors abonné(e)s
aux différentes newsletter de Fraternet, avez suivi la mission
en Irak de l'Association ABIR à laquelle j'avais participé.
Le weblog Centifolia avait relayé les étapes
de cette action en direct depuis Bagdad.
De cette aventure humaine exceptionnelle, plusieurs expositions
ont vu le jour et ont remporté un succès non négligeable
auprès du public, sensibilisé aux souffrances et espoirs
du peuple irakien.
Aujourd'hui, je vous annonce la
naissance de la boutique en ligne de Centifolia par laquelle
il vous est possible d'acquérir des cartes postales originales
ainsi que des photos uniques sur ce voyage. Deux thèmes
sont proposés : l'Irak et la Jordanie.
La raison d'être principale de cette boutique est tout simplement
de me permettre de poursuivre mon travail indépendant
d'information et de sensibilisation sur les valeurs profondément
humaines dispersées aux quatre coins du monde afin qu'elles
puissent s'unir un jour.
Par ailleurs, pour celles et ceux qui auraient la structure d'accueillir
une exposition de 24 photos, je vous invite à découvrir
le dossier expositions au format .pdf (Acrobat
Reader) directement à cette adresse : http://www.centifolia.com/expos.htm
N'hésitez pas à me
contacter et me faire vos suggestions.
Dans ce numéro, nous aborderons une nouvelle fois la violence
domestique (la suite de notre dossier commencé il y a 2 numéros),
la situation des femmes irakiennes qui ne présage rien de
bon pour l'avenir. Puis, je vous donnerai quelques liens intéressants
à consulter sur des infos relatives aux droits des femmes
dans le monde...
Je vous
remercie de votre fidélité et souhaite bienvenue aux
nouvelles et nouveaux abonnés.
Thierry
| La
violence domestique en Europe |
3ème
Acte
|
Avant
de découvrir la suite de notre analyse, je vous invite à
consulter le premier et le deuxième point - vue d'ensemble
et Définition... - abordé dans les deux
précédents numéros de FDDF :
==>
http://www.fraternet.com/femmes/fddf/fddf28.htm
==>
http://www.fraternet.com/femmes/fddf/fddf29.htm
3/ Les principales causes de la violence domestique en Europe.
Les
causes de la violence domestique sont multiples et profondes. Elles
puisent leur prétendue légitimité dans les
coutumes ancestrales dont la pérennité ne fait pas
bon ménage avec l'évolution des consciences et des
modèles sociaux. Même si le respect des droits humains
tend à devenir un pilier sur lequel se fondent nos démocraties
modernes, la puissance des traditions vient, dans bien des cas,
retarder son intégration à notre culture. L'Europe,
ce vieux continent, est, comme les autres, victime de
son histoire, de ses us et coutumes. N'est-elle pas cependant l'une
des contrées les plus riches et les plus développées
du monde, à la pointe de la modernité ?
Précisément, ce décalage entre le passé
et le présent entraîne une déstabilisation préjudiciable
au respect des valeurs fondamentales de l'être que toute société
se devrait d'encourager à travers les comportements de ses
membres. Les multiples facteurs socioculturels, souvent institutionnalisés,
qui tendent à maintenir la vulnérabilité des
femmes face à la violence domestique prennent leur source
dans les rapports de force historiquement inégaux entre les
deux genres.
La répartition traditionnelle des rôles entre l'homme
et la femme a toujours placé cette dernière sous l'autorité
de l'époux. Ainsi, la tradition judéo-chrétienne
a joué fortement dans ce sens en justifiant la domination
de l'époux dans le mariage, le devoir d'obéissance
de la femme, le rôle "dirigeant" naturel pour l'homme.
En outre, certaines dispositions législatives sont venues
renforcer, au fil du temps, une tradition déjà par
trop patriarcale. N'était-il pas de bonnes murs, dans
un passé encore récent, de corriger son
épouse - soi-disant pour son bien et son éducation
- comme on le faisait pour ses enfants ou son chien ? Oui, même
si cette réalité peut apparaître aujourd'hui
à certains comme relevant d'un féminisme exagéré,
des études effectuées auprès de la population
européenne ont montré que cette conception demeurait
puissamment ancrée dans certains esprits masculins.
Le deuxième facteur important favorisant la persistance de
la domination de l'homme sur la femme réside dans l'attachement
aveugle à la vie privée. Ainsi, il n'existe aucune
disposition légale permettant aux autorités d'intervenir
dans l'enceinte du foyer pour protéger les personnes vulnérables.
On préfèrera préserver le caractère
sacré de l'intimité, même si celle-ci
devient la scène où se perpétuent inexorablement
des actes de violence. De ce fait, les hommes qui choisissent d'user
de brutalité pour imposer leur pouvoir au sein du foyer ne
craignent généralement aucune poursuite : le conscient
collectif a, en effet, tendance à considérer
que cette violence ne concerne que le couple et qu'il s'agit d'une
affaire privée dans laquelle ni le grand public ni l'Etat
ne doivent s'immiscer. Plus encore, les rapports homme/femme subissent
les effets d'une carence des valeurs relatives à la fraternité,
au partage et à l'échange, misère à
laquelle nos sociétés, libérales et finalement
égoïstes, participent à alimenter par leurs choix
et leurs orientations trop modernistes. Le souci de l'autre devient
superflu et c'est évidemment au sein du couple que ce manque
se ressent le plus, là où les êtres sont fragilisés
et où le besoin affectif et moral est le plus fort.
Dès lors, la consommation d'alcool, l'effondrement de certaines
structures économiques, source de disparités dans
les revenus familiaux, ainsi que la pauvreté ne constituent
pas les causes premières de la violence domestique : ils
interviennent uniquement en tant que facteurs aggravants des réalités
énoncées précédemment (En Espagne,
l'alcool et la consommation de drogue n'intervient qu'une fois sur
cinq dans les actes de violence domestique, enquête
Themis, Espagne - 1999).
Enfin, le caractère récurrent de cette oppression
de la femme trouve également son origine dans son aspect
générationnel. En effet, dans la plupart des cas,
les enfants finissent par intégrer en eux cette violence
comme un mode de communication entre les conjoints ou
encore comme un moyen - aussi dramatique qu'illusoire ! - d'éliminer
les tensions au sein du couple. Ils auront évidemment plus
de propension que les autres à recourir à ce type
de comportement dans leur vie d'adulte.
...
A suivre.
(Dans
le prochain numéro nous tenterons de comprendre les conséquences
de cette violence...)
Sauvez
les femmes irakiennes ?
Je
reprends volontairement un titre que j'avais donné à
un article écrit au lendemain de la victoire
des alliés sur les talibans en Afghanistan. En effet, ce
texte dénonçait la supercherie que constituait cette
guerre sous le prétexte de sauver les femmes afghanes.
C'était en 2001. Aujourd'hui, elles souffrent toujours d'un
manque cruel de droits et de sécurité. La libération
des femmes afghanes n'était-elle rien d'autre qu'une bonne
excuse cachant des desseins bien moins glorieux ?
En
ce début d'année 2004, les femmes irakiennes se trouvent
dans la même impasse et le même constat fait d'amertume
et de désillusion. Alors que l'administration américaine
a une fois de plus promis monts et merveilles au peuple irakien
libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, les femmes
attendent toujours que l'on ose exprimer leur simple existence.
Il n'en est rien. Ou presque. Quelques manifestations par-ici, quelques
lettres adressées à M Bremer par-là ainsi que
des déclarations publiques n'ont toujours pas eu gain de
cause. Pourtant, ce n'est pas l'énergie qui fait défaut
du côté des femmes qui veulent faire valoir leurs droits
fondamentaux. Seulement, il n'y a pas grand monde pour les écouter,
pour les entendre surtout, à part quelques acteurs internationaux
attentifs à leur condition de vie et à leur avenir.
Et cet avenir reste bien incertain dans l'état actuel des
choses. En octobre 2003, lorsque j'étais à Bagdad,
une des présidentes d'associations pour la promotion des
droits de la femme en Irak avait expliqué : c'est maintenant
qu'il faut faire entendre les voix des femmes au sein du gouvernement
provisoire. Les hommes au pouvoir nous demandent d'attendre qu'ils
aient redressé le pays avant de s'occuper de nos droits.
Non ! Il sera trop tard si nous patientons jusque là.
Est-il déjà trop tard ? En décembre dernier,
le conseil du gouvernement provisoire a aboli un certain code de
protection des droits des femmes établi par Saddam Hussein.
Est-ce que cela est une bonne chose ? Sans aucun doute diront certains.
Mais dans le même temps, il a permis à chacun des groupes
religieux d'appliquer ses propres codes et traditions. Qu'est-ce
que cela signifie pour les femmes, autant celles qui veulent vivre
dans la tradition que celles qui désirent ne pas s'y référer
? Cette liberté de choix existera-t-elle une fois le gouvernement
définitif mis en place ?
Alors que beaucoup de femmes irakiennes ont soif de droits, d'épanouissement,
d'échanges avec les hommes sur la scène politique
et sociale, l'eau potable manque cruellement en Irak depuis que
les canalisations ont cédé sous les pluies de bombes.
- Réflexion
sur la condition des femmes en Iran avec une échéance
politique importante lors des élections législatives
qui auront lieu ce mois de février 2004.
Premier
lien ! | Deuxième
lien ! (en anglais)
- Le Burkina Faso a célébré la journée
internationale contre les Mutilations Génitales Féminines.
Cliquez!
- Forum économique en Arabie Saoudite : les femmes
demandent plus de représentations et de rôles dans
le développement de la société. Cliquez!
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