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Femme au Yemen [12-1999] |
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Dans la lignée des pays les plus discriminatoires à l'égard
des femmes, le Yemen ne porte pas la lanterne rouge. Bien au
contraire…
Non satisfait des effets peu dissuasifs de la peine capitale, le chef de l'état Ali Abdullah Saleh a étendu la peine de mort aux délits de vols de biens publics ou privés. Dans ce pays où le seuil minimal de pauvreté est dépassé dans bien des contrées rurales, où les structures enseignantes ont une forte dominance masculine, où la justice se moque des lois déjà trop complaisantes, la condition de la femme est extrêmement préoccupante. Figurant dans la liste des derniers pays ayant refusé de signer la Convention pour l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard des Femmes, le Yemen néglige ouvertement et sans scrupule sa population féminine.
Le gouvernement a estimé à 15 ans l'âge minimum auquel une fille peut être mariée. Dans la pratique, ce seuil est couramment abaissé à 12 ans par la seule volonté du père de famille. Voilà l'une des raisons principales du fort pourcentage d'illettrisme rencontré chez les jeunes filles à partir de 10 ans. Elles sont obligées de quitter le circuit scolaire pour" se rendre utiles aux travaux de la maison "en vue de faire une bonne épouse ! Ainsi, elles sont sous-représentées à tous les niveaux de la vie sociale et politique et ne constituent pas une force suffisante pour espérer faire changer les lois qui leur sont discriminatoires. Certaines de ces lois stipulent que la femme doit absolument obéir à son mari. Elle doit vivre avec lui à la place qui lui a été accordée dans le contrat de mariage, elle doit "consommer" le mariage et ne pas quitter la maison sans le consentement du mari. Toutes les lois favorisent de manière évidente une domination patriarcale sans borne. La conséquence la plus tragique de cette domination est, bien entendue, la violence et les abus sexuels qui sévissent dans beaucoup de foyers. Une violence qui se termine parfois par une infirmité ou par un meurtre, lorsqu'il ne s'agit pas d'une tentative de suicide qui aboutit ! Les auteurs de ces exactions ne sont que très rarement ennuyés par la justice qui minimise ces faits.
Les conditions de détentions dans les prisons de femmes sont tragiques : elles y restent parfois des années sans être jugées. Et même lorsqu'elles le sont et qu'elles ont purgé leur peine, elles ne sont pas relâchées pour autant. Certaines des détenues ont des enfants en bas âge ou même accouchent en prison. Leurs enfants sont obligés de rester avec elles, incarcérés et ne sont pris en charge par aucun système social qui pourrait les aider.
Un état des lieux alarmant en ce qui concerne les droits humains et ceux des femmes en particulier. Comme si les dirigeants de ce pays n'avaient d'autres soucis que d'asseoir leur pouvoir sur la souffrance de leurs concitoyens, de leurs mères et de leurs filles !
Même si la pression internationale a obligé le gouvernement à exprimer un peu de bonne volonté par des reformes sociales afin de faire évoluer la condition des femmes au Yemen, cette démarche reste encore trop insuffisante et nous attendons des actes concrets qui nous feraient oublier les mauvaises intentions !
Thierry
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Source : www.un.org
Photo : www.corbis.com
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