| La Femme en Uruguay [03-2000] |
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Depuis 1990, l'Uruguay a réussi à endiguer une crise économique
et une inflation qui avait plongé le pays dans une disparité
sociale alarmante. Aujourd'hui, l'état, avec à sa tête le président
Julio Maria Sanguinetti, essai de refermer les plaies…
Tout est à redresser en Uruguay : de l'économie à la politique sociale en passant par les mentalités encore trop enclines à une discrimination naturelle et insidieuse qui s'exerce contre les femmes. En fait, le gouvernement agit un peu comme s'il avait honte de son manque de résultat, d'une certaine inefficacité en matière de concrétisation des efforts engagés en faveur des droits humains face aux remarques des différentes organisations internationales et des observateurs étrangers. En effet, les moyens mis en œuvre en faveur d'une meilleure intégration des femmes sur la scène quotidienne du marché du travail et de la politique sont énoncés. Il en va de même pour les mesures d'urgence concernant la violence domestique dont les femmes sont victimes : centres d'accueils pour femmes battues, sensibilisation de l'opinion publique aux méfaits que peuvent entraîner le silence et la soumission en cas de violence familiale, nouvelles lois condamnant fermement les agresseurs et les abus physiques intentés contre les femmes uruguayennes. Le gouvernement a lancé, également, des réformes leur donnant plus librement accès aux institutions.
Cependant, quelques fausses notes résonnent dans ce concerto pour femmes et tiédeur politique. L'insuffisance des renseignements diffusés et fournis par le gouvernement concernant la situation des femmes en général et la violence familiale en particulier en est un exemple. Compte tenu des moyens employés pour combattre ce genre de violence et qui sont des démarches réellement positives, le gouvernement doit être largement renseigné sur les faits et statistiques, mais il reste néanmoins réservé sur leur divulgation ! Il demeure, ainsi, une ambiguïté dans les champs d'actions de certaines lois et en particulier celles qui s'appliquent au viol. En effet, le crime de viol a été intégré au code pénal uruguayen, mais le viol marital n'y a pas été spécifié et aucun amendement n'a été apporté à cette loi par la suite. En outre, la torture n'est toujours pas considérée comme un crime et n'apparaît toujours pas dans les textes de lois.
Ainsi, la discrimination à l'égard des femmes reste un problème difficile à réfréner en Uruguay, faute de pouvoir l'éliminer. Même si les filles ont une possibilité d'accès à l'éducation équivalente à celle des garçons, le nombre encore élevé de grossesses précoces chez les adolescentes continue à les pénaliser fortement (ce qui a bien souvent pour conséquence, l'arrêt de leur scolarisation et, de ce fait, leur future intégration sociale) et entraîne, de surcroît, des effets négatifs sur la santé des jeunes mères et des nouveau-nés. Là encore, il y a une absence d'études et de rapports de la part du gouvernement, ce qui rend difficile l'évaluation de l'ampleur du problème.
Par ailleurs, en ce qui concerne la rémunération des femmes qui travaillent, un fossé assez important existe entre leur salaire et celui des hommes pour un travail et un niveau de qualification identiques. Dans certains secteurs comme l'agriculture, activité maîtresse des zones rurales, elles reçoivent à peine plus de la moitié de ce qui est alloué aux hommes…
En Uruguay, comme partout dans le monde, longue est la route qui mène à l'égalité parfaite et légitime entre hommes et femmes, tortueux est le sentier qui conduit vers le respect absolu de leurs droits et de leur personne… Douloureux est le chemin de croix que notre monde patriarcal les oblige à fouler !
En ce lendemain du 8 mars, journée mondiale de la femme, faisons que les bonnes intentions et les prises de conscience en faveur d'une amélioration réelle de la condition des femmes ne viennent pas remplir de nouveau les " placards à velléités " de la grande majorité des pays de notre planète. Encourageons l'Uruguay à faire preuve d'honnêteté et d'ingéniosité pour réinsuffler dans l'âme de son pays l'essence de vie féminine qui lui manque cruellement encore aujourd'hui !
Thierry
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Source : ONU, US Dept, Human Rights Committee Experts
Photo : X
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