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La Femme en Suède [10-2000]


Femme suédoise Fervente partisane de la libération sexuelle dans les années 60/70 qui s'est vite restreinte à la seule satisfaction des désirs sexuels des hommes, la Suède s'est engagée depuis le début des années 1990 à reconsidérer les fondements de son système politique, économique et social avec pour seul souci, la revalorisation de la vie des femmes dans la société…

Dès lors, l'amélioration de la condition féminine est devenue le centre d'un débat national qui a impliqué les divers représentants des instances politiques, judiciaires, sociales ainsi que les mouvements féministes et les ONG présentes dans le pays. Cette réflexion commune s'est étendue sur une vingtaine d'années durant lesquelles les concepts élaborant les bases de toutes les sociétés à tendance patriarcale ont "volé en éclats".

A l'arrivée, une multitude de lois est venue transformer et étoffer un système législatif qui s'est massivement engagé en faveur de la protection et la valorisation des femmes suédoises. Parmi les plus importantes, nous relèverons la loi qui demande à tout employeur de considérer l'homme et la femme à égalité face à l'avancement professionnel, à la rémunération, à la sécurité du travail, responsabilisant ce dernier sur les cas de harcèlements sexuels pouvant s'exercer au sein de son entreprise. Mais surtout, la loi qui réprime la violence générée contre les femmes avec l'introduction de l'infraction pénale de "violation flagrante de l'intégrité de la femme" dans la législation suédoise visant à condamner les violences fréquentes commises par un homme envers une femme, suédoise ou immigrée, qui lui est intime, en l'occurrence, son épouse ou sa concubine. En tout état de cause, les tabous qui entouraient la violence domestique dans le passé ont laissé la place à une préoccupation grandissante et réelle de la santé des femmes.

Mais la Suède n'a pas voulu s'arrêter là. Outre le fait d'instaurer des lois garantissant un mieux-être et un respect absolu des femmes, une étude a été faite sur les conséquences de la violence féminine sur la société. Ainsi, il s'est avéré que cette forme de violence représentait la manifestation la plus extrême de l'inégalité entre hommes et femmes et la forme la plus rétrograde de la discrimination qui pouvait s'exercer contre ces dernières. Cette étude a donc mis l'accent sur les causes psychologiques fondamentales qui pouvaient être à l'origine d'un comportement violent chez les hommes et de l'état de résignation, voire de culpabilité, qu'il générait chez les femmes.

Cette préoccupation étant de premier intérêt pour le gouvernement, il a également participé à faire grandir la conscience publique sur ce phénomène en organisant et supportant des conférences de sensibilisation à ce phénomène encore présent dans le pays. Les officiers de police ont suivi des formations spécifiques pour appréhender de manière personnalisée les différents cas de violence et pour porter assistance aux femmes qui en sont victimes. Autre aspect positif de la démarche : les hommes qui prennent conscience de leur tendance destructrice, instigateurs de cette violence, peuvent être pris en charge psychologiquement par des instituts. En mars 2000, la ministre suédoise de l'égalité des chances a annoncé la création, au niveau gouvernemental, d'un conseil national sur la violence à l'égard des femmes.

La prostitution a fait l'objet, elle aussi, de mesures draconiennes, de lois libératrices et réparatrices pour les femmes. Ainsi, "les hommes qui se procurent, moyennant paiement, des relations sexuelles occasionnelles sont condamnés pour achat de services sexuels à une amende ou un emprisonnement de six mois au plus". Par cette nouvelle action de valorisation des femmes vivant sur le sol suédois - le marché de la prostitution faisant entrer dans le pays une majorité de femmes qui viennent des pays de l'Est ou d'Asie - le gouvernement affiche clairement sa volonté de marquer fermement les consciences masculines qui ne se seraient pas rendues perméables aux mesures lancées pour respecter l'intégrité de la femme. Signalons toutefois qu'il existe des hommes, en Suède, qui ont créé des associations et des centres de crise pour aider leurs congénères à gérer leur violence envers leur compagne et à parler d'une nouvelle société peuplée de "Supers papas" !

Ces mesures courageuses qu'il faut montrer en exemple au reste des pays, du moins européens, permettent de réveiller les consciences mais ne font cependant pas disparaître miraculeusement, du jour au lendemain, l'âpre réalité de la violence féminine toujours répandue en Suède comme partout ailleurs dans le monde. Elles signent néanmoins les conséquences positives directes d'une participation importante des femmes à la scène politique. Elles démontrent, surtout, une volonté, unique au monde, de poser les bases d'une nouvelle société où les hommes et les femmes seraient réconciliés… et nous permettent de rêver au prélude d'une réconciliation à l'échelle de l'humanité tout entière !


Thierry Contact

Source : ONU, US dept, institut suèdoise (www.si.se)
Photo : Corbis.com
 



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