| La Femme en Afrique du Sud [07-1999] |
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Tous le monde a en mémoire l'apartheid qui a sévi en Afrique
du Sud durant près d'un demi siècle et pendant lequel la violence
infiltrait tous les niveaux de la société au point d'être dramatiquement
banalisée. Les femmes de couleur ont, dans ce contexte inhumain,
vécu une discrimination sans borne...
Et aujourd'hui qu'en est-il de leur condition ?
L'Afrique du Sud est en pleine reconstruction. La société y est profondément divisée : les disparités entre les différentes régions du pays sont les plus importantes du monde et les séquelles laissées par l'apartheid sont difficiles à combler. Durant toute cette période les femmes ont été la cible de violences politiques : elles étaient considérées comme un moyen de pression contre les ethnies adverses. Tortures, viols constituaient une pratique courante de chantage. Sous la direction du Président Nelson Mandela et de son gouvernement, certaines orientations non négligeables ont été amorcées pour freiner la discrimination à l'égard des femmes.
Toutefois, l'Afrique du Sud afficherait toujours le plus grand nombre de viols commis parmi les pays qui ont pris l'initiative d'établir des statistiques sur la violence à l'égard des femmes. Ainsi, l'appareil judiciaire n'étant pas préparé à traiter le viol au même titre qu'un crime, les femmes sont, non seulement maltraitées, mais de surcroît, non reconnues dans leur détresse. Le viol est un jeu auquel s'adonnent beaucoup d'hommes : il est mis au même niveau qu'une partie de carte ou une soirée passée au bar. Il est souvent collectif, pouvant même aller jusqu'au meurtre sans que ses auteurs soient sérieusement inquiétés par la justice.
Il y a donc une forme de tolérance de la violence perpétrée contre les femmes qui s'étendrait jusqu'à la légitimation sociale : on tolère une société violente donc on en accepte également les conséquences sur les citoyennes !
D'autant plus si l'on sait que le viol n'est absolument pas considéré comme un délit dans certaines ethnies.
L'Afrique du Sud, est aux prises avec des problèmes qui relèvent d'un pays appartenant au tiers monde ! C'est dire l'état de misère humaine dans lequel le pays se trouve. En outre, la religion et les coutumes portent atteinte aux avancées des droits pour les femmes.
Même si certaines dispositions au sein des grandes villes comme Durban, Pretoria, Johannesburg ou encore le Cap, (notamment dans les commissariats), commencent à apporter une forme de soutien aux femmes victimes de violences physiques et sexuelles, en revanche, hors de ces grandes agglomérations, rien n'est entrepris pour palier le manque d'infrastructure. Ainsi, la formation d'agents de polices au traitement du viol et des violences à l'égard des femmes dans les banlieues, est inexistante.
La femme sud-africaine étant reconnue comme inférieure dès son plus jeune âge, ce sont les mineures qui sont le plus touchées par la violence sexuelle.
L'Afrique du Sud est un pays malade de toutes ces années de souffrances et d'atrocités. Comme tout grand malade, les plaies seront difficiles à cicatriser et la convalescence sera longue. Il est donc absolument nécessaire, dans ce pays qui repart à zéro, de mettre, dès aujourd'hui, l'amélioration de la condition de la femme au premier plan des préoccupations politiques, car ce sont elles qui donneront à l'Afrique du Sud ses nouveaux enfants !
Thierry
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Source : Rapport aux Nations Unies 97 et 98
Photo : www.corbis.com
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