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La Femme en Egypte [09-2000]


Femme égyptienne L'histoire de l'Egypte est intimement liée à celle de l'humanité. La place de la femme égyptienne, au sein de toutes les dynasties qui ont régné, a toujours été celle d'une procréatrice, donnant naissance à des demi-dieux pour les besoins pharaoniques de leur époux !

Sans réelle place dans la société égyptienne, elle n'avait pour mission que de donner naissance à la descendance directe du Pharaon. S'il lui était impossible d'honorer ce rôle, il était transmis à une autre femme, de la famille royale, choisie par l'époux. Des millénaires ont passé, mais le fardeau d'une telle démesure n'a-t-il pas laissé quelques traces dans la conscience collective d'un pays à la lourde et flamboyante histoire ?

En tout état de cause, la condition humaine et le respect de ses droits n'est pas encore la priorité dans l'esprit des gouvernements successifs et du dirigeant actuel, en place depuis 24 ans. Un peu comme si les élus naviguaient encore entre ciel et terre et qu'ils considéraient les êtres humains de haut et sans trop de compassion. Des sortes d'esclaves tenus au silence et au service du pouvoir en place, fut-il divin ou pas !

Car s'il faut parler, à notre époque, du respect des droits humains en Egypte, il suffirait de quelques mots pour le définir : restriction de la liberté d'expression et d'association, ONG comprises, prisonniers d'opinions, détentions illégales, conditions carcérales déplorables, procès inéquitables, tortures, morts en détention, disparitions, insuffisance des enquêtes (surtout concernant des exactions commises par les différentes forces de sécurité) et enfin l'application assez large de la peine capitale.

Et les femmes dans tout cela ? Le contexte civil et religieux ne leur est, évidemment, pas favorable. Toutefois, le gouvernement ne peut pas faire éternellement abstraction de la pression internationale et de celle des ONG (même si leur champ d'action reste limité). Ainsi, depuis 1995, il essaie d'interdire la pratique barbare de l'excision, plus connue sous le terme de Mutilation Génitale Féminine. L'Egypte compte parmi les pays dont cette tradition fait le plus de victimes au monde. Le nombre de femmes circoncises est alarmant. Ceci dit, la mesure gouvernementale interdisant sous n'importe quel prétexte, depuis 1997, ce rite dégradant, commence à porter ses fruits et tend à en réduire l'application.

Un autre facteur important semble être à l'origine d'une certaine évolution de la condition féminine en Egypte. La nouvelle génération de filles qui ont accès à l'éducation au même titre que les garçons, favorise des prises de conscience et leur permet de s'exprimer, un peu plus librement, sur leurs désirs et leurs choix de vie. En outre, le recours à la contraception est plus fréquent chez les jeunes filles que chez les femmes de la génération précédente. De fait, il y a moins d'adolescentes qui se retrouvent enceintes. La mortalité enfantine a également diminué. Et enfin, tout dernièrement, quelques femmes ont été autorisées à se présenter comme candidates aux prochaines élections législatives qui auront lieu en novembre 2000.

Malgré cette évolution dont il faut se féliciter, des zones d'ombre subsistent sur lesquelles il est nécessaire de se pencher. En effet, la violence domestique est assez répandue et banalisée en Egypte. Le viol marital n'est pas considéré comme illégal car le respect de la vie privée est de rigueur au point d'en oublier celui de la femme ! Des cas de crimes d'honneur sont régulièrement rapportés, même s'ils ne sont pas fréquents. Les jeunes filles ont encore besoin de l'autorisation de leur père ou de leur frère pour voyager et les femmes, de celle de leur époux. Il n'existe aucune femme juge à la cour de justice égyptienne. La loi est favorable à l'égalité des sexes en regard du marché du travail et des salaires mais, en pratique, il existe toujours un écart substantiel entre la rémunération des hommes et celle des femmes...

Lorsque l'on interroge les filles égyptiennes sur leurs désirs les plus fervents, elles expriment le souhait de la liberté à travers les tenues vestimentaires, leurs rôles dans la société, aussi bien au niveau économique que social mais surtout d'avoir, un jour, un garçon comme véritable ami !


Thierry Contact

Source : EDHS, ONU, US dept, Libération
Photo : Corbis.com
 



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