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FRATERNET "DROITS DES FEMMES" - NUMERO 03

Actualités
...du 31 mai au 7 juin 2001

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Du 28 mai au 1er juin dernier s'est tenu au Canada, le huitième séminaire international sur le maintien et la promotion de la paix pour le 21ème siècle. C'est à cette occasion que Madame E. V. King, conseillée sur l'avancement social des femmes et les problématiques qui y font obstacle, s'est exprimée pour mettre en valeur le rôle important que les femmes doivent jouer dans la construction d'une paix mondiale durable compte tenu du fait qu'elles sont les premières victimes " innocentes " des conflits. Dans son message adressé à toutes les nations participantes à cette rencontre, elle a émis l'espoir d'une plus grande participation pour les femmes dans les réflexions, la mise en place et la gestion des processus de paix à travers le monde…

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Les talibans obligent tous les travailleurs étrangers travaillant en Afghanistan dans les régions placées sous leur contrôle à se soumettre aux lois islamiques en vigueur dans le pays. Ainsi, les femmes étrangères en mission humanitaire ne peuvent plus conduirent leur propre véhicule pour venir en aide aux populations dans le besoin. La police religieuse des talibans sera donc chargée de surveiller les organisations afin qu'elles respectent scrupuleusement ces mesures. Cette lois vient en représaille des pression exercées par les Nations Unies à l'encontre des talibans et de leur politique de la terreur.

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La condition des femmes et des enfants de Shanghai s'est beaucoup amélioré durant les 5 dernières années dans le cadre du programme lancé à cet effet en 1996. C'est du moins ce qu'affirme Meng Yankun, le directeur du comité des femmes et des enfants de Shanghai. Ainsi, à la fin de l'année 2000, plus de 40 % des cadres de la ville étaient des femmes. En outre, 45 % des filles avaient accès à un haut degré de scolarisation et fréquentaient les universités et les collèges. Les soins de santé sont par ailleurs plus efficaces et permettent à l'heure actuelle de n'avoir que 10 cas de décès maternel sur 100 000 naissances enregistrées…

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" Sans les femmes, nous serions affamés " Proverbe africain.

Plusieurs associations engagées dans la promotion de la femme dans les métiers de l'agriculture sont arrivées à ces conclusions significatives : Les femmes sont vitales dans le système alimentaire de la planète entière. Ainsi, elles produisent de 60 à 80% de la nourriture dans la majorité des pays développés et leur rôle dans la chaîne de l'agriculture ne cesse d'augmenter. En Asie, elles représentent 90% de la main des travailleurs dans les champs de riz. En Afrique et dans les caraïbes, elles occupent plus de 80% des métiers relatifs à la production de la nourriture de base de la population entière. Bien entendu, ces chiffres ne témoignent pas forcément du bien être ou d'un haut niveau social et économique pour les femmes. Ils rendent comptes d'un éventail assez large de la place qu'occupent les femmes dans le développement économique des différents pays. Tantôt exploitées, tantôt accédant à des postes à hautes responsabilités, elles représentent, en fait, la véritable force économique et sociale de l'avenir, à condition que leurs droits soient reconnus et respectés au point que la notion d'exploitation disparaisse totalement.

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La court suprême des Etats-Unis renforce la loi sur la discrimination basée sur le sexe dans l'enceinte du travail, incluant le harcèlement sexuel. Ainsi, la plaignante bénéficiera de meilleures indemnisations en cas d'abus et l'auteur à de plus graves sanctions.

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Les Russes écartent la participation des femmes dans leur mission spatiale pour Mars qui sera opérationnelle dans 15 à 20 ans. Un responsable du programme pense que la présence des femmes dans cette mission pourraient être à l'origine de discordes à l'intérieur du groupe qui sera formé et doit donc être évitée.

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" L'Iran en appelle à la fin de la discrimination à l'égard des femmes "

Le président Mohammad Khatami s'est effectivement exprimé, dans sa phase de pré-élection, en faveur d'un arrêt total de la discrimination instituée à l'égard des femmes.
" La question des femmes demande de penser à une nouvelle approche et une nouvelle réflexion à différents niveaux de la société ", a-t-il déclaré devant une assemblée de plus de 1 000 personnes constituées par une majorité de femmes qui avaient été invité pour cette occasion.
" Les femmes doivent prendre leur place dans le paysage politique, économique et social du pays " a-t-il ajouté.

Nous rappelons quand même qu'il n'y a pas si longtemps de cela, il a 1 mois environ, une femme a été évincée des élections iraniennes sous la pression des partis religieux. A suivre...

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Analyse

La condition des femmes en Iran (1999)

En 1998, le conseil supérieur de la révolution culturelle en Iran, sous la présidence de M. Muhammad Khatami, a examiné le rapport soumis par la commission d'étude de l'adhésion de l'Iran à la Convention pour l'élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes. Il a été décidé que la République islamique n'adhèrerait pas à la convention…

Cette décision nous renseigne sur les réelles intentions des dirigeants iraniens en ce qui concerne l'évolution de la condition de la femme dans leur pays. En effet, si nous pouvons lire, par-ci, par-là, que le parlement, sous l'impulsion du président Kathami, a présenté et adopté de nouvelles lois en faveur des femmes iraniennes, la volonté de les appliquer est inexistante. Surtout si, parallèlement, d'autres lois viennent accroître la discrimination à d'autres niveaux de la vie sociale.

Je ne parle pas du port du voile obligatoire, institution religieuse renforcée par le nouveau "plan de développement de la culture de la chasteté" et qui rend passible de plus importantes représailles les femmes qui manqueraient à cette loi. Les peines encourues sont la détention et la punition par flagellation, dont le nombre de coups de fouet est laissé à la discrétion du gardien de police qui aura jugé du mauvais comportement de la femme ou de sa tenue vestimentaire négligée.

En fait, le système tolère fréquemment la discrimination à l'égard des femmes et même certains membres de la classe dirigeante incitent à la violence en cautionnant cette forme de conduite discriminatoire ou tout au moins en ne la pénalisant jamais.

La discrimination contre les femmes en Iran se rencontre un peu partout dans les différentes classes de la société. Outre le fait qu'elles n'ont pas la même facilité d'accès à l'éducation et la scolarisation que les garçons, leur admission dans un hôpital pour recevoir des soins est problématique. Ainsi, le parlement iranien a adopté une loi sur "l'islamisation" des services médicaux qui ouvre notamment la voie à une séparation des sexes dans les hôpitaux et une différence de qualité de soins.

D'autre part, une campagne d'intimidation à l'égard de la presse s'est développée en stipulant que quiconque défendrait de façon illégitime les droits des femmes serait passible de l'annulation du permis de publication. Et lorsque l'on connaît le nombre considérable de rédacteurs en chef, soit incarcérés, soit exécutés pour avoir écrit des articles reconnus "diffamatoires" à l'égard de la loi islamique, nous pouvons craindre que la femme se retrouve totalement privée de ses droits.

A 9 ans, l'iranienne devient une femme. C'est la loi qui en décide ainsi. Quelles en sont alors les conséquences ? Prête à être mariée, la fillette devient la convoitise de mollahs âgés qui, souvent après avoir abusé d'elle sexuellement (certaines de ces fillettes se retrouvent à l'hôpital avec les organes génitaux mutilés car non encore épanouis), la revendent à d'autres mollahs et ainsi de suite... L'acceptation du " mariage provisoire " par la législation actuelle donne libre cours à cette forme d'abus. Une véritable exploitation sexuelle sous le couvert du mariage a lieu sans que le parlement ne s'en inquiète. Il n'est pas rare que la domination soit telle que la relation entre un homme trop âgé et une jeune fille se termine par le meurtre de celle-ci...


Thierry

Chiffres (Iran)


- L'article 1210 du code civil fixe l'âge de la puberté à 9 années lunaires ( 8 ans et 9 mois solaires ) pour les filles.

- Des milliers de fillettes iraniennes sont contraintes à se marier à des fins d'exploitation sexuelle, même avant l'âge de 9 ans et parfois à plusieurs reprises pendant un délai très court.

- Un père ayant 7 filles à charge a reçu 300 dollars comme compensation pour donner son autorisation au mariage d'une de ses filles.

- Certaines populations pauvres vendent leurs fillettes 33 dollars. D 'autres, vendent des fillettes de 8 à 10 ans 4 dollars pour se payer de la drogue.

- Près de 90% des mariages qui se terminent par des assassinats sont ceux qui concerne les couples où la différence d'âge est considérable.

- La législation iranienne comporte des dispositions prescrivant l'emprisonnement jusqu'à 12 mois, des amendes et la flagellation pouvant aller jusqu'à 74 coups de fouet pour des infractions relatives au code vestimentaire.

- La peine de mort est maintenue



Portrait

Daw Aung San Suu Kyi (1945)

Fille d'une diplomate birmane et d'un héros de l'indépendance nationale, Aung San Suu Kyi est le principal leader de l'opposition birmane démocratique contre la dictature militaire actuellement au pouvoir, et l'une des figures contemporaines emblématiques de la lutte non-violente.

Après avoir suivi ses études à Oxford, Suu Kyi travaille au Secrétariat de l'ONU à New York puis au Ministère des Affaires Etrangère du Bhutan. Mariée à un citoyen britannique, elle revient en Birmanie en 1988 et s'engage dans le "second combat pour l'indépendance nationale" alors que débutent les sanglantes répressions de la junte militaire contre le mouvement pro-démocratique.

Oratrice de talent, elle prononce des discours devant des milliers de personnes et fonde la Ligue Nationale pacifique pour la Démocratie (LND). " Vivre n'a pas de sens si nous ne luttons pas en faveur de la démocratie ", déclare-t-elle devant les foules attentives, ajoutant que " lutter n'a pas de sens si nous ne sommes pas capables de nous libérer de la peur ". Mais l'engagement inconditionnel de celle que l'on nomme désormais la "Dame de Rangoon" menace bientôt l'intégrité de l'armée sensible à son charisme ! Dès lors, le pouvoir l'assigne à résidence, fait fi de la victoire éclatante de la LND lors des élections de 1990 et intensifie ses répressions. Pourtant, rien ne tarit la détermination de Suu Kyi. Et lorsque les pressions internationales permettent sa libération en 1995, c'est par milliers que ses compatriotes viennent l'écouter et puiser en elle l'énergie nécessaire pour vaincre la peur face à l'oppresseur.

Aujourd'hui, placée sous haute surveillance, elle continue ses appels au dialogue. " Le jour viendra, a-t-elle dit à l'occasion du dixième anniversaire du massacre des étudiants en 1988, le cours de l'histoire est avec nous. Nous n'abandonnerons jamais. Aussi, n'abandonnez pas ". Plus que jamais, la "Dame de Rangoon" lutte pour l'avènement de la démocratie au Myanmar tout en réfutant " l'idée d'une société où les valeurs culturelles et humaines sont mises de côté et où la valeur suprême est l'argent ". Anticipant sur les événements, elle met en garde contre la " concurrence économique acharnée qui génère l'individualisme " prônant l'idée d'une société qui " privilégie l'être humain plutôt que le pouvoir, la liberté plutôt que le contrôle ". Une société où " le développement authentique des êtres humains repose essentiellement sur le sentiment de responsabilité et l'épanouissement intérieur " ; une société où les institutions économiques, politiques et sociales soient au service de cet accomplissement. Bref, la profonde influence d'Aung San Suu Kyi ne tient pas seulement à son pragmatisme et à sa détermination infaillible, celle-là même qui lui a fait refuser le retour en Angleterre vers son époux et ses enfants au prix de son silence, mais, également, à cette profonde sagesse entretenue par sa foi bouddhiste comme par l'esprit d'un Gandhi et d'un Mandela…

Pour sa lutte pacifique en faveur des droits de l'homme, elle a reçu de nombreuses distinctions dont le Prix Nobel de la paix qui a fait connaître au monde entier le visage d'une femme exceptionnelle dont le nom sera désormais lié à la prochaine démocratisation du Myanmar. Un modèle de femme pour les femmes de ce monde, un symbole de Paix pour toutes les nations !

> Texte "Portrait" issu de la rubrique "Etres" de Pascale


A bientôt !
Thierry


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