|
L'actualité
est en effervescence. Elle l'est depuis plusieurs mois et ne cesse
de faire des bulles. Il y a cette chaleur, cette montée des
températures. Réchauffement de la planète ou
simple cycle planétaire ? Il y a le débat sur les
retraites, suite. Rendez-vous à la rentrée ! Il y
aurait aussi une éventuelle avancée dans le processus
de paix entre israéliens et palestiniens. Belle feuille de
route économique disent certains. Il y a ce que cette feuille
dissimule : l'Irak avec son désastre humanitaire, avec ses
affrontements militaires quotidiens qui font toujours des dizaines
de morts dans les deux camps. Et les inspecteurs de l'ONU qui ne
trouvent toujours rien, aucun résidu chimique, même
dans les grains de sable du désert irakien
juste des
traces d'uranium appauvri ! ! ! !
Au milieu de toutes ces infos peu réjouissantes (en avons-nous
pris trop l'habitude ?), il y a le Sommet Global de la Femme à
Marrakech du 28 au 30 juin, en direct sur Fraternet. Il y a également
la première visite de Ngawang Sangdrol en France le 2 juillet.
Nous allons délibérément nous concentrer sur
ces deux dernières nouvelles, parce qu'elles parlent d'avenir,
proche, teinté d'espérance... comme les femmes chinoises
qui vont voir, peut-être, leur condition s'améliorer.
Je
vous souhaite une bonne lecture et vous remercie de votre confiance
renouvelée
Vous êtes plus de 2500 à ce
jour.
Thierry
Comme
je vous l'annonçais dans le numéro précédent,
le Sommet Global de la Femme va se dérouler à Marrakech
du 28 au 30 juin prochain. A cette occasion, Fraternet relayera l'information
relative à cette manifestation féminine grâce
à Mme Brigitte Cassigneul, rédactrice en chef de "
l'Annuaire-au-féminin ", partie assister au Sommet. La
page dédiée à ces infos sera actualisée
toutes les 10 heures afin de vous tenir informés régulièrement.
Bien
que le principal objectif de cette réunion soit de débattre
sur l'avenir économique de la femme dans le domaine de l'entreprise
et de la politique, les projecteurs se tournent également
sur leurs conditions de vie au quotidien souvent difficiles, freinant
leur épanouissement, celui-là même pour lequel
elles se réunissent ici, à Marrakech.
Une
ville de lumière pour tenter d'éclairer un peu plus
les zones d'ombres qui entourent le développement et l'accomplissement
des femmes dans nos sociétés, quelles qu'elles soient.
| Visite
de Ngawang Sangdrol le 2 juillet |
France
|
Le
CSPT (Comité de Soutien au Peuple Tibétain) a le plaisir
de vous informer que Madame Ngawang Sangdrol, ancienne prisonnière
d'opinion tibétaine, sera bientôt en France. Malgré
la durée extrêmement limitée de son séjour,
une
rencontre publique aura lieu le Mercredi 2 juillet 2003 à
19h 30, au FORUM, 104, rue de Vaugirard, 75006 PARIS - (Métro
: St Placide, Montparnasse, Falguière). Entrée libre
! Vous êtes les bienvenus. Mme Ngawang Sangdrol témoignera
de son combat pacifique pour le Tibet, et notamment de sa vie marquée
par plus de 11 ans de détention dans les prisons chinoises
au Tibet.
Mme
Ngawang Sangdrol, condamnée à 21 ans d'emprisonnement,
est née à Lhassa en 1977. Dès l'âge de
10 ans elle s'engage dans des actions de résistance pacifique.
En 1992, ayant participé à des manifestations politiques,
elle est arrêtée et condamnée à 3 ans
d'emprisonnement. En 1993, au sein même de la prison, elle
enregistre clandestinement avec 13 autres nonnes, des chants d'espoir
en faveur d'un Tibet libre, ce qui lui vaut 6 ans d'emprisonnement.
De 1996 à 2002, elle sera incarcérée dans la
célèbre prison de Drapchi près de Lhassa pour
ses manifestations répétées contre les autorités
chinoises. Elle y subit les interrogatoires, le harcèlement,
la torture, les coups et la mise à l'isolement. Si Ngawang
Sangdrol n'avait pas été libérée en
automne 2002, elle ne serait sortie de prison qu'en 2013.
Texte
issu du site Internet du C. S. P. T. (Comité de Soutien au
Peuple Tibétain - France) - Tibet : www.Tibet-Info.net,
Culture asiatique : www.eurasie.net
Je
vous invite pour ma part à prendre date pour rendre hommage
au courage de cette femme engagée pour la paix et la liberté
de son peuple, mais au-delà, de la liberté et de la
paix des hommes et des femmes du monde entier.
La
chine est en passe de condamner plus sérieusement le harcèlement
sexuel en ajoutant un amendement aux lois déjà existantes.
Xu Weihua, chef du département pour la protection des droits
des femmes en Chine, a déclaré que les législateurs
avaient commencé à réfléchir sur un
amendement concernant la protection des droits des femmes surtout
dans le cadre du harcèlement sexuel.
La promotion
et la protection des femmes seraient par ailleurs revues à
la hausse avec des nouvelles dispositions tendant à favoriser
l'insertion des femmes dans le milieu politique mais également
à renforcer leurs droits au niveau du travail, du mariage,
de la famille et de la protection sociale.
Le harcèlement sexuel préoccupe principalement les
législateurs car depuis quelques mois, des actes d'intimidation
et d'agression sont régulièrement révélés
et concernent toutes les sphères professionnelles. C'est
cas sont pourtant traités avec légèreté
par les tribunaux. De nouvelles lois plus claires et adaptées
viendraient donner plus de poids à la défense de la
victime au moment des procès. Les femmes qui ont eu connaissance
de cette disposition ont exprimé leur satisfaction. Cependant,
MA Yinan, un expert en législation relative aux droits des
femmes de l'université de Pékin, a émis des
réserves et a appelé les femmes à une certaine
prudence quant à leurs espoirs. Selon lui, même avec
cette nouvelle avancée légale, il sera toujours difficile
pour les victimes de prouver devant les tribunaux qu'elles ont subi
une ou plusieurs formes de harcèlement sexuel tant la pression
patriarcale du pays est séculaire
Reste à connaître
le degré de fiabilité et d'investissement du gouvernement
chinois. Pour ça, rien n'est moins sûr !
Mais peu importe ! Il est essentiel à mon sens que les femmes
chinoises puissent s'abandonner de nouveau à cette douce
et vive émotion qui naît de l'espérance.
| Se
battre en Retraite |
France
|
Alors
que le débat national sur les retraites crée l'animation, depuis
près de 2 mois, dans les rues, dans les chaumières et sur toute
la scène politique française, mais aussi
dans les weblog ;o) , il me semble bon d'attirer l'attention
- c'est le but de ce blogue ! - sur la retraite, spécifiquement
du côté des femmes.
Un
débat dans le débat ? En effet ! Il serait bon, sans aucun doute,
que cette croisade sociale sur les retraites puisse servir d'autres
causes, plus profondes relatives aux discriminations de genre. Car
si nous manifestons nombreux en surface pour garder certains acquis
sociaux pour nos vieux jours, le sous-sol lui, n'a jamais vu personne
! Normal, sur ce plan là, rien n'est acquis, tout est affaire de
lutte pour des droits encore fragiles à reconnaître et à promouvoir.
En
fait, comme l'explique Christelle Mailland, l'écart
de salaire qui existe entre les hommes et les femmes, et contre
lequel elles se battent depuis plus d'un siècle, se perpétue "naturellement"
au niveau des retraites. Les femmes reçoivent une indemnisation
bien inférieure à celles perçues par les hommes.
La
discrimination se poursuit jusque dans la tombe ! On ne va pas reprocher
aux maris de mourir plus tôt, mais si l'on considère une société
à tendance patriarcale, parfois plus qu'avérée, l'homme étant considéré
comme la principale source de revenu des foyers, la disparition
de celui-ci pèse plus sur le porte-monnaie de la ménagère du troisième
âge que si c'était elle qui "partait" avant. Femme, vieille et seule,
telle sont les perspectives de retraite de beaucoup de femmes en
France, mais aussi en Europe. Il serait donc à propos de faire d'une
lutte sociale d'envergure dressée contre des restructurations à
venir, une
remise en question du système initial qui discrimine un genre
sans qu'aucun n'ose réellement "user" ses baskets ou ses "Nike"
pour le remettre franchement en question.
Des
retraites équitables, c'est possible ! Centrons-nous sur le vrai
sujet, ne le minimisons pas, il concerne plus de 50% de la population
active et près de 70% des personnes à la retraite !
| Une
scolarité dangereuse ! |
France
|
Une enquête menée durant l'année scolaire 2001-2002 a réveillé les
vieux démons de la République. L'école républicaine serait donc incapable
de protéger efficacement tous ses enfants à qui elle est censée enseigner
ses valeurs universelles ?
Eh bien oui ! Plus de 1 400 cas d'agressions sexuelles perpétrés à l'égard des filles ont été révélés, jetant le doute dans les rouages de la machine éducative nationale. Mais, au-delà du chiffre brut, inquiétant en lui-même, ce dernier nous renseigne, par l'expérience analytique des statistiques, sur toute l'ampleur du problème. Tout d'abord sur le fait que nous pouvons lui appliquer une majoration relative de 50 %, si nous prenons en compte les cas restés emmurés dans le silence. Ensuite, bien que les filles soient plus exposées à ce type de violence, il convient de dire que certains garçons sont également sujets à des agressions sexuelles émanant de leurs congénères. D'une manière générale, la violence se développe selon une logique empirique que certains nomment le “School Bullying” et qui peut atteindre tous les élèves “faibles”. Il paraît alors nécessaire de poser une base de réflexion sur les causes et les conséquences de ces actes dégradants pour une société qui se veut moderne et porteuse de certaines valeurs " humaines ". Dans un tel système éducatif initialement élaboré et mis en place par des hommes dans le but de “faire” des hommes, puissants, productifs et obéissants, les filles ont eu du mal à s'intégrer, à se reconnaître. D'autant que dans l'école d'avant guerre (la deuxième, mondiale), lorsque la mixité était inconcevable, les filles ne recevaient pas un savoir de même nature que celui des garçons. Elles étaient “éduquées” dans l'objectif de devenir de “bonnes femmes” et de bonnes mères de famille, programmées pour satisfaire les besoins multiples, à la fois de leur époux mais aussi de leur progéniture. Leur épanouissement ne suscitait que peu d'intérêt en dehors du cadre précité. Ainsi, concernant leur accès à la scolarité, le moule initial n'était pas à leur mesure ! Encore à l'heure actuelle, au sein des collèges et des lycées, il est inconfortable, inadapté. Les filles ont tendance à être considérées comme plus fragiles, plus discrètes, moins battantes, moins “puissantes” et donc, restent prédestinées à un rôle de second ordre dans une société où il faut déployer des capacités de “chef de guerre” pour réussir. Bien que les choses aient quelque peu évolué dans le temps, les fondements restent les mêmes et il est difficile pour les filles, surtout dans certains quartiers sensibles, d'apprendre en toute sécurité sans qu'elles subissent la moindre réflexion, intimidation à un moment ou à un autre de leur scolarisation.
La violence sexiste s'exprime de manières multiples : verbale, psychologique
et physique. Toutes les trois sont aussi graves car liées les unes
aux autres par un scénario d'escalade de la violence qui se déroule
lentement si rien n'est fait pour l'arrêter. En effet, comme pour
la violence domestique, tout commence par une réflexion verbale, une
insulte, puis par de l'intimidation pour finir trop souvent par de
la violence physique en terme d'agression ou d'abus sexuel, parfois
collectifs. Les pouvoirs publics sont interpellés par le phénomène.
Il est plus grave qu'il n'y paraît car dans un système censé donner,
créer les bases de la société future, la violence fait peur. Déployons
alors les énergies pour que les esprits changent et que les consciences
évoluent. Participons à briser le silence ! Parlons ! Ce sera le meilleur
moyen, dans un premier temps, de faire la lumière sur les zones restées
obscures de notre humanité au cœur même de ce qui constituent son
moteur, heureusement perfectible : l'Enseignement. Nous serons sans
doute alors conduits à repenser les systèmes en place, trop violents
eux aussi dans leur fondement.
|
|