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Femme au Zimbabwe [12-1999] |
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Le Zimbabwe, avec à sa tête le président R.G. Mugabe, compte
parmi les pays qui n'accordent pas beaucoup d'importance au
respect des droits humains et à plus forte raison au respect
des droits des femmes...
Sous la pression de l'opinion internationale et des organisations humanitaires qui exhortent le président de la république à respecter les droits humains sur son territoire, le gouvernement a accepté d'apporter quelques modifications à la constitution et particulièrement en ce qui concerne la condition des femmes. Cependant, par le manque d'intérêt sincère accordé à ce sujet, les us et coutumes qui pèsent au quotidien sur la vie des femmes zimbabwéennes écrasent intégralement leurs droits législatifs. Ainsi, des fillettes continuent à être données en gage ou en récompense (ngozi ou lobola) comme de vulgaires objets. Elles constituent une monnaie d'échange pour services rendus ou pour primes d'engagement. Et selon les autorités, la loi n'y peut rien ou pas grand chose : la tradition est bien trop forte !
Il est alors malheureusement commun de rencontrer un nombre considérable de viols et d'abus sexuels maritaux exercés sur des jeunes filles mariées de force. De plus, la loi ne reconnaît pas la majorité des actes de violence subis par les femmes aussi bien dans la société que dans le cadre familial. De ce fait, la police et le système judiciaire ne sont pas disposés à entendre les victimes de violences multiples sans préjugés défavorables à leur égard. Les responsabilités et les pouvoirs en matière de respect des droits des femmes et par voie de conséquence, des droits humains, ne sont pas établis et le gouvernement se trouve dans l'impossibilité d'appliquer des mesures visant à éliminer la discrimination à leur égard. Ainsi, dans le cadre d'affaires de viols ou de meurtres survenus au foyer, les juges font preuve de clémence à l'égard des assassins.
Le Zimbabwe est une société essentiellement patriarcale qui accorde peu de place et de valeur à la condition de la femme dans son fonctionnement. A cause de cela, il existe beaucoup de formes de discrimination dont elles sont victimes : du non accès à l'éducation ou aux soins de santé, aux mutilations génitales, en passant par le trafic et l'exploitation des femmes, leurs souffrances physiques et psychologiques sont immenses. Le SIDA fait de plus en plus de victimes chez des femmes de plus en plus jeunes. Là encore, il existe une forte discrimination de la part des agents de santé à l'égard des adolescentes touchées par la maladie. Certaines ne sont pas admises à recevoir des soins...
Une situation qui s'aggrave de jour en jour car le gouvernement n'entend pas faire appliquer, à la lettre, les nouvelles lois qui pourraient marquer un début de changement positif pour les femmes zimbabwéennes. Sous la pression de la tradition, dont eux-mêmes sont les partisans, ils affirment leur volonté délibérée de dominer les femmes et de les considérer comme des êtres inférieurs sur lesquels ils s'accordent un droit de vie ou de mort !
Thierry
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Source : ONU, US Human rights , Amnesty, who.int
Photo : ONU
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