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La Femme en Malaisie [02-2000]


Femmes malaises Lorsque la CEDEF (CEDAW) a été présentée à la Malaisie en 1995, celle-ci a exprimé des réserves sur six des articles qui composent la convention. Il n'est donc pas étonnant de constater l'évolution quasi inexistante des droits des femmes dans ce pays…

L'incohérence avec laquelle le gouvernement s'investit dans l'amélioration des conditions de la femme malaise dévoile l'ampleur de son indifférence. En effet, si nous devons accueillir avec satisfaction la création, au sein de certains hôpitaux, de services centralisés d'assistance aux victimes de viol, il est à déplorer que le viol marital ne soit pas considéré comme un crime et qu'aucune loi ne vienne protéger les femmes victimes d'abus sexuels. Les cas d'abus physiques et de violence domestique sont nombreux et devenus communs dans les colonnes de la presse malaise.

Cependant, rien n'est engagé, au niveau du gouvernement, pour enrayer véritablement ce fléau dont les femmes sont victimes. Malgré quelques refuges mis en place pour accueillir les femmes battues et abusées sexuellement, les infrastructures sont plus qu'insuffisantes et ne peuvent garantir une prise en charge efficace et à long terme. Les femmes malaises sont tellement peu considérées que les attitudes discriminatoires à leur égard font, depuis longtemps, partie de la culture et de la tradition du pays.

Ainsi, un important trafic de femmes alimente le marché du travail ou de la prostitution. Ce trafic touche principalement les femmes migrantes qui sont honteusement exploitées par les employeurs au point qu'une loi stipule qu'elles ne peuvent pas changer de travail tant qu'elles n'ont pas obtenu de titre de séjour permanent sur le sol malais. Cette loi en fait des esclaves livrées aux pires humiliations et aux plus intolérables maltraitances et abus physiques : beaucoup d'entre elles sont battues sur leur lieu de travail sans qu'aucune ne puisse porter plainte.

Si les femmes ne sont pas exploitées en tant que travailleuses, elles le sont sexuellement pour alimenter le marché de la prostitution. La Malaisie est reconnue pour être, en même temps, la source, la destination et la plaque tournante d'un trafic international de jeunes filles et de femmes. Un ministre a même déclaré que la Malaisie était considérée comme un " havre de paix " pour les trafiquants !

La récession économique a favorisé, par ailleurs, le développement rapide du réseau de prostitution malais. Que dire de ces milliers de femmes et de jeunes filles portées disparues dans la seule année de 1997 et dont nous ne saurons probablement jamais ce qu'elles sont devenues ? Evidemment, les hommes politiques du pays estiment que ces enlèvements ont été perpétrés dans leur grande majorité par les trafiquants pour alimenter les multiples trottoirs de l'Asie ou d'ailleurs. Malgré cette quasi-certitude, le gouvernement ne crée aucune infrastructure policière et judiciaire pour empêcher cette exploitation dramatique et cette discrimination générale à l'égard des femmes.

En tout état de cause, nous nous trouvons devant un pouvoir politique fortement corrompu qui manipule et gère habilement les lois, la population, la main-d'œuvre féminine, la prostitution, les prisonniers d'opinion, les exécutions capitales… Oui, il y a un douloureux malaise en Malaisie !


Thierry Contact

Source : ONU, US Dept
Photo : X
 



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