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Chères lectrices, chers lecteurs
La rentrée donne naissance à bon nombre de dossiers
dans lesquels les droits des femmes trouvent une place prépondérante.
Les discussions, les réformes, les efforts et les remises
en questions ne manquent pas. Ainsi, le sommet de la terre a essayé
de redéfinir la place des femmes dans le monde futur et le
rôle qu'elles y joueront. Le thème de la prostitution
échauffe l'Europe et le Canada, les femmes afghanes cherchent
toujours leur identité et s'interrogent encore sur leur avenir...
Bref, ça bouge. Et c'est là l'essentiel ! Le mouvement
est préférable à la stagnation. Et même
si les changements ne vont pas, dans un premier temps, dans le sens
espéré, ils restent riches d'enseignements et de prises
de conscience.
De grand textes vous attendent. Prenez votre temps...
Je vous remercie de votre fidélité et vous souhaite bonne continuation
dans votre lecture.
Thierry
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ANNONCE DE l'EQUIPE DE FRATERNET
- Association LATITUDE -
Particulièrement investie en faveur du respect des droits humains,
l'équipe de Fraternet vient de fonder une association destinée à
offrir aux condamnés à morts du Texas une chance d'échapper à leur
exécution en finançant les services d'avocats compétents susceptibles
de sauver leur vie.
Bryan Eric Wolfe a besoin de nous. Enfermé depuis plus de neuf ans
dans les couloirs de la mort, il attend le jour de son exécution
qui pourrait avoir lieu à la fin de cette année... A moins que nous
puissions rapidement lui offrir un avocat.
Si donc vous refusez de vous sentir impuissants face à la négativité
du monde, si vous désirez apporter ne serait-ce qu'un grain de sable
à l'édification d'un monde meilleur, venez visiter le site de l'Association
Latitude. Vous comprendrez que notre action n'a pas pour but de
clamer l'innocence de tel ou tel "criminel" mais de mobiliser les
consciences et les efforts du plus grand nombre en faveur du caractère
sacré de toute vie humaine.
En rejoignant un instant l'univers de centaines de prisonniers perpétuellement
soumis à l'inhumanité la plus totale, en faisant connaissance avec
Bryan à travers son dossier, vous aurez certainement envie de vous
joindre à nous pour tenter de sauver sa vie. Vous pourrez lui venir
en aide en adhérant ou en achetant le Cd-Rom de cliparts réalisé
par l'équipe de Fraternet. Il faut faire vite, les jours de Bryan
sont comptés !
Mais si notre combat devient aussi le vôtre, Bryan aura sans doute
une chance de vivre...
>> Site de l'association : www.association-latitude.org
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| Actualités |
...août
- septembre 2002
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L'essor économique de la Bosnie
Depuis 2 ans, le trafic de femmes de l'Est - surtout Roumaines,
Ukrainiennes ou Moldaves - en direction du marché de la prostitution
bosniaque s'est intensifié dramatiquement. Rien d'original dans
la mise en place de procédures connues et que bien d'autres pays
- d'Asie en particulier - ont depuis longtemps expérimentées avec
succès dans la manière d'alimenter un marché lucratif à souhait
: offres d'emplois factices, enlèvements, fausses escortes avec
faux passeports offerts aux femmes désirant fuir leur pays. Mais,
inexorablement, le même enfer au bout du chemin où les lumières
éblouissantes qui nourrissaient les rêves d'une vie meilleure se
changent en fades lueurs éclairant les pièces trop petites et insalubres
des bordels bosniaques.
Au Nort-Est de la Bosnie, dans une zone de libre marché appelé "Arizona",
à la frontière de la Serbie, fleurissent nombre de night-clubs.
A l'intérieur de ceux-ci, les filles sont tout d'abord forcées à
se prostituer au seul profit de leur propriétaire pour être ensuite
vendues entre 500 et 3000 Euros à des tenanciers de bordels parsemés
dans tout le pays. A l'heure actuelle, d'après les estimations de
l'Organisation Internationale de la Migration (OIM), plus de 10
000 femmes étrangères ont été introduites dans ce circuit d'exploitation
sexuelle en Bosnie. La crise économique que traverse le pays depuis
plusieurs années facilite le développement de ce trafic, impliquant
le plus petit criminel jusqu'à certains hauts fonctionnaires de
l'état. Les policiers se font également les complices de certains
convois qu'ils protègent en se faisant payer en retour, soit par
des primes, soit par des services sexuels gratuits.
Au milieu de ce drame humain, les forces internationales présentes
sur place sous l'égide des Nations Unies ont fait l'objet d'enquêtes
qui ont révélé aussi leur complicité - à travers les actes de certains
officiers - dans des trafics de femmes. Un programme spécial qui
s'intitule "S.T.O.P." a été lancé pour prévenir et juger ce genre
de débordement. Mais ce projet est allé plus loin dans son investissement
local. En effet, la directrice, Mme Celhia de Lavarene, a voulu
élargir son action à l'inspection de tous les établissements publics
du type café-bar et discothèque. Chaque contrôle rassemblait une
équipe composée de près de 50 policiers, d'un juge dépêché par le
ministère de la santé et d'inspecteurs financiers. "S.T.O.P" a conduit
279 inspections entre juillet 2000 et fin février 2002 sur 189 établissements
suspectés de vivre du trafic de filles et de la prostitution forcée.
Parmi ceux-là, 43 seulement ont été fermés, 2 ont changé d'activité
et 21 ont fait l'objet d'une procédure judiciaire avec une condamnation
à l'issue. Ce résultat n'est pas satisfaisant pour Mme de Lavarene
car il est freiné par la corruption importante dans ce domaine.
Le trafic de femmes est aussi lucratif que le trafic de drogue !
Leur âge oscille entre 12 et 36 ans. Les plus jeunes sont enlevées
dans leur pays d'origine et introduites par un autre circuit spécial
"fillettes".
Bien que des mesures pourraient être prises par le gouvernement
pour ralentir la propagation de ce marché, en attendant de nouvelles
lois préventives et punitives pour ce genre de crime, rien n'est
véritablement entrepris. Sans doute que l'exploitation de cette
"marchandise" humaine panse indirectement la crise économique actuelle
du pays. Il n'est plus suffisant d'utiliser les femmes pour éponger
le sang des guerres : les sociétés en déclin s'en servent aujourd'hui
pour redresser leur économie !
Thierry
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Droits des femmes et Sharia
LaShawn R. Jefferson, responsable au sein de l'organisation humanitaire
Human Rights Watch, a récemment fait paraître un article dans le
Wall Street Journal dénonçant les atteintes dont les femmes font
l'objet dans les états où la Charia est en usage. La directrice
de la division “Droits des Femmes” exprimait alors sa révolte face
aux crimes dont se rendent coupables les gouvernements qui imposent
à leur population leur interprétation radicale et perverse de la
loi islamique. Elle s'étonnait que les gouvernements occidentaux,
si attachés par ailleurs à combattre le terrorisme islamiste, restent
autant silencieux quant au sort des femmes dans ces pays...
Au titre des violations des droits fondamentaux des femmes, l'on
peut donner l'exemple de cette Nigérienne condamnée à être lapidée
pour avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Et LaShawn Jefferson
de citer également l'Arabie Saoudite où le témoignage d'une femme
devant une cour vaut la moitié de celui d'un homme, le Pakistan
où une femme violée qui demande justice doit présenter quatre témoins
masculins, le Maroc où le code du statut personnel confère à l'homme
seul l'autorité sur toute la famille...
Et ce ne sont là que d'infimes exemples comparés aux outrages innombrables
que subissent les femmes dans leur vie quotidienne, aux traitements
cruels qu'elles endurent sous des régimes se déclarant faussement
de l'Islam puisque, en réalité, ils en souillent les valeurs fondamentales.
Comment donc ne pas approuver la responsable de HRW lorsqu'elle
demande à la communauté internationale de faire pression sur les
états dits “islamiques” pour qu'ils mettent leur législation en
accord avec les standards internationaux en matière de droits humains ?
L'on ne peut, en effet, que souhaiter vigoureusement que la triste
condition des femmes ne soit pas juste un prétexte à des interventions
militaires, comme ce fut le cas pour l'Afghanistan, mais qu'elle
interpelle vraiment les consciences par-delà les intérêts économiques
des grandes puissances. Est-ce trop demander ?
Geoffroi
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Promotion de la femme Kenyane sur le plan politique.
A ce jour, quatre conférences internationales ont été consacrées
aux femmes dont celle de Nairobi en 1985. Cette conférence des Nations
Unies était chargée d'examiner et d'évaluer les résultats de la
situation des femmes dans le monde. Elle soulignait notamment la
nécessité d'une meilleure participation des femmes dans tous les
domaines et ce en tant que partenaires égales aux hommes. Le Programme
des nouveaux objectifs était intitulé : Les stratégies prospectives
de Nairobi pour la promotion de la femme d'ici l'an 2000 ".
Aujourd'hui, on notera une évolution dans la participation des femmes
aux votes électoraux. Par exemple dans différentes régions rurales,
le nombre des votantes a dépassé celui des votants ; spécialement
dans les provinces à dominance musulmane de la Côte et de l'Est
du Kenya comme dans la circonscription de Kinango du quartier de
Kwale où 21351 femmes ont voté contre 20074 hommes. Au total, dans
le quartier de Kilifi 87352 femmes ont voté contre 74880 hommes.
On remarquera une participation semblable dans la région du Nord-Est
du pays dans les circonscriptions de Fafi, Ijara et Mandera East.
Quant aux régions plus sèches, Moyale, Kitui, Mwingi, Marsabit et
Isiolo quartiers de la Province de l'Est, on enregistrera un nombre
similaire de votantes et de votants. Mais la situation change dans
les régions agricoles où le vote des hommes est supérieur à celui
des femmes, c'est le cas de Rift Valley, Central, Western et une
partie des provinces de Nyanza. Il en est de même dans le quartier
de Nyandarua où le nombre total de votantes enregistré est de 80508
comparé à celui des hommes votants qui est de 92580 ; ainsi qu'à
Nyeri où l'on recense 146794 femmes contre 159936 hommes.
Le cas se répète à Kirinyaga, Murang'a, Maragwa, Kiambu et Thika.
Quant à Nairobi, la Commission Electorale du Kenya montre que bon
nombre de femmes ne prennent pas part aux votes et que le nombre
de votantes enregistré est moitié moins important que celui des
hommes. Le nombre total de votants hommes est de 593606 et de 300843
pour les femmes. Tous ces chiffres montrent qu'un pas de géant a
été accompli pour l'évolution des femmes au sein de la société kenyane
mais que de gros efforts restent à fournir dans le sens de la démocratie
pour accorder aux femmes les mêmes statuts qu'aux hommes.
Espérons que ces efforts se généraliseront dans le monde, en particulier
dans les pays à forte tendance patriarcale dans lesquels les femmes
ont peu de moyens de s'exprimer et de faire entendre leurs droits.
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Le droit au divorce de la femme en Iran
A la fin du mois d'août 2002, le Parlement iranien a adopté un nouveau
projet de loi visant à étendre les droits des femmes en cas de divorce.
C'est une véritable révolution en matière juridique que celle d'accorder
aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes, ce qui ne fut pas une
mince affaire pour les réformistes placés face à leurs opposants
conservateurs ! Dans ce nouveau texte, une fois le divorce prononcé,
la Cour accorderait pour la première fois aux femmes le droit à
une pension alimentaire et les initierait aux procédures de divorce
sans l'accord de leur mari jusqu'alors obligatoire. De plus, l'adoption
de ce texte empêcherait les hommes d'obtenir leur divorce sans raison
valable, comme l'a souligné une parlementaire pro-réformatrice de
Téhéran, Fatemeh Haghighat-Jou, l'une des 20 femmes siègeant au
Parlement qui compte 290 membres.
Dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui demandent le divorce.
Les jugements qui furent autrefois favorables aux époux qui répudiaient
abusivement leur femme, deviennent maintenant plus nuancés d'autant
que désormais des femmes siègent dans les tribunaux ; aujourd'hui,
elles sont deux juges et beaucoup sont conseillères. Devant le Tribunal,
la femme ne pesait que la moitié d'un homme c'est-à-dire que deux
témoignages de femmes valait celui d'un homme. Après le divorce,
la garde des enfants revenait systématiquement au père lorsque le
garçon était âgé de 2 ans et la fille de 7 ans. Au cours des dernières
années, cette condition inique n'a connu que peu d'améliorations.
Mais ce nouveau texte de loi doit encore être approuvé par le Conseil
des Gardiens de la Révolution qui est un organisme de contrôle tenu
par les conservateurs et chargé d'examiner le caractère constitutionnel
de la nouvelle législation. La Cour a quelques fois accordé le divorce
aux femmes qui avaient convaincu le Tribunal que leur mari les frappait,
qu'il était fou, drogué, impuissant sexuellement ou qu'il était
incapable de subvenir aux besoins des siens, causant des perturbations
dans la vie familiale mais tout cela, seulement après de longues
et coûteuses poursuites judiciaires.
Craignant un nouvel affrontement avec les Gardiens de la Révolution
à propos de ce projet de loi, la parlementaire Fatemeh Haghighat-Jou
affirma que la cause de la hausse du divorce en Iran venait de la
pression sociale et non d'un laxisme de la part des législateurs.
Depuis quelques années, les Iraniennes relèvent la tête pour combattre
l'oppression et la discrimination dont elles sont l'objet. Gageons
qu'avec le nombre croissant de femmes instruites, elles pourront
augmenter le taux de 12% de la population active et retrouver leur
dignité, plus d'égalité et une place dans la société équivalente
à celle des hommes ; tout espoir leur est désormais permis.
Anne
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Pétition des femmes à travers le monde pour la Paix en Tchétchénie
Voici un appel lancé aux femmes du monde entier pour protester contre
la tragédie qui se déroule depuis de nombreux mois en Tchétchénie.
La pétition rédigée en anglais est imprimable sur Fraternet http://www.fraternet.com/femmes/petition.htm.
Vous pouvez l'envoyer par poste, fax ou email, après avoir indiqué
vos coordonnées, sans oublier de mentionner votre pays, à l'une
des deux adresses suivantes :
- Victoria Poupko, Boston Group Against Ethnic Cleansing, Boston,
Massachusetts USA. Tel/Fax: 001 617 232-9613 - E-mail: vpoupko@speakeasy.org
- Nadezhda Banchik, Amnesty International: Group #35 San Jose, California
USA. Tel/Fax 001 408 243-8727 - E-mail: n_banchik@hotmail.com
Cette pétition dit en substance ceci : devant l'indifférence de
la communauté internationale, nous sommes compatissantes quant au
sort des mères tchétchènes et russes qui ont perdu leurs enfants
et sommes prêtes à prendre l'initiative pour que la paix règne en
Tchétchénie. Sous le prétexte de lutter contre le terrorisme, l'armée
russe œuvre pour l'extermination physique de la population virile
et l'extermination morale de la population Tchétchène dans son ensemble
: meurtres, tortures, persécutions et viols sont leur lot quotidien.
Des représailles sont perpétrées contre ceux en Russie qui osent
élever leurs voix contre ces atrocités. Pour briser cette chaîne
de haine, de violence et de mort, nous proposons une réunion au
sommet entre Vladimir Poutine, président de la Fédération russe,
et Aslan Maskhadov, président de la République Tchétchène d'Ichkeria,
qui aurait lieu dans un territoire neutre, par exemple dans un des
pays européens, avec la présence d'observateurs internationaux.
Durant ce dialogue, nous proposerons un moratoire sur toutes les
activités militaires des troupes Fédérales et Tchétchène rebelles.
Quand elles auront reçu suffisamment de signatures, elles enverront
les pétitions signées à Vladimir Poutine et à Aslan Maskhadov.
Claudine
---------- A suivre...
L'équipe rédactionnelle de Fraternet
| Analyse
: Prostituées ou travailleuses du sexe ? |
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La
réalité de la prostitution a toujours soulevé moult controverses
au sein de toutes les sociétés, anciennes ou modernes. Bien qu'elle
soit considérée comme étant " le plus vieux métier du monde ", la
fonction publique qui réside dans le fait de fournir un service
sexuel rémunéré n'a jamais trouvé sa véritable place ni même une
reconnaissance quelconque dans quelque pays que ce soit. Ce thème,
pourtant mainte fois abordé dans les " salons " politiques, philosophiques
et familiaux, n'a toujours pas trouvé de réponses satisfaisantes
susceptibles d'apaiser les émotions et de réconcilier les détracteurs
avec les partisans.
Certains soulèveront que le phénomène de la prostitution est considéré
comme un problème depuis une époque relativement récente où les
droits humains - et en particulier le respect des droits des femmes
- ont pris de plus en plus d'importance dans les discours politiques.
Et bien soit ! Voilà quand même une bonne chose, non ? Car même
si nous partons avec nos idées plus ou moins préconçues sur le sujet,
que nous soyons catholiques, protestants, musulmans, athées, hommes
ou femmes, c'est un thème qui nous touche de près, de très près,
et qui pour le moins, nous sensibilise sur une partie de l'humanité.
J'irais jusqu'à dire que " la prostitution " fait partie intégrante
de notre vie ! La raison en est simple. La prostitution utilise
les ingrédients quotidiens principaux communs à tous les êtres humains
vivant sur notre terre : l'argent, les rapports hommes/femmes -
par extension, les rapports avec autrui - et la sexualité.
Pour la majorité d'entre nous, tout cela concerne le domaine privé.
Pour la minorité qui arpente les rues ou qui est exposée en vitrines,
cela relève du domaine public, ou plus exactement de l'exploitation
publique. 92 % des prostituées interrogées quitteraient sans mal
l'univers de la prostitution si elles avaient la possibilité d'exercer
un autre emploi. Aussi faudrait-il que les gouvernements et les
communautés respectives, qu'elles soient européennes, asiatiques,
américaines ou arabes, veuillent bien s'en donner la peine. Le sujet
est tellement ambigu, qu'aucun être de bonne volonté ne peut s'exprimer,
en essayant parfois d'apporter une vision peut-être nouvelle, sans
être aussitôt asséné de questions suspicieuses sur
ses intentions, les raisons pour lesquelles il - ou elle - énonce
cette idée.
Mais au fond, êtes-vous pour ou contre la prostitution ? Si nous
acceptons de résumer la problématique de cette réalité humaine à
cette simple alternative, c'est que, soit le sujet nous est, sommes
toutes, indifférent, soit que nous n'avons pas pris le temps de
le considérer suffisamment sous l'angle de l'histoire même de l'humanité,
de ses choix, de ses actes successifs, dans l'intérêt même des "
travailleuses du sexe ". Et alors, lorsque nous commençons à explorer
cette voie, elle se révèle sans issue ! En effet, tous les arguments
en vigueur sur la prostitution, soit la condamnent violemment, soit
lui accordent des raisons louches en utilisant l'histoire, la complémentarité
de la psychologie des hommes et des femmes qui débouche sur le rôle
supporté par celles-ci d'assouvir certains « besoins
masculins ».
Bref, une multitude d'excuses qui nous font nous éloigner de l'essentiel,
l'essentiel humain ! Car c'est autant méconnaître que déprécier
à la fois la femme et l'homme que de vouloir les enfermer dans un
mode de relations stéréotypées, sexuelles au demeurant, où les codes
du comportement seraient préétablis. La prostitution existe parce
que la société est patriarcale d'une part et parce que le rapport
avec l'argent fait appel aux mêmes jeux de rôle. Celui qui achète
est dominateur. En outre, s'il achète un service sexuel à une femme,
la domination psychologique et physique est amplifiée. C'est une
histoire de domination/soumission dont il est question ici et non
pas seulement de services sexuels rémunérés et dispensés aux hommes.
C'est, d'une manière évidente, le pôle masculin qui domine le pôle
féminin accentué par la notion d'argent et d'exploitation. Il ne
suffit pas d'être féministe pour réaliser cela. Les hommes, représentant
30% des prostitués à Paris, nous permettent de comprendre la nature
de ces rapports domination/soumission, celui-ci endossant alors
le rôle habituellement incarné par une femme.
Le problème est tellement complexe, profondément ancré dans tous
les modèles de sociétés du monde, qu'il ne peut être résolu en se
contentant de le traiter en surface. Il est nécessaire que nous
revisitions ces valeurs négatives que sont l'exploitation, la richesse,
l'inégalité puisqu'elles ne profitent pas à tous et que nous redirigions
notre intérêt sur des concepts universels tels que l'humanité, l'amour,
l'identité, le respect et la liberté. Alors, si nos sociétés futures
trouvaient le moyen de concilier ces cinq valeurs primordiales à
l'existence d'un être humain, quel qu'il soit, la prostitution n'existerait
sans doute plus dans son schéma actuel. Nous parlerions, probablement,
uniquement d'Amour et d'échange comme une énergie qui nourrit et
grandit l'être humain et non plus comme un philtre qui le dessèche
et l'anéantit ! C'est une question de niveau de conscience et d'amour
que l'on désire acquérir pour les autres et pour soi-même.
Thierry
Graça
Simbine Machel (1945)
Veuve du premier président mozambicain, Samora Machel, et aujourd'hui
épouse de Nelson Mandela, Graça Machel est l'une des figures emblématiques
du continent africain. Ses efforts inlassables en faveur des enfants
victimes de la guerre, des femmes, de l'éducation et de la reconstruction
de son pays natal, le Mozambique, lui ont valu de nombreuses récompenses
internationales. Alors qu'elle mène de brillantes études à l'Université
de Lisbonne, Graça Simbine soutient le Front de Libération du Mozambique
(Frelimo) dans sa lutte contre le joug portugais qui devra déclarer
forfait en 1975. Elle épouse le premier Président du Mozambique,
Samora Machel puis est nommée Ministre de l'Education et de la Culture
en 1983.
Devenant l'une des plus puissantes voix anti-apartheid du Mozambique,
Madame Machel œuvre en faveur d'une éducation universelle et parvient
à faire considérablement chuter le taux d'analphabétisme malgré
une guerre civile écrasante. Et la mort subite de son mari en 1986
la poussera à intensifier ses engagements... Elle fonde alors la
première grande organisation de son pays devenant ainsi la Présidente
de la Fondation du Développement de la Communauté destinée à faciliter
l'accès des populations à l'enseignement et aux nouvelles technologies.
Particulièrement déterminée à œuvrer pour la paix dans un pays déchiré
par les conflits, elle va jouer un rôle efficace de médiatrice dans
la réconciliation nationale, exigeant notamment que l'on mette fin
à l'impunité pour les crimes de guerre commis à l'encontre les femmes
et les enfants.
Dans son pays, elle est Présidente de l'Organisation Nationale des
Enfants du Mozambique qui place des millions d'orphelins dans des
foyers et renforce le rôle de la famille et de la femme. Sur la
scène internationale, elle est à la tête d'organisations pour les
enfants du monde entier plaidant sans relâche en faveur de leurs
besoins et de leurs droits fondamentaux. Mais elle va particulièrement
se distinguer par son étude sur “l'Impact des conflits armés sur
les enfants”, première en son genre dans l'histoire de l'ONU qui
décide aussitôt de la promouvoir en 1996. « (…) un appel à l'action,
dira Madame Machel, un appel à adopter une nouvelle éthique qui
place les enfants au cœur de tous les programmes(...) ». Ce rapport
a donné lieu notamment à une campagne visant à lutter contre l'emploi
d'enfants soldats et à protéger les femmes et les enfants en période
de conflit.
Aujourd'hui ambassadrice de l'UNICEF, Graça Machel ne cesse d'interpeller
l'opinion internationale sur le sort des enfants et sur le rôle
de l'éducation et des femmes dans l'édification de la paix. Elle
vient dernièrement de proposer, avec Nelson Mandela son époux depuis
1998, un partenariat mondial en faveur des enfants victimes de conflits.
Parmi ses nombreuses activités, elle est actuellement Présidente
de la commission nationale de l'UNESCO au Mozambique et siège dans
de nombreuses organisations à travers le monde. Souhaitons que l'engagement
inaltérable de cette grande dame qui nous donne à réfléchir sur
l'immense potentiel créateur qui est en chacun de nous, soit une
source d'inspiration pour tous ces enfants qu'elle porte et qui
forment l'humanité de demain… et d'aujourd'hui.
Pascale
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