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Le 8 mars 2003 prochain et comme chaque année depuis 1977,
date à laquelle l'ONU a institué La journée
internationale de la femme, une partie du monde va célébrer
les femmes. Cette célébration permettra,
compte tenu des manifestations mondiales attendues, de revendiquer
des droits qui n'ont pas encore été acquis après
plusieurs années de luttes. Elle permettra ainsi de constater
le peu d'évolution accordé aux droits des femmes en
regard de ce qui a été promis, signé ou ratifié.
Mais, restons optimiste et donnons-nous la possibilité, malgré tout, de
nous rejouir des quelques améliorations effectuées, des prises de consciences,
si petites soient-elles, simplement pour garder courage, confiance
et suffisament d'énergie pour les combats à venir.
Dans ce nouveau Fraternet Droits des Femmes, le premier
de l'année 2003 (et oui, veuillez me le pardonner
je
vous en explique la raison ci-dessous), nous aborderons particulièrement
la violence domestique à travers une invitation de lecture
et quelques chiffres révélant ce phénomène répandu en Europe.
Ce numéro sera complété par une actualité
sur la recrudescence de viols en Afrique du Sud. Enfin, nous terminerons
avec quelques références de sites web relatant des
manifestations qui auront lieu cette journée du 8 mars !
Je
vous remercie de votre fidélité et de votre patience
Appel
:
Chères
- Chers - abonné(e)s,
j'ai
décidé de créer une structure professionnelle
de journaliste-photographe (une mise en uvre qui m'a extrêmement
occupé ces derniers mois, d'où un certain retard à
l'édition de cette newsletter). Cette démarche qui
résulte d'une profonde vocation sera destinée à
mettre en valeur la vie - et l'avis - des femmes tout autour de
la planète. Je sais que ce projet, très personnel,
concerne malgré tout beaucoup d'êtres engagés
dans la même voie.
Bien qu'ayant développé, depuis toutes ces années
consacrées aux droits des femmes, une expérience non
négligeable, j'ai parfaitement conscience qu'elle reste néanmoins
insuffisante pour ce nouveau défi que je me suis fixé.
Voilà pourquoi j'aurais indéniablement besoin aujourd'hui,
de conseils, amicaux et/ou professionnels, de contacts pour aller
plus loin dans l'aboutissement de mon projet (partenariats, propositions
d'accompagnement de missions, rencontres, sujets de reportages,
etc.). Une discussion (via email ou autres si possibilités)
avec celles et ceux d'entre vous qui se sentiraient concerné(e)s
pourrait être initiée dans ce sens.
Pour
bien intégrer les fondements de ma démarche, je vous
invite à consulter un dossier-profil que j'ai réalisé
et mis en ligne à cette adresse :
http://www.centifolia.com
N'hésitez
pas à me confier vos impressions (elles sont - et ont toujours
été - précieuses). Elle permettront sans aucun
doute une concrétisation plus rapide de ce projet qui me
tient à cur
Je
vous en remercie chaleureusement et amicalement par avance.
Thierry
Afrique
du sud
Les
procureurs Sud-africains adoptent une attitude beaucoup plus ferme
face aux viols perpétrés sur les femmes et les fillettes.
Dans
la banlieue de Soweto, au milieu d'une cour, une petite fille de
11 ans est allongée sur un tapis. Elle tourne, presque indifférente,
les pages de ce qui semble être un livre d'images. A cette
heure de la journée, elle devrait être assise sur un
des bancs de sa classe ou alors, jouer avec ses amies. Au lieu de
cela, elle apprend comment témoigner contre l'homme qui l'a
violée !
Les cas de viols en Afrique du Sud ont atteint des proportions alarmantes,
frappant particulièrement les femmes dans des endroits accablés
par la pauvreté tels qu'aux alentours de Soweto. Mais ce
qui est peut-être bien plus déstabilisant, c'est le
nombre croissant de viols d'enfants. Ici à Soweto, 70% des
agressions sexuelles sont perpétrées contre des enfants
parfois même nouveau-nés.
Ainsi, il a été recensé environ 50 000 viols
pour la seule année 2001. Une estimation fait état
d'une femme violée toutes les 26 secondes et d'un enfant
toutes les 15 minutes.
Il semblerait que la pauvreté et le nombre élevé
de personnes atteintes du SIDA soient un des facteurs aggravant
les abus sexuelles, surtout sur les fillettes encore vierges
et non porteuses du virus. Mais personne, au fond, n'arrive à
expliquer les causes profondes de cette recrudescence de viols en
Afrique du Sud.
Certains avancent l'hypothèse de la forte soumission des
femmes face aux hommes. Ce comportement aurait été
accentué par les longues années de ségrégations
où les hommes dominés, recouvraient leur identité
en dominant démesurément, à leur tour, leurs
proches, en particulier femmes et filles.
Il apparaît donc nécessaire, voire vital, pour toutes
ces femmes et ces enfants, que le système judiciaire se renforce
d'un point de vue législatif et exécutif pour combattre
ce fléau toujours incontrôlé à l'heure
actuelle. En effet, sur les 50 000 viols reconnus, seulement 10%
ont abouti à des inculpations. Afin d'accélérer
le processus de rémission, le gouvernement a installé
29 nouvelles cours de justice consacrées spécialement
au viol comme celle au Nord de Protea. En outre, une formation spécialisée
des juges et des avocats a été prise en charge par
un plan du gouvernement. Devant ces mesures, certains restent optimistes,
d'autres le sont moins. Kelly Hatfield, ancienne directrice du mouvement
Peuple opposé aux abus à l'égard des
femmes affirme de son côté : « J'ai
beaucoup d'espoir
Si nous avons pu réduire la ségrégation,
nous pourrons diminuer la violence contre les femmes... ».
En moins de temps, nous l'espérons et avec l'aide d'une communauté
internationale plus impliquée.
Julia
Rios - Histoire vécue
C'est
à Baependi, petit village à l'intérieur des
terres, situé à 300 km de Rio, que Julia rencontre
Bradley. Nous sommes en 1979, en pleine période de carnaval,
ce moment où le Brésil rêve, chante, danse,
oublie une partie de sa misère. C'est le moment aussi où
les familles se réunissent et où l'amitié,
la fraternité, l'amour s'expriment, débridés.
Sous l'impulsion de ses amies et sans attirance particulière
au premier abord, Julia accepte d'accompagner ce touriste
suisse, un peu perdu au milieu de la foule. Il ne connaît
pas un mot de brésilien, Julia, elle, parle français.
Alors que Julia ne donne aucun signe d'attachement à l'égard
de Bradley, lui, multiplie les avances et insiste fortement sur
ses sentiments. Finissant par interpréter cette attitude
comme du harcèlement amoureux Julia accepte de
suivre Bradley en Suisse. Elle était sur le point de rentrer
en université de Biologie au Venezuela mais, sous les arguments
de Bradley, accepte de poursuivre ses études à Genève
Nous sommes en 1980.
Les
douze années qui suivirent furent pour Julia une descente
en enfer, un cauchemar éveillé qui l'a entraînée
au bord du suicide. Tout a commencé doucement, innocemment,
dirons-nous. Les premières brimades sur sa tenue vestimentaire,
les premières obligations sexuelles, les premières
restrictions, les premières injures, la première gifle,
le premier viol. Puis, comme le ronronnement permanent et assourdissant
d'une machine, les mêmes actes de violence ont pris, lentement
et sournoisement, possession de son esprit, de son cur, de
son corps, de sa vie tout entière. Elle est devenue la chose
à travers laquelle s'est exercée la phobie destructrice
de son époux. A l'instar de toutes les femmes qui subissent
la violence domestique de leur compagnon, Julia vivait de l'espoir
contenu dans les moments de répit, périodes où
Bradley redevenait gentil, mielleux, tendre. « Il peut
changer
mon amour va lui permettre de sortir de cette violence
intérieure qu'il exerce sur moi », « Un
enfant va lui donner tout ce qu'il n'a pas reçu, cela va
le stabiliser » se disait-elle. Violée une nouvelle
fois, elle eut un fils qui fut durant des années, son seul
lien avec la vie, sa seule envie de vivre et de se donner
De
chutes en rechutes, de chantages affectifs en manipulation psychologiques,
d'agressions physiques en viols répétés, Julia
a sombré dans l'inexistence, le déni d'elle-même
à travers sa condition de femme battue, la perte d'identité.
Elle a connu aussi l'incompréhension de certaines institutions
qui étaient censées lui venir en aide et la soutenir.
Elle s'est retranchée dans une lutte amère et souvent
humiliante pour survivre, pour s'en sortir ! et quitter
l'enfer dans lequel elle avait glissé et failli se noyer.
Des rencontres amicales, parfois fortuites, lui ont ouvert les yeux
et lui ont donné cette nouvelle énergie qui l'a poussé
à prendre les décisions vitales pour elle et ses enfants.
Mais surtout, c'est l'aide fidèle de plusieurs centres d'accueil
pour femmes en détresse qui lui a permis de garder l'espoir
et de se reconstruire, lentement, une identité
Le
récit que nous livre Julia nous plonge dans cet univers terrible
de la violence conjugale. Le lecteur entre de plein fouet dans la
vie privée d'un couple abandonné à la dérive
sur un océan de larmes et de souffrance. Un face à
face avec une réalité qui, tour à tour, nous
glace, nous brûle, nous soumet, nous révolte et finit
par nous faire tomber dans Le Piège de Julia.
Il faudra tout son courage, tout son acharnement et tout son amour
pour que nous en sortions, libérés, au même
moment qu'elle.
Thierry
Le
Piège La violence au quotidien - Editions Cabédita,
CH-1137 Yens sur Morges - http://www.cabedita.ch
| Chiffres
clés |
Violence
Domestique
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Etat des lieux en Europe.
Avant
d'énoncer un certain nombre de chiffres relatifs aux actes
de violence domestique qui ont lieu en Europe, dont certains pays
seront mis en exergue, il paraît important de souligner que
les Européens sont conscients des drames familiaux qui se
déroulent à l'intérieur des murs de certaines
de leurs maisons. En effet, au sein des quinze pays membres de l'Europe,
4% seulement d'Européens n'ont jamais entendu parler de la
violence domestique. Près de 90% en ont pris connaissance
au moyen de la télévision, 65% par la presse écrite
et 44% par la radio (eurobaromètre - enquête de la
commission européenne 2000).
a)
Statistiques générales
- En
Europe, selon les pays, de 20 à plus de 50 % de femmes sont
victimes de violences conjugales.
- On
estime également que, pour les femmes de 15 à 44 ans,
la violence familiale est la première cause de mort et d'invalidité,
(plus encore que le cancer, les accidents de la route, les conflits)
et qu'elle entraîne des coûts aussi bien au niveau des
services médicaux et de santé que de l'emploi, de
la justice et de la police.
- En
Europe, chaque semaine, une femme est tuée par son conjoint.
(Commission
Européenne pour l'égalité des chances - Conseil
de l'Europe - juillet/2002)
- 25
% des crimes concernent un homme ayant agressé sa femme ou
sa partenaire.
- 1
seul cas de violence sur 20 est signalé à la police.
(Enquête
Eurobaromêtre - 1999)
b) Statistiques par pays
I - Espagne
- L'alcool
et la consommation de drogue n'intervient qu'une fois sur cinq (20%)
dans les cas de violence domestique. (Themis, 1999)
- La
même étude relève que les victimes retirent
leur plainte dans 56% des cas.
- Selon
les organisations féministes espagnoles, 90 femmes sont mortes
en 2001, victimes de violence domestique.
II
- France
- La
dernière étude nationale en France a montré
qu'en 2001, 1,35 million de femmes ont été victimes
de violence domestique. (Conseil de l'Europe - juillet/2002)
- 60%
des interventions nocturnes police-secours à Paris concernent
les violences conjugales.
- Tous
les 15 jours, 3 femmes sont tuées par leur conjoint. (Etude
Henrion pour le Ministère de la santé - juin 2001)
- les
agressions physiques ou sexuelles sont rares en dehors du milieu
familial ou de la sphère privée et sont respectivement
de 1,7 et de 1,9 %.
(Secrétariat
d'Etat aux Droits des Femmes - 1999)
III
- Allemagne
- Une
femme sur trois a été victime de violence domestique
à une époque de sa vie.
(ONU - 2000)
- 14,5
% des femmes ont subi des violences sexuelles par des membres de
la famille. (Lobby européen des femmes - 2000)
IV
- Les autres pays
- Au
Portugal, parmi les victimes de femmes violentées, 52,8%
l'ont été par leur partenaire/conjoint.
- La
Norvège compte 4 millions d'habitants et l'on estime que,
chaque année, 10 000 femmes norvégiennes reçoivent
des soins pour des dommages corporels engendrés par la violence
familiale.
- En
Russie, 13 000 femmes sont tuées chaque année, pour
la plupart par leur mari ou partenaire.
- En
Albanie, selon des statistiques enregistrées, la moyenne
des femmes battues par leur époux se situerait entre 40 et
80 %. (ONU - 1999)
- En
Finlande, le nombre annuel d'appels téléphoniques
vers les commissariats relatifs à la violence domestique
se situe entre 10 000 et 12 000.
- En
Italie, une investigation conduite par la police de la ville de
Rome ainsi qu'une ONG a rapporté plus de 6 522 cas de violence
domestique, en 1997.
- Aux
Pays-Bas, une étude faite en 1998 a révélé
qu'environ 211 000 femmes ont été victimes de violence
perpétrée par un proche.
- En
Grande-Bretagne, les femmes battues, pour la grande majorité
au sein même de leur foyer, représentent près
de 1/4 de la totalité des femmes.
- En
Suède, chaque année, 25 à 30 femmes sont battues
à mort par leur conjoint. (Institut suédois)
- En
Suisse, une femme sur cinq (soit autour de 21 %) a subi des violences
physiques ou sexuelles dans sa vie de couple et à peu près
40 % souffrent de violence verbale ou psychologique. (www.prevention.ch
- 1999)
- En
Turquie, près de 30 % des femmes sont battues, régulièrement
pour la majorité d'entre elles, par leur conjoint ou par
des membres de leur famille. (feminist News - 2000)
| Liens |
Le
8 Mars 2003 - J.I.F.
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Sites
à consulter avant et après le 8 mars - Journée
Internationale de la Femme :
http://8mars.online.fr/sommaire.php3
http://journee-de-la-femme.com/
http://www.swc-cfc.gc.ca/dates/iwd/index_f.html
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