| La Femme au Mexique [11-1999] |
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Une vraie salade mexicaine ! Le mélange explosif d'une situation
économique et sociale à la déroute et d'une politique intérieure
irresponsable fait du Mexique l'un des pays où les droits humains
sont les plus bafoués... les femmes et les enfants d'abord !
A lire les différents rapports qui ont été établis sur le Mexique, nous avons l'impression d'un pays oublié et sans vie. En effet, aucune infrastructure ne semble apte à mettre en œuvre des programmes sociaux cohérents ou à promouvoir les droits des femmes.
Dans ce pays à forte population indigène, les disparités entre le monde rural et l'univers des grandes cités, entre les hommes et les femmes, quels que soient le lieu et les coutumes, sont alarmantes. En outre, la violente répression militaire et policière engagée par le gouvernement contre les rebelles zapatistes, aux quatre coins du pays, a laissé la porte ouverte à des exactions toutes aussi monstrueuses les unes que les autres. Dans ce système exécutif corrompu à l'extrême, les femmes et les jeunes filles font les frais de violations incessantes de leurs droits : kidnappings, viols dans l'enceinte même des commissariats... Les femmes des contrées reculées font l'objet de traitements similaires dans le cadre du grand nettoyage des factions rebelles. Elles servent ici de moyens de pressions contre les villages soupçonnés de collaborer avec la rébellion. Il existe un manque évident d'application des lois pour protéger ces femmes et ces jeunes filles de telles pratiques, ce qui ne permet pas d'envisager une amélioration rapide du problème.
Si nous cherchons des raisons à cette situation qui ne semble pas devoir évoluer positivement, nous nous apercevons que les deux causes principales en sont la pauvreté et les attitudes stéréotypées dominatrices, faisant de la femme un être inférieur à l'homme. Dans la cellule familiale, la plus "moderne" qui soit, la femme se soumet indubitablement à l'homme qu'il soit son compagnon ou son époux. Elle n'a pas d'autre choix : même s'il existe des mouvements féministes mexicains, la coutume est trop forte ! Ainsi, la police est intraitable : elle procède à des arrestations massives, tortures, viols et tue souvent par le biais d'exécutions extrajudiciaires. De plus, la pauvreté est le principal sujet de préoccupation au Mexique. En effet, certaines contrées se trouvent dans un état de précarité presque absolue à tous les niveaux de la vie sociale, ce qui aggrave la condition des femmes dans ces régions.
Faut-il parler de la violence familiale en augmentation constante ? Faut-il dresser la liste de toutes les formes de discrimination dont les femmes sont victimes, qu'elles vivent dans les grandes agglomérations ou dans les villages ? Inutile ! Quelle que soit la situation où elles se trouvent, les femmes subissent une forme ou une autre de discrimination et font l'objet de violences multiples allant jusqu'à des menaces de mort et, parfois, au passage à l'acte. La violence domestique est évidemment au cœur du quotidien des femmes mexicaines et les autorités judiciaires ne semblent pas être préoccupées outre mesure par cette dérive socioculturelle. D'autant que certaines dispositions de la loi en vigueur tendent à faire la promotion de l'inégalité et des rôles traditionnels au sein de la famille.
Cette violence domestique favorise l'éclatement de la famille ainsi que la perte des valeurs essentielles de l'être humain et d'une certaine "morale" sociale. Si nous ajoutons à cela une infrastructure sanitaire inexistante, nous obtenons un accroissement du nombre de grossesses d'adolescentes qui, avec l'hostilité non dissimulée de la société à l'égard de ce phénomène, poussent les jeunes filles dans le monde de la prostitution. Là encore, aucune action n'est menée pour endiguer ce fléau. Pire, la prostitution constitue une véritable exploitation sexuelle, un marché du sexe à grande échelle. Ainsi, l'attitude défensive et fermée de la plupart des responsables des secteurs du tourisme, de l'immigration et des douanes, qui semblent encore nier l'existence du problème, ne présage pas d'une issue positive à la situation des femmes prostituées de force...
Bien que certaines personnalités du gouvernement semblent, malgré tout, vouloir faire des efforts pour améliorer la condition des femmes dans leur pays, elles se trouvent devant une tâche extrêmement difficile à accomplir : celle de faire changer les mentalités et de faire appliquer des lois qui, bien qu'insuffisantes, ont, contrairement aux femmes mexicaines, l'avantage d'exister !
Thierry
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Source : ONU, US Human rights , Amnesty
Photo : www.corbis.com
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