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au 31 mai 2001
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" Le peuple afghan rejette en grande majorité la politique imposée
par les talibans sur la condition des femmes "
Une enquête effectuée auprès de 1150 ménages afghans dans 4 zones
rurales et urbaines, avec un ratio de 53% de femmes interrogées,
révèle que plus de 80 % de la population se déclaraient favorable
à l'égalité des droits entre les hommes et les femmes en matière
de vie sociale et économique. De même, près de 90% de la population
pensait que l'enseignement Islamique ne devrait pas être utilisé
dans le seul but de restreindre les droits des femmes. Le rapport
indique également que 98% des femmes vivant dans les zones contrôlées
par les talibans disaient avoir une vie difficile et anéantie par
cette politique discriminatoire menée à leur égard et que leur santé
physique et psychique avait considérablement décliné depuis l'arrivée
des talibans au pouvoir en 1996.
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" Le droit à l'avortement remis en question aux Etats-Unis "
Le Président George Bush s'est toujours déclaré opposé à l'avortement.
Le 16 mai dernier la chambre des représentants a approuvé de justesse
par 218 voies contre 210, le projet de loi interdisant formellement
à toute ONG étrangère de fournir aux femmes américaines des informations
ou des conseils relatifs à l'avortement. Les organisations de droits
civils, des droits humains et des droits des femmes ont jugé cette
loi anticonstitutionnelle violant le droit de libre expression aux
Etats-Unis. Des porte-parole de différentes organisations ont commenté
ce vote comme étant " tragique pour la démocratie ". D'autres ont
déclaré " Malheureux que la chambre des représentants ait permis
à G. W. Bush d'afficher une politique antidémocratique aux yeux
du monde entier et pour les ONG qui défendent les droits humains…
".
Et
Eleonor Smeal, présidente de la fondation féministe majoritaire,
de rappeler que " plus de 70 000 filles et femmes meurent chaque
année dans les pays développés à cause d'avortements illégaux, donc
ne bénéficiant pas de la présence du personnel qualifié pour ce
genre d'intervention… ".
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" Des mouvements de femmes libanaises soutiennent l'écrivain Nawal
al-Saadawi… "
Suite à l'annonce du procureur égyptien Nabih al-Wahsh, déterminer
à poursuivre en justice la femme écrivain Nawal al-Saadawi à qui
il reproche d'avoir " méprisé l'Islam " par ses écrits diffamatoires,
le Conseil des Femmes libanaises dénoncent cette attitude et soutient
l'écrivain dans son combat pour la libre expression dans son pays.
Nawal al-Saadawi, qui est une féministe engagée en Egypte, est déjà
à l'origine de plusieurs campagnes contre la pratique des mutilations
génitales féminines et des différentes formes de discriminations
à l'égard des femmes égyptiennes.
Elle a déclaré ne pas avoir l'intention de fuir son pays et désire
poursuivre son combat pour le respect et l'amélioration des droits
des femmes en Egypte…
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" Un hôpital pris d'assaut par la police religieuse des talibans
"
Le 18 mai dernier, un hôpital du centre de Kaboul, en Afghanistan,
a été pris d'assaut par un groupe constitué de membres de la police
religieuse des talibans dans le but de " punir " la mixité de l'équipe
médicale. En effet, une vingtaine de talibans se sont introduits
dans la cafétéria où mangeaient, ensemble, le personnel féminin
et masculin. Bien que séparés par un rideau, les hommes et les femmes
travaillant dans cet hôpital ont été agressés et battus par les
talibans…
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" Trois femmes et leurs enfants tués au Pakistan au nom de l'honneur
"
Un homme a égorgé sont ex-femme, sa mère et sa fille âgée de 4 ans
parce qu'il suspectait sa femme d'adultère. Cinq amis sont venus
l'aider à commettre son " crime d'honneur "…
Comme beaucoup le savent, les crimes d'honneur sont assez répandus
au Pakistan et sont commis par des hommes qui estiment leur honneur
bafoué par une attitude jugée contraire à la loi islamique de la
part de leur femme, leur sœur ou leur fille. Ainsi, un autre cas
a été rapporté concernant un père, aidé de son fils, qui a étranglé
sa fille suspectée d'avoir eu des relations sexuelles avec un homme.
Les ONG déclarent que les auteurs de tels crimes odieux ne sont
pratiquement jamais condamnés parce que la constitution pakistanaise
est déjà, dans bien des points, discriminatoire à l'égard des femmes
et que les gouvernements successifs n'ont jamais émis l'énergie
et entamé les actions nécessaires pour arrêter cette pratique.
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" Les talibans contre le programme humanitaire des Nations Unies…
"
Le sort des femmes est toujours la cause qui oppose les talibans
à la communauté internationale. Ainsi, depuis plusieurs semaines
que le " world food programme ", initialisé par les Nations Unies
officie en Afghanistan, il se heurte à la loi islamique imposée
par les talibans. Ces derniers ont déjà fait fermer une vingtaine
de petits magasins qui fournissaient de la nourriture à la population
démunie sous prétexte que les femmes n'ont pas le droit de sortir
de chez elle quelle qu'en soit la raison et notamment pour aller
s'approvisionner en pain ou pour aller travailler dans ces magasins.
Les talibans pense que cette pratique va à l'encontre de la loi
religieuse qu'ils imposent sur leur territoire. Il semblerait que
le programme puisse toutefois se poursuivre et venir en aide à une
population meurtrie…
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" Les femmes des zones rurales du Bangladesh n'ont toujours pas
le droit de voter… "
Un bras de fer oppose la commission chargée des élections
au Bangladesh et les groupes islamistes en ce qui concerne le droit
de vote qui devrait être accordé aux femmes. La commission est favorable
à l'éligibilité des femmes dans le système électoral bangladeshi.
Pour contrer cette volonté d'égalité entre les hommes et les femmes
devant la loi, les groupes islamistes prônent et imposent la "fatwas",
une loi religieuse discriminatoire à l'égard des femmes qui les
prive de leur droits fondamentaux, dont celui du droit civique.
Des exactions tels que la flagellation ou la lapidation sont perpétrées
contre les femmes qui enfreignent cette loi….
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" Une femme uruguayenne à la recherche de son fils… "
Mme Sara Mendez, une uruguayenne, a entamé un tour des pays européens
afin de sensibiliser les personnalités politiques et les associations
des droits humains sur les disparitions dont ont été victimes des
centaines d'enfants uruguayens durant la dictature militaire qui
a sévi jusqu'à la fin des années 1980. Son fils a été arrêté en
1976 par des soldats uruguayens pendant l'opération qui avait pour
nom de code " Plan condor ". Sara Mandez se veut la porte-parole
de toute une génération de femmes qui ont vu enlever leurs enfants
et dont elles sont sans nouvelles depuis…
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" La santé pour l'Uganda… "
L'accès aux soins de santé est primordial en Uganda qui est l'un
des pays au monde qui compte le plus de femmes atteintes par le
virus du SIDA. Après avoir aidé financièrement à l'élaboration d'un
programme d'insertion sociale et économique en aidant certaines
femmes à créer leur " petite " entreprise, la Fondation pour une
Assistance Communautaire Internationale a décidé de lancer un nouveau
programme d'assurance maladie accessible aux femmes qui travaillent…
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" Sierra Leone : les réfugiés sont en grande partie des femmes
et des fillettes… "
L'atelier consultatif régional organisé le 30 mai dernier par le
Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies a voulu attirer
l'attention sur la spécificité de genre que constituent les réfugiés
issus de la guerre civile qui sévit en Sierra Leone depuis 10 ans.
En effet, 80% d'entre-eux sont des femmes accompagnées de leurs
enfants. La pauvreté est le centre du problème pour ces personnes
déplacées qui se retrouvent totalement démunies… .
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La condition des femmes en Egypte (octobre 2000)
(un hommage à l'écrivain Nawal al-Saadawi qui lutte pour les droits
des femmes en son pays…)
L'histoire de l'Egypte est intimement liée à celle de l'humanité.
La place de la femme égyptienne, au sein de toutes les dynasties qui
ont régné, a toujours été celle d'une procréatrice, donnant naissance
à des demi-dieux pour les besoins pharaoniques de leur époux !
Sans réelle place dans la société égyptienne, elle n'avait pour mission
que de donner naissance à la descendance directe du Pharaon. S'il
lui était impossible d'honorer ce rôle, il était transmis à une autre
femme, de la famille royale, choisie par l'époux. Des millénaires
ont passé, mais le fardeau d'une telle démesure n'a-t-il pas laissé
quelques traces dans la conscience collective d'un pays à la lourde
et flamboyante histoire ?
En tout état de cause, la condition humaine et le respect de ses droits
n'est pas encore la priorité dans l'esprit des gouvernements successifs
et du dirigeant actuel, en place depuis 24 ans. Un peu comme si les
élus naviguaient encore entre ciel et terre et qu'ils considéraient
les êtres humains de haut et sans trop de compassion. Des sortes d'esclaves
tenus au silence et au service du pouvoir en place, fut-il divin ou
pas !
Car s'il faut parler, à notre époque, du respect des droits humains
en Egypte, il suffirait de quelques mots pour le définir : restriction
de la liberté d'expression et d'association, ONG comprises, prisonniers
d'opinions, détentions illégales, conditions carcérales déplorables,
procès inéquitables, tortures, morts en détention, disparitions, insuffisance
des enquêtes (surtout concernant des exactions commises par les différentes
forces de sécurité) et enfin l'application assez large de la peine
capitale.
Et les femmes dans tout cela ? Le contexte civil et religieux ne leur
est, évidemment, pas favorable.
Toutefois, le gouvernement ne peut pas faire éternellement abstraction
de la pression internationale et de celle des ONG (même si leur champ
d'action reste limité). Ainsi, depuis 1995, il essaie d'interdire
la pratique barbare de l'excision, plus connue sous le terme de Mutilation
Génitale Féminine. L'Egypte compte parmi les pays dont cette tradition
fait le plus de victimes au monde. Le nombre de femmes circoncises
est alarmant. Ceci dit, la mesure gouvernementale interdisant sous
n'importe quel prétexte, depuis 1997, ce rite dégradant, commence
à porter ses fruits et tend à en réduire l'application. Un autre facteur
important semble être à l'origine d'une certaine évolution de la condition
féminine en Egypte. La nouvelle génération de filles qui ont accès
à l'éducation au même titre que les garçons, favorise des prises de
conscience et leur permet de s'exprimer, un peu plus librement, sur
leurs désirs et leurs choix de vie. En outre, l'accès à la contraception
est plus fréquent chez les jeunes filles que chez les femmes de la
génération précédente. De fait, il y a moins d'adolescentes qui se
retrouvent enceintes. La mortalité enfantine a également diminué.
Et enfin, tout dernièrement, quelques femmes ont été autorisées à
se présenter comme candidates aux prochaines élections législatives
qui auront lieu en novembre 2000. Malgré cette évolution dont il faut
se féliciter, des zones d'ombre subsistent sur lesquelles il est nécessaire
de se pencher. En effet, la violence domestique est assez répandue
et banalisée en Egypte. Le viol marital n'est pas considéré comme
illégal car le respect de la vie privée est de rigueur au point d'en
oublier celui de la femme !
Des cas de crimes d'honneur sont régulièrement rapportés, même s'ils
ne sont pas fréquents. Les jeunes filles ont encore besoin de l'autorisation
de leur père ou de leur frère pour voyager et les femmes, de celle
de leur époux. Il n'existe aucune femme juge à la cour de justice
égyptienne. La loi est favorable à l'égalité des sexes en regard du
marché du travail et des salaires mais, en pratique, il existe toujours
un écart substantiel entre la rémunération des hommes et celle des
femmes...
Lorsque l'on interroge les filles égyptiennes sur leurs désirs les
plus fervents, elles expriment le souhait de la liberté à travers
les tenues vestimentaires, leurs rôles dans la société, aussi bien
au niveau économique que social mais surtout d'avoir, un jour, un
garçon comme véritable ami !
- Plus de 90% des femmes mariées sont excisées.
- En 1997, 3 600 filles musulmanes ont été victimes quotidiennement,
de mutilations génitales.
- Selon une étude de 1995, 39% des femmes interrogées étaient mariées
à un parent et 77% faisaient l'objet d'un mariage arrangé.
- 35% des femmes mariées ont été battues au moins une fois durant
leur mariage. 70% l'ont été pour avoir refusé une relation sexuelle
avec leur mari, 69% pour lui avoir répondu (à une insulte par exemple)
et 64% pour avoir parlé à un autre homme.
- Il y a 52 femmes parmi les 32 cabinets ministériels.
- Selon le gouvernement, les femmes actives constituent 17% du marché
économique privé, et 25% du marché public, notamment dans les administrations
et les banques.
- Parmi les femmes qui ont terminé leurs études secondaires, 56% d'entre
elles resteraient favorables à l'excision contre 94% chez celles qui
n'ont pas d'instruction.
- L'âge auquel les fillettes sont excisées se situe entre 7 et 10
ans.
- La peine de mort est maintenue. Au moins 16 personnes ont été exécutées
en 1999.
Chiara Lubich (1920)
On ne peut présenter le tableau des grandes figures spirituelles sans
évoquer le nom de Chiara Lubich, une femme extraordinaire qui œuvre
depuis plus de cinquante ans en faveur de la Paix.
Tout commence en 1943 dans le nord de l'Italie. En plein cœur de la
guerre, Chiara et quelques jeunes filles décident de faire de l'appel
évangélique à l'unité une réalité quotidienne. C'est alors que prend
naissance un courant de vie chrétienne qui sera mondialement reconnu
sous le nom du Mouvement des Focolari. Essentiellement constitué de
laïcs, il est aujourd'hui présent dans 180 pays et inspire l'action
de plus de quatre millions de personnes sensibles à l'esprit d'unité.
A l'heure actuelle, 700 personnes de diverses origines et confessions
vivent en communauté à Loppiano et témoignent ainsi que la fraternité
se joue des barrières sociales, raciales ou confessionnelles. Sollicitée,
écoutée et récompensée par les plus hautes autorités civiles et religieuses,
Chiara Lubich donne de multiples conférences dans le monde entier
et participe à de nombreuses manifestations internationales pour faire
avancer la cause de l'unité. Engagement qui lui a valu en 1977 le
Prix Templeton pour "le progrès de la religion et de la paix".
Aussi, pour favoriser le dialogue inter religieux, Chiara Lubich a
créé un centre de rencontre aux Philippines et préside actuellement
la Conférence mondiale des religions pour la paix. Pour elle, les
croyants de toutes les religions partagent " la règle d'or de l'amour
du prochain " et peuvent donc se retrouver sur le terrain des actes
en faveur de " la fraternité, de la justice et de la défense de la
vie ". C'est en 1956 qu'elle lance, pour la première fois, un appel
aux "volontaires" pour intervenir concrètement là où les droits de
l'homme sont bafoués. Un appel qui pousse aujourd'hui les membres
du mouvement à mener des initiatives sociales et opérations de solidarité
dans de nombreux pays. Avec le temps, Chiara Lubich a suscité la création
de divers groupements spécifiques au sein des Focolari : Familles
Nouvelles, Jeunes Pour un Monde Uni, Mouvement Paroissial ou Humanité
Nouvelle qui obtiendra en 1986 le statut de consultant auprès du Conseil
économique et social de l'ONU. La même année, le mouvement des Focolari
crée l'Action pour un Monde Uni, une ONG qui œuvre dans le domaine
de la coopération avec le tiers monde.
On ne peut enfin évoquer le nom de Chiara Lubich sans parler de son
projet d' "économie de communion" qu'elle proposa en 1991, invitant
les entreprises à verser une petite partie de leurs bénéfices pour
subvenir aux besoins des personnes défavorisées. Ce projet "d'humanisation
de l'économie" qui semble par ailleurs favoriser l'estime des clients,
motiver les salariés et donc relancer l'économie, concerne actuellement
700 entreprises dans le monde dont 300 en Europe !
Ecrivain reconnu, traduit dans une trentaine de langues, Chiara Lubich
s'est vue attribuer plusieurs doctorats honoris causa et a été récompensée
en 1996 par le Prix UNESCO de l'éducation pour la paix ainsi qu'en
1998 par le Prix Européen des Droits de l'Homme. Quelques titres de
reconnaissance pour cette grande âme qui n'a jamais dévié de sa mission
: faire comprendre à l'humanité que donner est un besoin au même titre
que recevoir et que cette prise de conscience est la clé de la Fraternité.
> Texte "Portrait"
issu de la
rubrique "Etres" de Pascale |