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La Femme en Syrie [06-2000]


Femme syrienne A l'heure où le président Hafez el-Assad, à la tête de la Syrie depuis mars 1971, décède, il est intéressant de dresser un bilan sur l'évolution des droits des femmes et, aussi, d'évaluer les perspectives à venir…

Et la situation des femmes syriennes n'est pas réjouissante aussi bien sur le plan juridique que pratique. Certaines lois, dans le code civil ou pénal, montrent clairement leur aspect discriminatoire à leur égard. Si l'une en fait une victime de la loi elle-même qui la rabaisse en la mettant juridiquement sous la tutelle de l'homme, l'autre permet à quiconque aura surpris sa conjointe ou sa sœur, en flagrant délit d'adultère ou de rapports sexuels illicites, de commettre un "crime d'honneur" à son encontre. Cette prise de position juridique conditionne en grande partie la persistance de comportements culturels discriminatoires alors que le code civil assure par certaines lois, trop rares, une égalité de traitement entre les hommes et les femmes. Cela se révèle notamment au niveau de l'éducation où, bien que chacun ait accès équitablement à l'enseignement scolaire, l'on compte bien plus de femmes analphabètes que d'hommes.

Les raisons sont toujours les mêmes : mariages précoces, enfermement dans un rôle limité de femme domestique et soumise aux besoins de sa famille, parents, mari et enfants. Ainsi, pour avoir le droit de goûter à la liberté de se déplacer et de voyager à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire, il leur faut obligatoirement une autorisation écrite de leur père, frère, mari ou oncle. Si quelques femmes parviennent à travailler à l'extérieur, le traitement des salaires leur est également désavantageux : elles sont largement sous payées par rapport aux hommes.

Face à la violence domestique quotidienne ou à celle qu'elle subit à l'extérieur du domicile conjugal, la femme n'a aucun recours juridique fiable pour assurer sa défense. En outre, il n'y aucune loi susceptible de la protéger en cas de viol marital. Il n'est pas étonnant, alors, de constater que la Syrie a refusé, à maintes reprises, de ratifier la convention internationale des droits des femmes compte tenu de ses prises de positions discriminatoires à leur égard ou de son manque évident de considération.

En tout état de cause, et malgré le travail de certaines associations privées permettant aux femmes de trouver refuge et réconfort en cas de violence perpétrée contre elles, la préoccupation de l'évolution de leur condition et de leurs droits n'a jamais semblé être une priorité pour le gouvernement.

Toujours soumise à la loi islamique de la " Shari'a ", lui interdisant bon nombre de liberté et l'obligeant à la servitude, les femmes syriennes n'ont rien a perdre de l'arrivée d'un nouveau régime et d'un nouveau dirigeant. Le parti Baas, qui était à l'origine de réformes positives importantes en ce qui concerne le droit des femmes dans d'autres pays musulmans, semble être majoritaire dans le gouvernement actuel syrien.

Espérons que le renouveau qui agite en ce moment le monde arabe, en faveur de la démocratie et de l'abandon de certaines lois civiles, atteigne la Syrie et les hommes d'états qui sont censés la gouverner afin de l'entraîner dans ce tourbillon rénovateur, ce nouveau souffle de liberté et de considération humaine. Puissent la femme et la promotion de ses nouveaux droits, devenir le fer de lance de cet avènement que l'humanité tout entière attend pour s'accomplir.


Thierry Contact

Source : FIDH, US Dept
Photo : corbis.com
 



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