| La
Femme aux Pays-bas [12-2000] |
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La caractéristique des Pays-bas se situe dans la puissance de
sa cellule familiale. En grande majorité protestante, les familles
vivaient, jusque dans les années 1970 sous une autorité patriarcale
dont les règles étaient bien établies. L'émancipation des jeunes
et des mœurs durant les années 1980 est venue bousculer la structure
et redistribuer les rôles…
La famille conserve, toutefois, une forte influence sur le comportement collectif des néerlandais. Ainsi, même si la cellule a éclaté, le concept familial demeure encore le modèle principal que la société véhicule. Et pas n'importe lequel. Son aspect le plus frappant réside dans la politique d'éducation entreprise dès le plus jeune âge et ensuite dans la différence entre les postes économiques tenus par les hommes et par les femmes. Les filles doivent penser, avant même de commencer leur cursus scolaire, a intégrer dans leurs ambitions le rôle de mère au foyer. Ainsi, elles se trouvent dans la quasi-obligation de choisir des filières scolaires moins longues que celles des garçons et, par ce fait, ne peuvent atteindre des postes à hautes responsabilités qui ne pourraient rester vacants à cause d'une grossesse. Les Pays-bas comptent parmi les états européens où le travail à temps partiel est majoritairement occupé par les femmes. La procréation continue donc à influencer fortement l'orientation scolaire et le choix de la profession.
De son côté, le gouvernement semble jouer, lui aussi, le jeu de la tradition ou bien, sans doute, se rend-il compte qu'il est difficile de changer les us et coutumes quand les citoyens y font toujours référence dans leur vie. Cette attitude timide et soumise favorise aussi les cas de harcèlements sexuels, encore en pratique dans l'enceinte du travail et une discrimination au niveau de l'iniquité de la rémunération entre les hommes et les femmes.
En ce qui concerne la protection des femmes et de leur santé, le gouvernement a donné toute la priorité à l'intégration de la CEDEF qu'il a ratifiée sans réserve. Les lois sociales aux Pays-bas sont établies avec une importante considération pour les femmes. Ainsi, en 1997, pour protéger les femmes victimes de violence conjugale et pour leur fournir un service d'aide efficace, le gouvernement a débloqué $40 000 000 en faveur de la construction de refuges et de la mise en place d'infrastructures d'accueil et de suivis des victimes. Par exemple, la femme qui désire quitter le foyer conjugal pour cause de violence, est prise en charge par des subventions adéquates en plus d'allocations données pour que ses enfants puissent la suivre dans son changement de vie.
D'importantes et longues campagnes, organisées par le gouvernement avec le concours d'Organisations non gouvernementales, qui dénonçaient la violence dont les femmes étaient victimes, ont recueilli un écho très favorable auprès de l'opinion publique avec plus des 2/3 de la population qui a été sensibilisée par le problème. Toutefois, le fait qu'il n'existe aucune loi spécifique condamnant cette violence subi par les femmes, en tenant compte de tous les aspects sexospécifiques liés à sa pratique, entache quelque peu la bonne marche des procédures dans les cas extrêmes, ce genre de violence étant considéré sur le même plan que les autres formes, génériques, rencontrées dans la société hollandaise. Il est cependant à signaler que le Ministère de la justice a entrepris d'analyser plus en profondeur les résultats d'études sur la violence à l'égard des femmes en vue d'élaborer de nouvelles actions politiques et d'appliquer des mesures pour lutter contre la pérennité de ce fléau.
Dans le cadre de la gestion de la prostitution, les Pays-bas ont adopté une politique apparemment originale mais qui semble bien ambiguë par ailleurs. En effet, depuis que le gouvernement a légalisé la prostitution sur son territoire, les bordels sont licenciés, les filles contrôlées par des organismes spéciaux de l'état pour garantir leur provenance légale, leur santé et leur protection. Cette démarche a pour objectif d'empêcher le trafic clandestin de filles et de femmes venant des pays de l'Est ou d'Afrique et entrant en Hollande de manière illégale. L'état contrôle, ainsi, le marché de la prostitution et veille à sa santé. Où est le respect de la personne humaine auquel ces femmes ont droit dans tout ça ? L'état accepte et fait la promotion d'établissements dans lesquels des filles et des femmes sont exploitées pour le plaisir d'un certain nombre d'hommes. Que leur venue dans le pays soit légale ou pas, l'état ne se fait-il pas le fournisseur unique de ce réseau national auquel il garantit "la marchandise" ?! En tout état de cause, lorsque la légalisation de la prostitution prit effet en Hollande, le trafic de femmes en provenance d'Argentine ou d'Uruguay augmenta sous le couvert de mariages blancs contractés d'abord en Allemagne…
Les Pays-bas possèdent les Antilles néerlandaises et Aruba, petites îles au Nord des terres de l'Amérique latine. Bien qu'aucun rapport fasse état, de manière précise, des orientations politiques dans cet archipel, le sort des femmes autochtones semble bien préoccupant lorsque le gouvernement se déclare non responsable de la mise en œuvre des droits économiques, sociaux et culturels sur ces îles ?
Les lois hollandaises sont en majorité favorables au respect et à la promotion des droits des femmes. Les obstacles qui resteraient à franchir sont ceux édifiés par une culture quelque peu renfermée sur elle-même, qui n'ose pas dévoiler ses problèmes. Ainsi, ce comportement peut être fâcheux pour les femmes victimes de violences ou d'abus divers qui n'oseront pas témoigner de la discrimination exercée à leur égard et de leur cas aux administrations pouvant leur venir en aide. Le spectre de la famille unie et soudée autour de règles coutumières peut parfois contribuer à favoriser un état de solitude dans la souffrance et l'ignorance…
Thierry
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Source : ONU, US dept, Amnesty, Penelope.org
Photo : "All the web" media search
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