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La Femme en République du Panama [05-2000]


Femme panaméenne Le 9 septembre 1999, Mireya Moscoso est élue à la présidence de la République de Panama. Septième femme à accéder à la tête d'un état d'Amérique latine depuis 1945, elle a bénéficié d'une évolution qui s'était amorcée depuis le début des années 1990…

Dans la même lancée, le 31 décembre 1999 à midi, le Panama a recouvré sa pleine juridiction dans la zone du Canal qui était sous le contrôle des américains depuis 1903. Les négociations pour faire aboutir ce traité d'indépendance de gestion du canal par les Panaméens sont à l'image du combat que les groupes de femmes ont conduit, avec le concours effectif du gouvernement précédent dirigé par le président Ernesto Pérez Balladares González : des concessions, des efforts considérables.

En effet, en 1994, il a été élaboré un projet conceptuel intitulé "Plan pour la femme et le développement, 1994-2000" qui a servi de base à l'organisation d'une série de rencontres et de manifestations tendant à définir les actions à mener en faveur de la promotion de la femme. Dès lors, le gouvernement n'a cessé de définir, avec le concours des ONG engagées pour faire évoluer la condition de la femme en République du Panama, des directives et des réformes afin de répondre aux exigences de la Convention sur l'Elimination de toutes les formes de Discriminations à l'Egard des Femmes (CEDEF).

La création du ministère de la jeunesse, de la femme, de l'enfance et de la famille, la réforme du code électoral en 1997 au terme de laquelle les listes de candidats doivent comporter au moins 30 % de femmes et la loi de 1995 qui attribue à la violence familiale un caractère criminel, en sont les résultats les plus marquants.

Parallèlement, le gouvernement de Monsieur Gonzalez avait créé 13 organismes chargés de veiller à l'application des termes et des principes de la Convention. Certains de ces organismes officiels étaient dirigés par des représentants d'ONG avec une liberté d'action et une confiance totale. Des efforts complémentaires ont été faits pour sensibiliser les médias à la nécessité de supprimer toute allusion sexiste et de ne plus montrer la femme comme un objet. En tout état de cause, le Panama s'est engagé, sur le plan international, à promouvoir le rôle de la femme au sein de la société, à améliorer ses conditions de vie et à éliminer tous les obstacles qui entravent sa participation dans tous les domaines de la vie du pays.

Tout ce climat, aux idées " révolutionnaires " concernant la reconnaissance du respect des femmes et de leurs droits, a conduit à ce que la population recouvre son identité. Les facteurs qui, auparavant, entravaient l'application de réformes en faveur des femmes, comme la situation géographique, économique et stratégique dont ont profité les Américains durant près d'un siècle ou encore l'instabilité politique durant la présidence du Général Noriega, ont disparu pour laisser la place à une détermination et une volonté évidentes de les faire aboutir.

Bien sûr, la République du Panama se trouve toujours devant des difficultés d'ordre culturelles ou liées à la pauvreté de certaines régions peuplées d'autochtones, toute l'activité économique s'étant développée et concentrée autour des services rattachés au canal. Il reste encore du chemin à faire pour que les réformes deviennent pleinement effectives dans le quotidien des femmes qui travaillent, dans celui des filles qui poursuivent leurs études sans être obligées de les arrêter sous la demande express de leur famille, dans celui des prostituées qui sont victimes d'un manque de considération et de recours juridique en cas d'agression sexuelle ou autre.

Mais, petit à petit, nous verrons disparaître les derniers résistants qui utilisent encore des moyens rétrogrades pour discriminer les femmes, comme les contraindre à passer un test de grossesse avant toute embauche ou encore la persistance des inégalités de salaires et de cas de harcèlements sexuels. Nous verrons également se réduire fortement les cas, toujours présents, de violences familiales, des inégalités persistantes entre les femmes citadines et les femmes autochtones.

Mais si nous faisons délibérément le choix de parler des efforts consentis et des mesures positives prises par le gouvernement en faveur des femmes panaméennes, c'est pour encourager une action qui fait office d'exemple dans cette région instable et controversée de la planète et qui donnera, durant les cinq années à venir, sous la présidence d'une femme, de gros espoirs d'amélioration et de réformes féministes. Et sans doute, nous ferons du Panama un exemple à suivre pour la promotion des droits, de l'identité et de l'épanouissement des femmes à travers le monde entier.


Thierry Contact

Source : ONU, US Dept, CEDEF
Photo : corbis.com
 



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