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Femme en Côte d'Ivoire [04-2000]
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Plusieurs associations et comités mènent des actions d'information
et de rééducation conjointes auprès de la population et du gouvernement
de la Côte d'Ivoire afin d'y faire évoluer le droit des femmes…
Le mur contre lequel se heurtent ces associations humanitaires locales et internationales reste celui de la tradition, de l'immobilisme et de l'inconscience collective. Et ce mur épais renvoie l'écho de la souffrance silencieuse des femmes ivoiriennes et de la discrimination dont elles font l'objet à travers le manque d'accès à l'éducation, la violence domestique et les coutumes à forte domination patriarcale. Ainsi, même si le gouvernement adopte des lois et met en place certains moyens pour faciliter la scolarisation des filles, la concrétisation est difficile à atteindre à cause du nombre trop important d'adolescentes misent " hors circuit " du parcours scolaire par une grossesse précoce ou par des parents qui les donnent en mariage. Car, voilà bien la maladie qui ronge la société ivoirienne : le mariage forcé qui est une des origines principales de la fréquence élevée de la violence domestique.
Beaucoup de femmes sont concernées par ce fléau national contre lequel luttent l'AIDF (Association Ivoirienne pour la défense des Droits des Femmes) et le CNLP (Comité National de Lutte contre les Pratiques traditionnelles néfastes). Leur travail de rééducation des mentalités est extrêmement difficile et délicat dans ce pays où beaucoup de personnes pensent toujours que les violences faites aux femmes sont normales !
Le cas dramatique de Fanta Kéita en donne la preuve. C'est à l'âge de 16 ans que sa famille la force à se marier avec son cousin direct Seydou, âgé de 29 ans. Fanta, elle, n'a jamais voulu de ce mariage et espérait se marier avec un autre garçon dont elle était amoureuse. A plusieurs reprises, elle fugua. A chaque fois, elle fut rattrapée, corrigée et ramenée de force auprès de son mari. Naturellement, elle se refuse à Seydou qui, pour accomplir " le devoir conjugal " est obligé de la battre. Jusqu'à cette nuit tragique où Fanta tue Seydou d'un coup de couteau dans la gorge pendant son sommeil. La famille, sous le choc, fut incapable de comprendre la raison du geste de Fanta, elle, si docile et soumise !
A la lecture de ce " fait divers ", il devient urgent de faire évoluer les esprits afin que ce genre de drame cesse de se produire en Côte d'Ivoire. C'est ce à quoi s'acharnent les associations précitées auprès du gouvernement qui reste, pour sa part, assez timide devant l'ampleur du problème. En effet, il ne remet pas systématiquement en question certaines dispositions de la législation qui sont encore discriminatoires à l'égard des femmes comme, par exemple, le fait que les ivoiriennes paient plus d'impôts, à salaire égal, que les hommes. Il ne revient pas plus sur les conditions de vie en détention des femmes incarcérées qui sont abusées sexuellement par les gardiens en contrepartie de traitements de faveur en matière de nourriture ou de maltraitance. Il faut savoir qu'un nombre important de prisonniers décèdent en prison à cause des tortures qu'ils subissent.
La position du gouvernement n'est également pas très claire en ce qui concerne les abus maritaux : bien qu'il ait dernièrement voté des lois tendant à protéger les femmes ivoiriennes du harcèlement sexuel et du mariage forcé, rien n'a été décidé au sujet des abus dans le cadre du mariage. Une carence qui continue à porter atteinte aux droits des femmes et à leur intégrité humaine. Sans doute faudra-t-il encore quelques années pour que la mission des associations locales comme l'AIDF soit entendue et reconnue plus largement par les politiciens de la Côté d'Ivoire. Les mutilations génitales, toujours en pratique dans certains endroits du pays, témoignent plus que jamais de la nécessité de rééduquer tout un peuple corrompu par des traditions inhumaines.
Thierry
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Source : www.regietexas.com/femmes/, ONU, US Dept
Photo : Tropenbos foundation
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