| La Femme au Venezuela [10-1999] |
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Le Venezuela affiche le plus grand nombre de victoires aux concours
des reines de beauté. En 17 ans, les nymphes vénézuéliennes
ont remporté 4 titres de miss univers et 5 de miss monde… Un
hymne à la gloire de la femme ?
Lorsque nous nous intéressons de plus près aux coulisses de cette véritable industrie de l'apparat féminin, nous nous apercevons sans mal de la manière dont sont traitées les prétendantes aux titres : comme des femmes objets, ni plus ni moins, avec dureté et sans concession. L'image édulcorée et pailletée que le Venezuela nous délivre à travers le faste de ces concours ne sert qu'à voiler la misère économique dans laquelle le pays se trouve.
Et la femme en est la première victime. Les mesures économiques de redressement budgétaire touchent particulièrement les droits sociaux des femmes. Même s'il faut signaler les initiatives positives prises par le gouvernement pour faire valoir le droit des femmes en matière de violence domestique et sexuelle, les lois qui devraient valider ces engagements sont difficiles à voter. La persistance de structures patriarcales profondément enracinées freine considérablement le processus de réforme.
Ainsi, l'absence évidente de politique ou de programmes visant à défendre les intérêts des femmes, conditionne l'absence presque totale de progrès réels dans le quotidien. Le pourcentage de violence domestique, de prostitution, de grossesses précoces, d'analphabétisme, de discrimination dans les lieux de travail reste sérieusement élevé.
En outre, les policiers refusent d'intervenir dans des cas de violence domestique car une réserve figure dans le code pénal stipulant qu'un homme ayant battu une femme peut éviter le tribunal s'il est le mari de sa victime. En effet, le code pénal vénézuélien considère la violence domestique à l'égard des femmes comme un phénomène relevant du domaine privé et se refuse à porter les faits devant la justice. Ainsi, les divers témoignages font même état de cas de violences perpétrées contre des mères et des grands-mères par leurs propres fils et petits-fils. Il n'existe pas de centres d'accueils officiels pour femmes battues au Venezuela et, la plupart du temps, ces femmes souffrent en silence durant toute leur vie.
Certaines lois garantissent l'égalité des hommes et des femmes devant le mariage. Elles ont facilement accès à l'éducation, ont la possibilité d'occuper des postes importants au sein des institutions politiques, médicales et économiques. Néanmoins, les femmes restent, en réalité, sous-représentées et mal acceptées dans le circuit du travail et celui de la promotion sociale.
La pauvreté du pays contribue à réduire considérablement le rôle des femmes dans la vie publique, à faire peser sur elles le poids de la déroute économique. Elles servent, aussi bien à travers la course à l'élection de la future Miss Monde ou Miss Univers qu'à travers la discrimination silencieuse dont elles sont les victimes dans leur quotidien, de boucs émissaires à la souffrance de tout un peuple. Puisse-t-il le reconnaître un jour et rendre à ces femmes sacrifiées la dignité humaine qui leur revient.
Thierry
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Source : ONU et US Human rights
Photo : www.corbis.com
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