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Chères lectrices, chers lecteurs
Il faut se rendre à l'évidence, la crise actuelle qui se déroule
en Afghanistan focalise le monde entier sur un débat parallèle concernant
la condition des femmes, non seulement dans ce pays, mais aussi,
dans tous ceux qui avaient su se faire oublier quant à leurs choix
et actes discriminatoires à leur égard. Ainsi, après un petit tour
d'horizon sur l'actualité des droits des femmes, je vous emmène
au Brésil où leur situation mérite que l'on s'y intéresse. Nous
découvrirons ensuite, le portrait d'une femme dévouée aux droits
humains.
Je vous remercie de votre fidélité et vous souhaite bonne continuation
dans votre lecture.
Thierry
| Actualités |
...25
octobre au 4 novembre 2001
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Botswana
Un débat déchaîné sur les coutumes ethniques et tribales est venu
fausser une conférence tenue à l'université du Botswana sur la promotion
de la femme dans la société. Onalenna Selowane, une femme professeur
à l'université, avait déclaré que les traditions ethniques et tribales
se révélaient directement lors de ce débat et plaçaient toujours
la femme au second plan par rapport à l'homme. Ce discours avait
soulevé de vives contestations au sein de l'assemblée, alors qu'elle
rajoutait que cela participait à ne pas reconnaître le rôle de la
femme dans les foyers de certains groupes ethniques donnés. Elle
disait que " tout comme certaines lois demeurent discriminatoires
à l'égard des femmes, le débat sur le tribalisme est centré sur
la vision qu'ont les hommes à ce sujet. "
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New York
Une campagne à laquelle ont participé quelques ONG dont Amnesty
International et " Majorité Féminine ", s'est tenue à New York sur
la situation des femmes afghanes fatiguées par tant d'années de
guerre. Certaines d'entre-elles vivant aux Etats-Unis ont rejoint
cette campagne. Ces dernières se sont exprimées sur plusieurs sujets,
notamment sur le programme de reconstruction proposé par les Nations
Unies, à la fois politique, économique et social, sur lequel elles
expriment leurs craintes. En effet, elles veulent, enfin, ne pas
jouer qu'un simple rôle symbolique à la reconstruction de leur pays.
Elles ne veulent pas que leur souffrance serve de tremplin à des
manœuvres politiques présentes et futures dans la reconstruction
de leur pays. Les Afghans n'ont ni confiance au retour du roi ni
en l'arrivée au pouvoir de l'alliance du Nord. Ce que veulent les
femmes, c'est un grand conseil avec la totalité des groupes ethniques
représentés afin de garantir les droits fondamentaux de chaque habitant
du futur Afghanistan…
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Etats-Unis
Les jeunes filles de 20 ans sont trois fois plus sujettes aux violences
de leur mari, leur compagnon et leurs anciens " petits amis " que
les femmes plus âgées. C'est ce qu'a révélé une étude du Bureau
de Statistiques de la Justice américaine. En 1999, il a été enregistré
un total de 791 210 cas de violence survenus entre partenaires intimement
liés. 85% des victimes étaient des femmes, incluant 1 218 meurtres,
91 470 viols ou agressions sexuelles et environ 444 860 agressions
simples…
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Angleterre
Les enfants croient à l'égalité des sexes mais prennent leur décision
d'orientation scolaire en fonction du stéréotype dicté encore par
la société et leur vie familiale. Pourtant, environ 82% des filles
et 64% des garçons sont en désaccord total avec cette idée que "
un emploi masculin est pour gagner de l'argent et un emploi féminin
est pour s'occuper de la maison et de la famille ". De même, quelques
87% des filles et 76% des garçons interrogés disent " qu'il n'y
a aucune raison pour que l'homme ne puisse pas s'occuper de ses
enfants et qu'une femme ne puisse pas devenir pilote de ligne ".
Mais la commission chargée de l'enquête montre que les enfants choisissent
leur orientation scolaire et futures carrières en fonction des directions
traditionnelles édictées par la société depuis des décennies. Ainsi,
les femmes représentent 89% des apprentis dans le secteur social
et de santé, 94% des apprentis coiffeurs et 86% des enseignants
des crèches et de l'école primaire. Les garçons, eux, occupent 99%
des apprentis en bâtiment, 96% des apprentis ingénieurs et 79% des
analystes programmeurs sur ordinateur. Cette étude a fait l'objet
d'une campagne auprès des enfants et des jeunes étudiants afin d'essayer
de faire changer les mentalités et donner d'autres opportunités
aux filles autant qu'aux garçons de découvrir de nouvelles activités
dans la vie, sans réserve…
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Colombie
Une rapporteuse spéciale des Nations Unies a été invitée par le
gouvernement colombien afin d'évaluer l'ampleur de la violence commise
à l'égard des femmes, d'établir un rapport et d'essayer d'apporter
des solutions à ce problème. " Je suis consternée du niveau de violence
dont sont victimes les femmes colombiennes, mais le fait même que
je sois présente ici, témoigne de la volonté de la part du gouvernement
de s'attaquer à ce fléau… " a déclaré Mme Coomaraswamy…
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Afghanistan/Pakistan
Les camps de réfugiés afghans situés au Pakistan accueillent des
centaines de femmes afghanes qui se trouvent plongées dans des conditions
de vie dramatiques et dangereuses pour leur intégrité physique et
psychique. C'est ainsi que le représentant du Fond des Populations
des Nations Unies, M Olivier Brasseur qualifiait la situation des
femmes dans ce conflit. Elles ont fuit le régime des Talibans, mais
n'ont pas pour autant recouvré la liberté ni ne sont protégées des
conséquences de la pauvreté qui sévit dans la région ni des discriminations
habituelles. Outre les problèmes de santé et de soins natals et
postnataux dont elles ont à faire face avec l'aide d'organisations
humanitaires, des viols sont recensés à l'intérieur des camps ainsi
que certains mauvais traitements dus au climat de violence générale.
Les fonds financiers manquent de manière dramatique afin de permettre
le développement de structures capables de les protéger et de subvenir
à leurs besoins immédiats de soins et de nourriture, pour elles
et pour leurs enfants… 70% des réfugiés sont des femmes et des enfants.
---------- A suivre...
| Analyse
: La femme au Brésil (MAJ 05 - 11 - 2001) |
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Un des rapports du Conseil National des Droits de la Femme établi
au Brésil dans la capitale Brasilia, se terminait sur ces quelques
mots : "Il est certain que le Brésil, par la mise en place d'une
politique cohérente de combat contre la discrimination des femmes,
est en train de perfectionner sa démocratie en corrigeant la grave
distorsion créée par l'invisibilité des femmes, entrant définitivement
dans la modernité."...
Invisibles les Brésiliennes ? Oui, effectivement, invisibles devant
certains droits de la personne humaine, certains droits civils,
invisibles parce qu'elles ont été privées de leur voix, de leurs
cris de souffrance, méprisées dans leur véritable identité durant
des siècles sous le couvert de valeurs féminines discriminatoires.
Invisibles aussi parce qu'il y a cinq siècles, les premiers européens
ont découvert des "indigènes" ravissantes dont ils ont su "se satisfaire"
discrètement et dont la culture, alors détournée, s'est répandue
à travers le monde. Le mythe de la femme brésilienne, fantasme silencieux
et docile, torride et violent parfois, entre plumes, fêtes et plaisirs
sexuels, a fait le tour du monde, vantée par des brochures touristiques
aux images sans équivoque. Invisibles parce que l'on a réussi à
créer un stéréotype de la femme brésilienne sur le plan national
comme sur le plan international. Et c'est bien de cette tradition-là
dont le Brésil essaie de se séparer au fur et à mesure que ses 26
états fédéraux tentent de se diriger vers une véritable démocratie
où le rôle civil et l'image de la femme seraient totalement réhabilités
et valorisés.
Pour l'heure, nous en sommes encore à fouler un chemin bordé de
bonnes intentions mais parsemé d'embûches. Depuis les années quatre-vingt,
le Brésil a ratifié un nombre non négligeable de conventions et
de traités relatifs aux droits humains et plus particulièrement
aux droits des femmes. Il a lancé, à intervalles réguliers, des
programmes de prévention et d'éducation pour combattre la violence
domestique et sexuelle. Il a tenu des plates-formes stratégiques
pour promouvoir l'égalité entre hommes et femmes sur le plan social
et économique.
Mais pour comprendre et essayer d'apprécier avec justesse la démarche
politique du Brésil, il suffit de se pencher sur la dernière réforme
du code civil qui a eu lieu en août 2001, après plus de 26 ans de
débat. En effet, le congrès brésilien vient d'approuver un nouveau
code civil qui élimine les archaïsmes du vieux code datant de 1916
en reconnaissant, notamment, aux femmes les mêmes droits qu'aux
hommes. Des points entiers, délibérément discriminatoires à l'égard
des femmes, ont été supprimés. Par exemple, un homme ne peut plus
annuler son mariage s'il constate que sa "fraîche" épouse n'est
plus vierge ! De même, "le pouvoir souverain du père dans les décisions
de famille" a été remplacé par "le pouvoir de la famille" permettant
ainsi à la femme d'exprimer son avis. Désormais, un père n'a plus
seul le pouvoir de déshériter sa fille s'il l'estime malhonnête.
En outre, des flexibilités pour l'homme et pour la femme ont équilibré
les lois régissant le mariage. L'homme a désormais le droit de prendre
le nom de sa femme en l'épousant et peut, en cas de séparation,
avoir la garde des enfants, ce qui lui était majoritairement refusé
auparavant. Ainsi, le nouveau code tente d'instaurer, de manière
législative, l'équilibre entre hommes et femmes. Le ministre brésilien
de la justice, José Gregori s'est empressé de souligner le grand
pas constitutionnel que cette démarche représentait, reconnaissant
aussi que l'ancien code civil était "une loi aussi robuste qu'une
cathédrale", impossible à modifier facilement. Cependant, certains
juristes ne cachent pas leur scepticisme en qualifiant ce nouveau
code de "né déjà vieux" argumentant sur le fait que compte tenu
de la lenteur du processus législatif, il sera toujours "hors de
la réalité des préoccupations". Pour calmer la polémique, un autre
avocat a réconcilié les esprits en déclarant que "le nouveau code
n'apporte pas de grandes nouveautés mais modifie des lois extravagantes".
Mais cela ne suffit pas bien entendu, car les lois extravagantes,
mêmes si elles ne figurent plus dans le code du parfait comportement
discriminatoire à l'égard des femmes, sont toujours en vigueur dans
la rue et dans l'existence des Brésiliennes. La violence domestique
et sexuelle frappe toujours un nombre considérable de filles et
de femmes au foyer : la maison est le lieu où se déroulent les pires
exactions qui peuvent aller jusqu'au crime. Les infrastructures
restent insuffisamment efficaces pour porter secours aux victimes
d'abus et d'agressions familiales. Les refuges sont parfois mal
équipés et mal organisés. La justice reste encore clémente pour
des hommes qui arrivent à justifier un acte répressif envers leur
épouse, en cas d'infidélité par exemple. Ainsi, à l'instar des pays
comme le Pakistan ou la Jordanie, connus pour leur tradition hautement
discriminatoire à l'égard des femmes, on arrive à recenser au Brésil
quelques crimes d'honneur. L'image de la femme brésilienne qui attise
la ferveur des hommes fait d'elle la seule et unique fautive aux
yeux de la coutume séculaire et trop souvent aussi, de la justice
populaire et instituée. Une femme parvient donc à être responsable
du viol qu'elle subit.
Les ONG, qui travaillent en collaboration avec le Conseil National
des Droits des Femmes, tentent de faire disparaître graduellement
les attributs représentatifs de la sexualité relatifs à l'image
de la femme brésilienne. La tâche n'est pas simple, d'autant que
le Brésil offre un marché de l'exploitation sexuelle en pleine expansion
à son pays et au monde entier par l'intermédiaire de trafics internationaux.
Ainsi, la relation étroite qui existe entre l'exploitation économique
et sexuelle verrouille souvent les issues législatives et judiciaires
qui pourraient être initiées à ce sujet en matière de protection
de la liberté et de l'intégrité des filles, parfois à peine âgées
de 12 ans.
Mais l'exploitation économique ne s'arrête pas là. Le traitement
des salaires dans les entreprises reste défavorable pour les femmes.
Si elles sont de race noire, la disparité est encore plus dramatique,
leur imposant le tiers du revenu mensuel d'un homme pour une qualification
et un poste identique. Compte tenu du fait qu'aujourd'hui, une famille
brésilienne sur quatre dépend des seuls revenus de la mère, ces
foyers monoparentaux féminins se trouvent parmi les plus pauvres
et les plus vulnérables du Brésil quant à l'exploitation parallèle
dont la mère et les filles peuvent faire l'objet. Le travail de
réhabilitation de la femme au Brésil est colossal, empreint de la
culture archaïque patriarcale de plusieurs siècles d'exploitation.
Le gouvernement s'efforce de trouver des solutions aux droits des
femmes pendant que des dizaines de personnes meurent chaque jour,
chaque mois, sous les balles et la torture des "escadrons de la
mort" qui sillonnent les rues pour "nettoyer" le pays des opposants
au régime, des pauvres "trop voyants", de la jeunesse en révolte
contre la pauvreté et un pouvoir qui ne parvient pas à leur offrir
un quelconque avenir. Des camps de torture dans l'enceinte des postes
de police viennent ajouter leur lot de souffrance et de crimes avec
l'aval "post mortem" des autorités dans un pays où la police, militarisée,
échappe souvent, volontairement ou non, au contrôle de la république
et de sa justice. Ne nous y trompons pas, le Brésil n'est pas apte,
à l'heure actuelle, de brandir l'image, même naissante, d'une démocratie
moderne. Celle-ci a la même odeur que ces démocraties dictatoriales
issues de certains pays d'Afrique ou d'Asie : ceux qui se battent
pour le respect des droits humains et de leurs droits civiques élémentaires
sont assassinés et leurs bourreaux disculpés des crimes et des massacres
dont ils sont responsables.
Pour que le Brésil puisse sortir véritablement et sincèrement de
cette ornière où s'entassent, chaque jour un peu plus, les cadavres
de ceux qui tentent de se rendre "visiblement humains", il lui faut
reconnaître et promouvoir sans relâche celles qui sont capables
de donner la vie au milieu même des tombes.
Car s'il est une chose à soigner dans la société brésilienne, ce
n'est pas l'invisibilité illusoire des femmes mais bien la déficience
visuelle de ceux qui se sont rendu aveugles par la négativité de
leurs choix et de leurs actes criminels à leur égard. Qu'ils recouvrent
la vue et ils verront la lumière...
Thierry
* 26,2% des femmes sont victimes de violences physiques ; 16,4% de
menace de mort ; 3% de "crimes d'honneur" ; 1,8% de viol, 1,9% de
séduction et 0,5% d'homicides...
* Sur les 51% des autres délits perpétrés à l'encontre des femmes,
le répartition s'effectue comme ceci :violences et attentats à la
pudeur, enlèvements, séquestrations, discrimination raciale, discrimination
professionnelle...
* 88% des femmes ayant subi des violences physiques étaient des femmes
au foyer.
* Les blessures corporelles constituent 70,2% de tous les délits dont
les femmes sont victimes...
* La plupart des actes de violence ont lieu entre 18 heures et 20
heures...
* De janvier à mars 1996, 50 000 cas de violence sur les femmes ont
été enregistrés dans la seule ville de Sao Paulo.
* Seulement 2% des agresseurs purgeaient une peine après avoir été
condamnés pour violence familiale sur leur épouse ou sur leurs filles...
* Une enquête effectuée en 1998 a révélée que 63% des agressions contre
les femmes sont perpétrées par des membres masculins de sa propre
famille ou par des personnes qu'elles connaissent bien.
* La plus grande proportion des victimes se situent entre 3 et 6 ans
(34%), 7 et 10 ans (48%). Les filles âgées de 7 à 10 ans représentent
85% de la totalité de ces victimes.
* 44% de la population féminine brésilienne est de couleur noire.
* Le bureau de la police de Rio de Janeiro a reçu près de 3 000 plaintes
déposées contre elle dans une période allant d'avril 1999 au 15 décembre
2000 pour actes de violence.
* Aux dernières élections de 1998, la représentation des femmes au
congrès national est de 6,1%. 29 femmes ont été élues à la chambre
des députés qui compte 513 sièges. Au sénat, les femmes occupent 5
des 81 sièges.
* Les femmes représentent 50,5% des votants enregistrés. Elles ont
été plus de 70 000 à se présenter comme candidates aux élections municipales
à travers tout le pays.
* En 1999, une étude menée par l'université catholique de Sao Paulo
a révélé que 70% des plaintes concernant les violences domestiques
contre les femmes ont été suspendues.
* Les femmes reçoivent un salaire, en moyenne, 44% inférieur à celui
des hommes. Les femmes de couleur noire ont un salaire de 74% inférieur
à celui des hommes de couleur blanche.
* La peine de mort est abolie sauf pour crimes exceptionnels.
Sources
Brésil : ONU, US dept, ONG "CEPIA" Brésil,
AFP, TPI-DE, CNDM Brésil
Photo : ONU
En 1995, Gisèle Côté-Harper a été la première femme francophone
lauréate de la médaille Pearson pour la paix. Elle déclarait avec
énergie et détermination : " La question des droits de l'homme constitue
une préoccupation de tous les jours pour moi. J'ai profondément
confiance en l'être humain ; seulement, il y a des choses que je
ne peux pas accepter, comme la violence des adultes envers les enfants.
".
Ce prix, décerné chaque année par l'Association canadienne pour
les Nations Unies (ACNU), a été institué par l'homme d'état canadien
Lester B. Pearson, Prix Nobel de la paix en 1957. Par ses engagements
personnels à l'avancement des causes humanitaires, Gisèle Côté-Harper
s'est manifestée à plusieurs reprises dans des cas de médiations
entre des pays belligérants et dans l'évolution pacifique de l'humanité
grâce au droit international. Le droit des enfants est depuis toujours
sa préoccupation majeure qui s'est étendue au fil des années aux
droits de la personne humaine. Elle a ainsi exercé diverses fonctions
juridiques au sein d'organismes internationaux et nationaux, notamment
à la Commission des droits et libertés de la personne, au Comité
des droits de l'homme des Nations Unies et à la Commission des plaintes
du public contre la Gendarmerie royale du Canada.
En outre, elle siège depuis des années à l'Institut Interaméricaine
des droits de l'Homme. Elle a participé, en 1995, à la conférence
sur les femmes qui s'est déroulée à Beijing. Interrogée sur le sort
réservé aux fillettes chinoises dans les orphelinats et le battage
médiatique entourant cette situation, Gisèle Côté-Harper répond
qu' " il y a des choses qu'on ne peut définitivement pas taire :
il faut sensibiliser non seulement les chefs d'États mais aussi
la population à ces injustices flagrantes ; en tout cas, on doit
briser la loi du silence. Dans le cas présent, le rôle des médias
demeure fondamental. En revanche, il est important que les médias
ne tombent pas dans le sensationnalisme et l'exploitation à des
fins de marketing. ".
Gisèle Côté-Harper ne cesse de se battre pour faire adopter et signer
de nouvelles conventions et de nouveaux traités - textes juridiques
- par un maximum de pays se déclarant sensibles aux droits humains
afin de créer un antécédent et aussi permettre une forme de stabilité
sur laquelle le droit et la communauté internationale peuvent s'appuyer
pour faire respecter un tant soit peu les droits de la personne
dans les pays les plus critiques.
En tant que professeur, elle déclare concernant ses élèves qu'elle
s'ingénie à éduquer dans la lignée de ses actions et de ses engagements
: " On ne peut pas vivre à la place des autres. Toutefois, une écoute
attentive a toujours un impact sur la qualité de vie des gens. Cela
rend le quotidien plus agréable, et ce, en dépit des coups durs
que la vie peut porter. ".
Thierry
Source : Université Laval,
Québec
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