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Femme en France [08-1999] |
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Au moment même où la France est condamnée par la Cour Européenne
des Droits de l'Homme pour torture pratiquée par des policiers
sur un détenu, il me semblait intéressant d'aborder, parallèlement,
la condition de la femme...
Malgré tout ce que peut représenter la France dans l'esprit des habitants d'autres pays du monde (pays des droits sociaux, des droits de l'homme, de l'art de vivre, panthéon de la gastronomie, de la mode...), la réalité que vivent des milliers de femmes françaises est loin de confirmer une image aussi valorisante. En effet, la violence domestique se manifeste dans bon nombre de foyers. Une violence due au machisme, à la domination des hommes dans la société et à l'alcoolisme.
Ainsi, en France, l'alcoolisme est un facteur déterminant qui
intervient dans de nombreux problèmes sociaux, depuis ceux surgissant
sur les lieux de travail jusqu'aux crimes (agressions, viols,
violence domestique...). Mais les statistiques à ce sujet font
défaut car, en France, la vie privée fait l'objet d'une chasse
bien gardée. Il est, alors, très difficile d'établir les données
exactes des violences diverses dont sont victimes les femmes.
Nous ne sommes informés que partiellement de certains drames
qui se déroulent sur le sol français.
Ainsi, même si des mesures législatives sont mises en place
pour prévenir la discrimination contre les femmes en France,
le harcèlement sexuel, certains trafics de femmes - et parfois
de mineures - venant d'Afrique ou encore l'esclavage font partie
de cas recensés d'atteinte à l'intégrité de la femme. C'est
en ce qui concerne l'immigration que la France a toujours été
ambiguë dans ses prises de position et dans le vote de certaines
lois. Des querelles politiques sur les questions de souveraineté
nationale, de chômage ou d'économie ont favorisé, dans de nombreux
cas, les violations des droits humains sur le territoire français,
notamment en ne permettant pas aux femmes immigrées de bénéficier
de certaines lois françaises garantissant leurs droits élémentaires.
Il est vrai que la conscience des dirigeants et des hommes en
général évolue, donnant lieu à l'adoption
de nouvelles lois en faveur des femmes et pour promouvoir une
certaine égalité entre eux dans les différents
secteurs de la société française, mais
la réalité ne reflète toujours pas cet
engagement de manière suffisante. Le salaire des femmes
est toujours inférieur à celui des hommes ainsi
que le nombre de femmes au chomage plus important que leurs
congénères masculins. Par ailleurs, leur représentation
en politique est encore faible et la parité est loin
d'être atteinte !
S'agissant de l'univers carcéral et, particulièrement, en ce qui concerne les règles pénitentiaires, certaines détenues demandent toujours l'abolition de la fouille intégrale après la "phase parloir" car ces pratiques portent atteinte à leur dignité.
Lorsque l'on voit la vitesse ridiculement faible à laquelle
les femmes acquièrent de nouveaux droits, de nouveaux statuts
- par rapport à ce qui pourrait être fait concrètement dans
le pays dit de "la liberté" ou tout simplement comparés à ceux
des hommes, immuables - nous ne pouvons qu'attirer l'attention
sur les manques en ce domaine.
La condition de la femme s'améliore, mais au bon vouloir de
ces messieurs qui décident toujours de leur sort et de leur
avenir. C'est dire si les esprits sont encore obtus, vues les
démarches et la volonté que les femmes ont dû fournir pour obtenir
quelques lois que l'on pourrait qualifier parfois de misérables...
Quand les femmes françaises seront traitées avec un respect total de leur personne, lorsqu'elles pourront, à égalité absolue avec les hommes, décider de leurs droits, lorsqu'elles auront tout simplement perdu le statut discriminatoire de "sexe faible", alors oui, la France sera le pays des droits humains… Pas avant !
Thierry
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Source : www.mire.net, www.ccem-antislavery.org,
ctizens.eu.int, usdept
Photo : www.corbis.com
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