| La
Femme en Rép. Démocratique du Congo [10-1999]
|
|
Un tyran chasse l'autre ! Que dire de cette pseudo-république,
pseudo-démocratie, de ce pseudo-Congo (ex Zaïre), si ce n'est
de dresser un inventaire accablant des atteintes permanentes
aux droits humains…
Evidemment, et cela ne sera jamais trop répété, le respect des
droits des femmes, c'est le respect des droits humains. Depuis
son arrivée au pouvoir, en remplacement du Président Mobutu,
Laurent-Désiré Kabila a interdit à toute organisation humanitaire
et même aux rapporteurs des Nations Unies de faire leurs enquêtes
sur les différents massacres perpétrés sur le territoire de
la R.D. du Congo. Les conflits armés font des victimes à tous
les coins de rues : des militaires, mais aussi des civils, des
femmes et des enfants.
Lorsque les femmes sont arrêtées, parce qu'elles se promenaient
dans la rue en mini-jupe ou en pantalon, elles sont battues
puis mises en détention, violées sur le champ, torturées. La
pratique du viol par des membres des services de police et de
sécurité est courante, aussi bien dans l'enceinte de la prison
qu'à l'extérieur. Il n'existe aucune loi qui protège les femmes
des agressions ou des diverses violence dont elles sont les
victimes. Il n'existe aucun refuge pour femmes maltraitées.
Ainsi, un groupe de femmes, qui militaient pour l'évolution
de leurs droits, a été arrêté et a subi les pires violences
dans des centres de détention non officiels.
La discrimination à leur égard s'exerce à tous les niveaux de
la société. A commencer par l'éducation qui leur est beaucoup
plus difficile d'accès que pour les garçons. Une fois mariées
sous la tradition polygame, elles sont la propriété de leur
époux. Ce dernier peut en disposer comme bon lui semble pouvant
exercer son pouvoir jusqu'à la violence, le viol conjugal, sans
qu'aucune loi ne puisse réellement le poursuivre pour ses agissements.
Ainsi, les actes de violence sont rarement rapportés par la
presse (uniquement si le viol s'est soldé par un meurtre !)
et ne sont pratiquement jamais présentés devant un tribunal.
La femme occupe irrémédiablement un second rôle dans la société
de la République Démocratique du Congo. En fait, le sort des
femmes congolaises ne constitue pas du tout une préoccupation
pour le gouvernement. Prises entre le feu des luttes sans merci
pour le pouvoir, les femmes de la République Démocratique du
Congo sont abandonnées à la folie meurtrière des différentes
armées. Dans cette ambiance de terreur génocidaire, le cas des
femmes congolaises peut apparaître comme un détail face au désastre
humanitaire qui se déroule en ce moment même dans ce pays...
Mais pour nous, cela ne le sera jamais ! Car le respect des
enfants de cette contrée (comme de ceux de tous les autres pays
en conflits armés) passe aussi par le respect inconditionnel
de celles qui leur donnent naissance !
Thierry
 |
|
Source : rapport ONU 97 et 98 et US
Human rights
Photo : ONU
|
|
|