| La Femme au Bangladesh [01-2000] |
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Pays qui a depuis longtemps dépassé le seuil critique de pauvreté, le Bangladesh essaie de faire des efforts pour sortir du cauchemar…
Cauchemar dans lequel sont plongées irrémédiablement, dès leur plus jeune âge, les femmes bangladaises avec, en plus, le poids d'une discrimination aveugle.
Le système économique quasi inexistant devient l'instrument vicieux de l'expression de la violence qui s'exerce contre les femmes. L'acide, alors très bon marché, devient l'arme absolue que les hommes utilisent lorsqu'ils veulent punir leur fille et leur femme pour le refus d'une offre de mariage, pour des problèmes de dot ou à cause de querelles domestiques… La plupart d'entre elles meurent suite à leurs blessures dans d'atroces souffrances. Celles qui ne sont que partiellement atteintes par le liquide, restent défigurées à vie ou perdent totalement la vue.
Ce sont ces mêmes femmes qui sont les premières victimes du niveau alarmant de pauvreté aussi bien dans les villes que dans les zones rurales. L'accès à l'éducation leur est extrêmement restreint et leur taux d'illettrisme est considérable. Cette forme de discrimination délibérée les rend inexistantes d'un point de vue économique et social.
Ainsi, les traditions patriarcales peuvent s'exprimer et bénéficient toujours d'un large champ d'action. Elles sont mêmes plébiscitées par l'opinion publique, inconsciente de la portée dramatique de ses jugements. Les mariages forcés sont monnaie courante et des fillettes sont vendues par leurs parents pour qu'ils puissent subvenir à leurs besoins de base. Cette attitude entraîne ces enfants dans l'engrenage de la traite des filles et de la prostitution à destination de la Thaïlande ou autres pays pratiquant le commerce sexuel. Pire, beaucoup de douaniers et de policiers sont corrompus et participent au bon déroulement des transactions lorsqu'il faut acheminer les femmes à travers le pays, au passage des frontières ou encore au moment de la vente.
Malgré quelques engagements pris par le gouvernement en faveur de l'amélioration de la condition des femmes bangladaises par, notamment, l'établissement d'un ministère des affaires féminines et de l'enfance, les effets concrets dans la vie quotidienne tardent cruellement à se manifester. Ceci est dû à une incapacité à faire appliquer efficacement les lois existantes, à fournir aux victimes de violence un secours rapide et à leur rendre justice. Le système économique, social et judiciaire est, pour ainsi dire, insignifiant. Dans ce contexte, il est difficile de connaître précisément le nombre de victimes de toutes les formes de violence. Ce sont les journaux quotidiens qui servent à établir des rapports !
Le seul refuge dont les femmes, victimes d'agressions de toutes sortes, disposent, c'est la prison. Là, elles sont enfermées afin de garantir leur sécurité, parfois des semaines entières. Paradoxalement, c'est dans ces mêmes prisons que beaucoup d'entre elles sont frappées et violées par les gardiens ou policiers au cours d'arrestations abusives…
Pour la minorité des femmes qui exercent une activité professionnelle, les conditions de travail ne sont guères meilleures. Elles sont sous-payées par rapport aux hommes qui accomplissent pourtant les mêmes tâches, elles sont victimes d'intimidation, de harcèlement sexuel et parfois de violences.
Le tableau est effectivement peu réjouissant. La situation de la femme au Bangladesh est à ce point alarmant, leurs droits sans cesse bafoués et remis en question par un comportement général décadent, que les fondements de leurs conditions de vie ne pourra que s'améliorer… avec un investissement indispensable des pays développés et une bonne volonté du gouvernement bangladais ponctuée par des actes ! On se prend à rêver…
Thierry
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Source : ONU, US Dept et sigi.org
Photo : UNICEF
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