| La Femme en Namibie [06-2000] |
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En 1990, la Namibie proclame son indépendance après 34 ans d'opposition
armée entre la SWAPO (Organisation du peuple du Sud-Ouest africain)
et l'Union Sud-Africaine qui en avait l'administration depuis
1920…
Dès lors, la République namibienne s'est rapidement dotée d'une constitution contenant d'importantes garanties en matière de défense des droits fondamentaux des êtres humains. Aussi, la condition des femmes fut au cœur même des débats conduisant à de nouvelles réformes. Le constat était préocupant quant à la discrimination " traditionnelle " dont les femmes namibiennes étaient victimes. Bien que d'énormes efforts furent entrepris afin de reconsidérer le rôle de la femme au sein de la société et de la famille, les stéréotypes féminins continuent d'entraver la mise en œuvre efficace de la Convention CEDEF.
Certaines élèves de lycée sont punies par une exclusion définitive de leur école lorsqu'elles se retrouvent enceintes. Il existe également de fréquents cas de discrimination sur le marché du travail, soit sur le plan de la rémunération, où les femmes sont bien moins payées que les hommes, soit au niveau du harcèlement sexuel. Le gouvernement, de son côté, avait mis en place des mesures dites " palliatives " afin de panser les plaies d'une société trop patriarcale à l'égard des femmes. Tel a été le cas pour atténuer l'inégalité générale entre les hommes et les femmes. Dans le même élan, il y eut la création de neufs comités sectoriels dont la responsabilité fut de réfléchir sur l'inégalité au sein des administrations et des gouvernements. Malgré cela, l'aspect palliatif des actions entreprises démontre que les problèmes ne sont traités qu'en surface sans s'attaquer vraiment à leurs causes profondes. Ainsi, à l'heure actuelle et bien que le président et ses ministres aient réclamé énergiquement un changement de mentalité et de comportement à l'égard des femmes, ces dernières n'occupent pas vraiment de postes importants en politique et dans l'administration.
Les freins les plus puissants à un véritable changement restent les coutumes et traditions. Ainsi, la violence conjugale est banalisée et les lois sont insuffisantes pour, à la fois, prévenir et protéger les cas d'agression et soutenir les femmes victimes d'abus physiques et sexuels. Car le viol marital est une pratique encore suffisamment répandue en Namibie pour que l'on s'en inquiète sérieusement. Le gouvernement a toutefois pris des mesures pour essayer d'enrailler ce fléau et pour mettre davantage de services de soutien aux victimes de violence familiale, femmes et enfants compris.
Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation ont lieu régulièrement afin d'attirer l'attention de l'opinion publique sur les actes d'agression dont sont victimes les femmes. D'importants meeting se tiennent dans différentes villes du pays, auxquels participes diverses organisations, des partis politiques, des groupes civils et religieux, des associations de défense des droits des femmes, des étudiants et aussi des anciens combattants afin de s'attarder sur l'évolution de la condition féminine. Nous avons pu voir ainsi, le personnel de centres de soutien pour femmes battues faire équipe avec des officiers de police afin de porter assistance aux victimes.
Cependant, l'aspect plutôt positif des engagements pris par le Président et son gouvernement ne masque pas le manque d'efficacité sur le terrain. Les chiffres concernant les cas de violence et de viols ne baissent pas et ont même parfois tendance à augmenter.
Dans un climat politique et économique vacillant (la Namibie a ouvert ses frontières à l'armée angolaise afin d'éradiquer l'action de rebelles angolais réfugiés sur le territoire namibien), la pauvreté apporte son lot de difficultés, réduisant les chances d'un changement rapide de la condition des femmes. Reste l'espoir d'une continuelle évolution des consciences de la population namibienne sur la nécessité de donner à la femme la place qui lui revient !
Thierry
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Source : ONU, Pana-Namba, US Dept
Photo : corbis.com
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