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Femme au Guatemala [08-1999] |
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36 années d'un conflit interne ont anéanti les espoirs d'une
vie meilleure pour les hommes, les femmes et les enfants du
Guatemala qui accuse aujourd'hui une dérive sociale inquiétante...
Le conflit civil a considérablement rabaissé le rôle de la femme dans la société guatémaltèque ainsi qu'au sein même de la famille. Réduites, durant toutes ces années de guerre, à l'esclavage par les hommes armés pour accomplir toutes leurs besognes domestiques et leur fournir des services sexuels, elles conservent, encore aujourd'hui, les graves séquelles d'une discrimination sans borne. Il est extrêmement préoccupant de voir que les coutumes et traditions, fortement ancrées dans les esprits, perpétuent et accentuent la violence exercée contre elles. Ainsi, l'état se trouve trop souvent dans l'impossibilité de s'occuper des problèmes dramatiques auxquels les femmes guatémaltèques sont confrontées quotidiennement : Aucune loi ne garantit le respect des droits des femmes et ne les protège de la discrimination dont elles sont l'objet.
Et ce quotidien offre des scènes permanentes de violence extrême à leur égard : les femmes sont poursuivies dans la rue et battues en public par leur mari ; elles subissent le harcèlement sexuel sur les lieux de travail, le viol conjugal et extra-conjugal. De plus, en ce qui concerne les viols, la loi guatémaltèque considère qu'à partir du moment où la fille (souvent âgée de 12 à 16 ans) accepte le mariage, l'acte sexuel relatif à la vie maritale et si elle est d'accord pour considérer son mari comme le chef de famille, alors les plaintes éventuelles de viols ne sont pas recevables.
Ainsi, la violence, de plus en plus banalisée, devient un code de conduite dont les effets risquent de peser lourdement sur la possible évolution des mentalités masculines guatémaltèques. Outre le fait que le garçon est préféré à la fille lors de la venue d'un nouveau né, la raison du plus fort est de rigueur au sein des foyers guatémaltèques, ce qui fait que la femme est irrémédiablement considérée comme inférieure à l'homme. Dans le même esprit, l'accès des jeunes filles à l'éducation est bien en deçà de ce qui est possible pour les garçons. Par ailleurs, en ce qui concerne les femmes employées comme main-d'œuvre à bon marché, aucune loi ne leur permet de défendre leurs droits civiques et leur droit en tant que travailleuses qui, de toutes façons, n'existent pas.
Cependant, toutes ces années de discrimination violente ont permis d'éveiller la conscience de certaines femmes qui, aujourd'hui, se battent (pacifiquement) afin d'obtenir la révision des lois nécessaires à leur survie et à celle de l'enfance maltraitée du Guatemala. Le rayon de lumière qui apparaît après l'éclipse totale ?
Thierry
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Source : rapport ONU 97 et amnesty 99
Photo : www.corbis.com
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