| La Femme au Pakistan [05-1999] |
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Lorsque l'on s'informe du sort réservé à certaines femmes
au Pakistan, c'est le choc ! Choc intellectuel et spirituel...
Ce que l'on apprend sur la condition d'un certain nombre de
femmes dans ce pays est inhumain... Dans plusieurs provinces,
celles-ci n'existent pas en tant que personnes : dès la puberté,
elles doivent se cacher derrière leur voile. Elles n'ont pas
le droit de sortir de chez elles sans raison. Certains hommes
pakistanais considèrent la femme comme un être profondément
immature : un homme peut juger d'une situation, une femme en
serait incapable !
Encore dans beaucoup trop de familles, père, frère, fils ont
un sens de l'honneur qui défie l'entendement : si l'un d'eux
apprend que la fille est sortie de la maison sans permission,
il pourra lui couper la langue, la main ou les doigts. Certains
pères tuent de sang froid leur fille parce qu'elle aurait enfreint
la loi du Coran. Ils sont fiers de tuer pour sauver leur honneur
et celui de la famille entière. Oui, l'honneur est la principale
cause du déferlement de meurtres perpétrés contre les femmes.
Ainsi, dans l'absurdité et le paroxysme de l'horreur, il est
formellement interdit de montrer des photos de femmes, dans
le journal par exemple, sauf si elles sont mutilées suite à
une exécution.
Dans les zones rurales les moins industrialisées, l'accès
à l'éducation leur est presque totalement interdit car il est
souvent enseigné qu'une femme instruite est une mauvaise
musulmane ! Ainsi, l'illetrisme touche particulièrement
les femmes. Dans un paradoxe difficilement concevable, les seules
femmes instruites, enseignant dans certaines institutions, sont
celles qui éduquent les jeunes filles, dès leur plus jeune âge,
à suivre la loi de l'obéissance absolue au risque de leur vie.
Ainsi, des filles de douze à seize ans sont assassinées par
un homme de leur famille au nom du même principe de l'honneur
bafoué.
Dans les cas les plus extrêmes de soummission, les femmes
doivent garder le silence de leur naissance à leur mort, même
si elles souffrent, brûlées par l'essence ou rongées par l'acide
que leur mari leur aura jeté au visage par simple soupçon d'adultère.
Il arrive parfois que des femmes se défendent et tuent, en état
de légitime défense, leur mari, leur père ou leur frère. Là,
elles sont emprisonnées et condamnées à mort après un procès
expéditif.
Dans nombre de régions, les femme ne peut faire valoir
son droit à la vie car, pour la justice, elles ne sont pas douées
de raison : leur plainte ne peut donc être recevable. Les hommes
ne supportent pas que les femmes pensent par elles-mêmes… et
certaines d'entre elles sont d'accord prétendant, dans leur
soumission et leur conditionnement extrême, que les hommes de
leur famille sont la seule protection fiable qui leur soit donnée
d'avoir.
Le gouvernement ne réagit que très timidement
concernant ce massacre social et humain au point de ne pas poursuivre
sérieusement les hommes qui ont assassiné une ou plusieurs femmes…
S'il arrive parfois que certaines d'entre elles ne soient que
grièvement blessées, peu d'infrastructure sont capables de les
accueillir pour les protéger ou les soigner. Ainsi, des jeunes
filles et des femmes meurent dans l'abandon et la détresse la
plus absolue !
Au delà de la déchirure profonde que ces informations nous laissent
dans le cœur, il y a une compassion immense pour ces femmes
qui se sacrifient et pour ces hommes emmurés dans leurs traditions
et qui, à l'évidence, « ne savent pas ce qu'ils font ! ».
Thierry
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Source : BBC
Photo : ONU
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