|
Bonjour
Dans
ce numéro, je vous propose d'aborder deux sujets qui me tiennent
à cur en regard des dernières actualités
relatives aux femmes. Une réflexion sur le féminisme
en france et une analyse sur la reconstruction de l'Irak qui risque
de se conduire, une fois de plus, sans que les femmes puissent réellement
s'exprimer et y participer !
Je
profite de cet éditorial pour vous annoncer la naissance
du site web centifolia, construit comme un weblog
(ou blogue en français) dans lequel vous retrouverez
des articles, à la fois ceux écrits pour FDDF, mais
aussi des inédits relatifs à mes réflexions
sur l'avancé ou le recul en matière des droits des
femmes. Mais afin de faire connaissance avec lui, je vous invite
à le visiter : http://www.centifolia.com.
En outre, dans un avenir très proche, je mettrai en place
un système - extrêmement simple - qui vous permettra
d'agrémenter automatiquement votre site web (si vous le désirez,
bien entendu) du contenu de "centifolia", site consacré
aux femmes et à leur univers. Alors, revenez vite !
Je
vous souhaite une bonne lecture et vous remercie de votre confiance.
Thierry
| Le
nouveau féminisme ? |
France
|
Ces derniers
mois, en France, le débat sur les fondements et l'évolution
du mouvement féministe a resurgi. Au milieu de la polémique,
se trouvent plusieurs facteurs qui sembleraient révéler
certaines divergences de vues sur la nécessité d'élaborer
un nouveau féminisme. Ainsi, il y a eu la marche
des femmes des quartiers qui s'est terminée le 8 mars 2003
et qui a surpris tout le monde, y compris les féministes de
la première heure. Faut-il redescendre dans les rues pour dénoncer
les conditions de vie quotidienne de certaines femmes et jeunes filles
des cités ? Ou faut-il se battre uniquement au niveau des institutions,
prendre le taureau par les cornes afin de le faire plier
et diriger son regard vers une réalité féminine
encore trop discriminée ? Les femmes reprochent aux femmes
une différence de combat, d'idéologie, de terrain, d'époque.
Le fossé social qui séparait ces filles des rues des
féministes plus traditionnelles s'est dévoilé
à l'occasion de cette initiative civique. C'est à ce
moment aussi, qu'Elisabeth Badinter fait éditer son dernier
livre « Fausse route : retour sur 30 années de féminisme »
dans lequel elle dénonce « les dérives du
féminisme ». Trop de différencialisme
et de victimisme, selon elle, ont dénaturé
les idéaux et la réalité des véritables
luttes qu'engageaient les féministes d'il y a 30 ans pour leur
droit, leur reconnaissance, leur protection, la parité et l'égalité.
Alors que la plupart des revendications se focalisaient sur la parité
dans le milieu politique et décisionnaire, des milliers de
femmes venaient témoigner de leur "reality show"
quotidien, en le jetant à la conscience des élus et
des quidams ébahis...
Mais, évitons de tomber dans le piège de la querelle,
de ce besoin alimentaire d'émotions - quotidien
lui aussi - dont l'être humain est prisonnier et qui le conditionne
à ne vivre l'évolution de la société qu'à
travers les guerres intestines des mouvements, souvent sans réelles
conséquences. « Ah ! Vous voyez, elles ne sont pas
d'accord entre elles. Les Chiennes de garde vont se bouffer
entre elles. » Attention ! Dans ce monde et la définition
de ses codes, dès lors que vous endossez la responsabilité
d'un mouvement de contestation, surtout lorsqu'il est féminin,
il ne faut surtout pas vous louper! Sinon, vous risquez
de perdre lamentablement votre crédit, votre identité
et la légitimité même de votre lutte. Mais soyons
juste. D'accord pour ne pas s'installer dans un statut de victime
persistant et récurant. Mais il n'existe pas - ou très
peu - de victime fiction. S'il a fallut 30 ans aux femmes françaises
pour atteindre le chiffre de 71 élues sur un total de 577 députés
(un peu plus de 12%) aux dernières élections législatives
de juin 2002, il y a de quoi se victimiser et se demander
ce qu'il faudrait imaginer de plus pour faire reconnaître son
existence, affirmer son identité ! Et vous vous rendrez compte
que ce sont toujours les victimes qui en viennent à s'interroger
sur elles-mêmes et sur les erreurs qu'elles auraient pu faire,
jamais ceux qui ont en charge le système qui tend à
les discriminer.
Bref, lorsque, toutes discriminations confondues, il apparaît
que seulement 5% des femmes font partie des conseils d'administration
des entreprises du CAC 40, 15% occupent des postes de dirigeantes
d'entreprises technologiques, 95% des patrons des grandes entreprises
sont des hommes. Mais aussi, que la France arrive au 13ème
rang européen pour la féminisation du parlement et qu'enfin
l'on enregistre environ 20% de femmes victimes de violence domestique,
il y a largement de quoi s'interroger. Je poserais une seule question
pour conclure : pourquoi les femmes, à travers les différents
mouvements féministes qui les représentent, doivent-elles,
depuis toujours, passer par la lutte et les revendications pour faire
valoir leurs droits ? Si cela vous semble normal, très bien,
laissons faire l'histoire et écoutons d'une oreille discrète
les slogans criés dans les rues ou les interventions télévisées
de femmes qui revendiquent le droit à exister à être
aimées. Ou bien, si la nature de ces combats vous semble injuste
et que vous les considérez comme des témoins indignes
de notre époque, alors, suivons, encourageons et conduisons
l'édification du nouveau féminisme, comme l'essence
même du nouvel humanisme. C'est, pour le bien de l'humanité
même, l'affaire de tous !
Thierry
| Les
vraies fausses raisons |
Irak
|
Alors
que le Département d'Etat américain scande à
qui veut l'entendre que l'Irak a été débarrassé
du joug du régime de Saddam Hussein, en partie pour rendre
sa liberté au peuple irakien, et en particulier aux femmes,
les
observateurs internationaux s'interrogent. En effet, la légitimité
de cette guerre ayant été largement contestée
par une grande partie des peuples du monde, surtout par les pacifistes
et partisans d'une résolution sans armes du problème
irakien, le Département d'Etat est toujours en quête
de preuves irréfutables, susceptibles de justifier
son intervention !
Et, comme par magie, un parallèle avec les femmes afghanes
tombe à point nommé. Grotesque hypocrisie qui se révèle
par deux points principaux. Tout d'abord, les
femmes afghanes n'ont pas été sauvées suite
à l'intervention américaine et le
travail des ONG sur place est là pour le
prouver. Ensuite, tous les spécialistes de l'Irak et
les historiens sont d'accord pour dire que ce peuple a toujours
été précurseur sur tous les autres pays musulmans
de la région lorsqu'il fallait garantir aux femmes la plupart
de leurs droits fondamentaux. Les Irakiennes avaient plus de liberté
que les femmes afghanes avant l'arrivée même des Talibans
à Kaboul. Le régime dictatorial de Saddam Hussein
n'a pas plus opprimé les femmes que les hommes, opposants
politiques, Chiites ou Kurdes. La tyrannie du Raïs de
Bagdad ne faisait pas de distinction de sexe : il utilisait
tous les moyens de répression à sa disposition afin
d'instaurer la terreur, se servant alors des femmes comme outil
de pression interne ou vitrine de propagande à destination
des observateurs internationaux qu'il trompait. Et tous les dirigeants
des pays riches fermaient les yeux avec complaisance sur le caractère
perfide et génocidaire de ses agissements. Aujourd'hui, à
l'heure de la reconstruction démocratique de
l'Irak, il est temps de surveiller si les femmes pourront jouer
leur rôle au côté des hommes comme elles le réclament
si justement. Rien n'est moins sûr aux vues de la première
grande réunion qui s'est déroulée le 15 avril
à Bagdad ! En effet, elles n'étaient que cinq à
y avoir été conviées. De toutes façons,
s'il faut compter sur la participation des femmes, il faudra tout
aussi en accepter les spécificités en matière
de sensibilité pour ce qui concerne leur conception de la
vie politique, civique et sociale. Les femmes sont reconnues comme
étant beaucoup moins enclines aux luttes de pouvoir et aux
arrangements politico-financiers. Peut-être parce que les
hommes les ont écartées depuis longtemps de la sphère
décisionnaire et qu'elles ne sont pas, comme la plupart d'entre
eux, corrompues aux vertiges du pouvoir. Peut-être et surtout
parce que leurs préoccupations sont ailleurs. Ce qu'elles
veulent, c'est construire un avenir qui serait favorable à
leur épanouissement et à celui de leurs enfants, au
côté de leurs homologues masculins, il va sans dire.
Mais qui les écoutera ?
La question essentielle pour les intervenants internationaux - et
surtout américains - impliqués dans ce remodelage
de la région est de déterminer si les femmes ne constitueraient
pas un frein dans la réussite des accords économiques,
en pourparler actuellement, liés à l'exploitation
des richesses pétrolières du sous-sol irakien. Nous
pouvons aisément imaginer un gouvernement constitué
à égale proportion de femmes et d'hommes. Les priorités
revendiquées ne seraient résolument pas les mêmes.
En simplifiant les tendances : nourriture, égalité
sociale et respect des droits pour la gente féminine ; pétrole,
luttes ethniques de pouvoir et violation des droits internationaux
relatifs à l'exploitation de l'or noir pour la gente masculine.
Et, pour l'instant rien n'a été spécifié
par les différents protagonistes à la réédification
du pays quant à l'effort particulier consenti en direction
de la
participation des femmes au nouveau gouvernement.
Oui, le peuple irakien souffrait sous le régime de Saddam
Hussein. Oui, les femmes étaient, aussi, maltraitées.
Mais, c'est dans les jours, les mois qui viennent, lorsque le nouveau
paysage politique irakien sera révélé en filigrane,
que nous pourrons entrevoir - juste la partie visible de l'iceberg
- si l'enjeu de cette campagne aura été humain ou
délibérément
stratégique
Pour nous, observateurs avertis de ce ballet de rois de pacotille,
il est toujours temps de ne pas laisser encore une fois l'histoire
inscrire dans le cur des plus purs(es) les maux
de la désillusion. Tout reste à construire pour le
peuple irakien. Et c'est à ce niveau que l'on distingue la
vraie valeur, la profondeur, la véritable intelligence d'un
être ou d'un groupe d'individus de celles ou ceux qui se sont
limités dans leur identité par des tentations belliqueuses.
Détruire ou créer, telle est l'alternative fondamentale
qui s'offre à l'être humain. La destruction est le
langage de la perfidie, de la division et de la lâcheté
morale et spirituelle. La création fait appel à un
autre mode de communication plus subtile, accessible uniquement
aux amoureux de l'humanité, de l'union actuelle et à
venir des peuples de la terre. Pour l'heure, les femmes apporteraient,
sans aucun doute, le ciment de vie indispensable à cette
tentative de rebâtir une nation sur les ruines et les morts
d'une énième guerre, de vaine gloire !
Thierry
Je
vous propose de découvrir le témoignage de quelques
femmes qui ont eu le courage et la grandeur d'âme de donner
et de partager, pendant le temps d'une lecture, leur vie...
Je m'efface devant leur humanité !
Vivre une maladie
- Les
"os de verre"
- Corps
ennemi, corps ami
Souffrance
- La
souffrance et son dépassement
- Manon
ma joie, Manon ma douleur
- Moment
de vie
|
|