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Femme au Mali [11-2000] |
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Le Mali fait partie des pays subsahariens qui côtoient quotidiennement
la pauvreté, les carences sanitaires, la ruralité extrême dans
son système social et ses coutumes. Depuis que le président
Konaré est au pouvoir, son dernier mandat arrivant à terme en
2002, la vie des maliens et des maliennes a changé : état des
lieux.
Lorsque la vie change, cela n'implique pas forcément une évolution positive. Cependant, la base du changement, c'est le mouvement qui s'exprime à travers des expériences, des prises de conscience, des actions, des erreurs, des remises en question et de la persévérance. A ce titre, le gouvernement malien a mis au point une façon tout à fait originale de faire évoluer le respect des droits humains en son pays et en particulier celui des femmes. Loin de faire l'unanimité, il a le mérite de jouer volontairement la carte de la progression et de la responsabilisation du peuple.
En effet, en 1997, le ministère de la promotion de la femme a créé le comité national contre la violence perpétrée à l'égard des femmes en collaboration avec toutes les ONG présentes sur le terrain. Durant plus d'un an, les ONG ont pu enquêter et constituer un rapport de recommandations qu'elles ont remis au ministère en octobre 1998 et qui concernait Les Mutilations Génitales Féminines en particulier (le Mali faisant parti des pays africains où cette coutume est majoritairement pratiquée).
Le gouvernement a ainsi élaboré deux plans d'action, pour éliminer ce fléau, étalés jusqu'en 2008. La première phase programmée pour la période allant de 1999 à 2004 concentrera son opération sur l'éducation et la propagation de l'information concernant les méfaits de cette pratique au niveau de la santé des femmes mais aussi ceux causés sur la cellule familiale. La deuxième phase se déroulera de 2004 à 2008 et sera consacrée à l'adoption de nouvelles lois en faveur des femmes et de l'élimination de la pratique de l'excision. La démarche est simple : informer, rééduquer les individus, hommes, femmes et enfants afin que les lois, instaurées par la suite, puissent être respectées et utilisées le plus possible. Outre ce programme national, des groupes de femmes, à l'origine d'initiatives locales, revendiquent de plus en plus leurs droits en matière de responsabilités familiales et sociales, notamment en matière d'accès au logement ou à la propriété foncière.
Car il faut bien le dire également, l'émancipation des maliennes, la reconnaissance de leur rôle au sein de la famille et de la société appartiennent à un début de réalité qu'il est indispensable de développer. La femme malienne assume traditionnellement la gestion quotidienne des affaires domestiques et ses compétences sont multiples dans ce domaine : ménagère, paysanne au champ, vendeuse au marché, artisane dans des ateliers de poterie. Des initiatives locales, menées par des associations diverses, tentent de répandre l'idée que la santé de la femme et sa place dans la société sont indispensables à la croissance générale du pays.
Cependant, certaines pratiques coutumières et traditionnelles mettent un frein à d'autres envolées prometteuses. Ainsi, l'une d'entre elles fait que des enfants, issus d'un couple, soient la propriété du mari. Les décisions les concernant sont souvent prises, sans êtres trop discutées, par les frères et sœurs ou les parents du mari. La mère a rarement le droit d'intervenir ! Quant à l'avenir des filles, il est souvent élaboré en dehors de toute scolarité, ce qui limite dramatiquement leur insertion future au sein même de la vie sociale du pays. Les filles naissent pour devenir, dans la plupart des cas, l'une des épouses d'un mari souvent non désiré. La polygamie reste donc également une coutume encore répandue au Mali et fait partie d'une des discriminations toujours perpétrées à l'égard des femmes. En outre, la violence dont elles sont victimes, aussi bien sur le plan général que sur le plan familial, n'est pas reconnue ni condamnée par aucune loi en vigueur. Seul un plan d'action national existe relatif aux droits des femmes maliennes avec des services d'aide qui sont disponibles, surtout dans les grandes villes.
Bien que la situation des femmes maliennes ne fasse pas état d'une avancée évidente, celles-ci ont tout de même le droit de se réunir, de parler de leur avenir et des changements qui doivent s'opérer en leur faveur dans la société. Elles ont le droit de se faire entendre dans l'enceinte d'associations créées à cet effet, d'élaborer des projets et des revendications qui remontent parfois jusqu'aux oreilles et aux yeux du gouvernement et du chef de l'état. Mais ici encore, c'est une réconciliation entre hommes et femmes qu'il faut essayer de promouvoir et au-delà, la communication entre eux.
Quoi de plus parlant que la découverte de cette chercheuse, dépêchée au Mali pour mener une enquête concernant la pratique de l'excision, lorsqu'elle a entendu le chef d'un village lui répondre qu'il ignorait l'existence de l'Association des Femmes Maliennes, alors que la présidente de la section locale de cette association n'était autre que… l'une de ses femmes !
Thierry
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Source : ONU, US dept, Amnesty
Photo : Entr'aide France Mali
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