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Femme en Tanzanie [02-2000] |
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"Des femmes qui manifestaient contre le gouvernement, ont été
arrêtées, entièrement déshabillées sous les yeux des gardiens
et de certains prisonniers des deux sexes et ont subi des fouilles
intimes et dégradantes pour s'assurer qu'elles ne cachaient
pas d'armes…" Amnesty International, rapport 1999.
Beaucoup de femmes incarcérées, parce qu'elles ont manifesté en prônant leur différence d'opinion contre le gouvernement, ont été traitées de la même façon par les différentes forces de police et les gardiens de prisons. La Tanzanie est reconnue, par les différentes ONG en place et internationales, pour pratiquer la torture assez aisément sur les prisonniers d'opinions, qu'ils soient hommes ou femmes. Pour ces dernières, l'abus sexuel en détention est courant, en plus des autres formes de châtiments qui ont cours dans les prisons tanzaniennes.
Le gouvernement se rend complice de cette discrimination en refusant systématiquement de procurer des soins médicaux aux femmes incarcérées pour raison d'opinion…
En ne définissant pas clairement, dans la constitution, les formes de discriminations fondées sur la différence de sexes, il participe allègrement à ce que la femme tanzanienne soit noyée sous les actes discriminatoires et violents perpétrés à son encontre. De ce fait, le droit coutumier et religieux, qui régit entièrement la vie privée, primera toujours devant une constitution déjà peu encline à la défense des droits des femmes. Ainsi, un homme peut disposer de son épouse comme il l'entend au point d'avoir le droit de la punir si elle ne veut pas ou si elle ne peut pas avoir d'enfants.
La normalisation de la violence domestique, à cause du droit coutumier, concerne les femmes de toutes les couches sociales. Cette violence atteint un degré extrêmement inquiétant car elle est banalisée par la tradition et n'est pas dénoncée par la justice. Même la presse subit une restriction d'expression lorsqu'il s'agit d'informer la population sur ce problème courant. Comble de discrimination et de coutume, il existe, plus généralement dans les zones rurales que dans les villes, des " tabous alimentaires " qui nuisent gravement à la santé des femmes car elles n'ont pas accès à une certaine qualité de nourriture réservée aux hommes !
De son côté, le gouvernement s'oppose fréquemment à la formation de groupes en faveur des droits humains susceptibles de dénoncer ces pratiques dégradantes.
Bref, si l'on ajoute, à tout cela, l'existence de cas, encore trop nombreux, de mutilations génitales, une situation problématique en ce qui concerne la traite des femmes et des filles destinées à alimenter les marchés de la prostitution et enfin la possibilité pour certains groupes de pratiquer la polygamie, on est en droit de se demander si la République ne se serait pas Unie pour anéantir la vie des femmes dans son pays ?
Thierry
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Source : ONU, US Dept, Amnesty
Photo : ONU
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