| La
Femme en Corée du Sud
[11-1999] |
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Après son élection en février 1998, le président de la Corée
du Sud, Kim Dae-jung, s'était engagé à entreprendre un certain
nombre de réformes en faveur des droits humains et plus particulièrement
concernant ceux des femmes...
Effectivement, le gouvernement s'est investi en prenant des
mesures qui avaient pour objectif de réhabiliter le rôle des
femmes à divers échelons de la vie sociale. Il a montré également
une réelle volonté de mettre en œuvre le programme d'action
de Beijing en 1995 par l'élaboration d'un plan visant à améliorer
la condition féminine en Corée du Sud.
Malheureusement, la crise économique qui a touché le sud-est de l'Asie a entravé l'application de la convention de Beijing et a freiné la mise en place de la majorité de ces lois. A l'heure actuelle, aucun rapport ne mentionne les effets concrets de ces mesures sur la vie des femmes. D'autant qu'il subsiste encore dans le code civil ou dans les termes de certaines lois trop généralistes, une forme de discrimination à l'égard des femmes. Ainsi, leur situation sur le marché du travail reste préoccupante, particulièrement en ce qui concerne le harcèlement sexuel au sein des entreprises et le manque de protection sociale dans le secteur privé. La réelle difficulté pour des femmes hautement qualifiées de se faire embaucher et de bénéficier du salaire équivalent d'un homme constitue aussi une entrave à leurs droits.
Dans cette société fortement industrialisée issue en grande partie du modèle japonais, il est logique d'y retrouver certains mécanismes et aspects puissants de la discrimination persistante contre les femmes. Ainsi, les répercutions dans la vie familiale sont importantes, surtout en ce qui concerne la violence domestique et les abus physiques.
Le nombre de cas rapportés s'est accru avec la crise économique et le pourcentage de foyers concernés par la violence est en constante augmentation. Le viol reste une pratique courante dans la société coréenne et les femmes victimes ne benéficient pas encore d'une protection et d'une prise en charge suffisantes. Le viol semble être encore considéré comme un problème de second plan et le système judiciaire a tendance à minimiser les nombreux cas qui lui sont présentés.
Malgré les efforts consentis par le gouvernement, la société sud-coréenne donne l'exemple de la difficulté à faire appliquer des lois dans un pays à forte domination masculine. Cependant, petit à petit, les femmes font entendre leurs voix et les esprits évoluent en leur faveur. Il est souhaitable que leur participation à la vie politique et sociale s'accentue pour équilibrer les rôles et permettre ainsi une reconnaissance de la femme et, par-là même, un recul de la violence qu'elle subit encore à l'heure actuelle.
Thierry
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Source : ONU et US Human rights
Photo : ONU
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