| La Femme au Canada [05-1999] |
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Lorsque l'on s'occupe de recenser les cas de violence contre
les femmes dans le monde, on ne s'attend pas à ce que le Canada
soit autant touché par le fléau…
6 décembre 1989 : 14 étudiantes sont tuées par un homme psychiquement malade mais dont le geste avait pour but de punir et de supprimer des femmes. Cet acte, qui a choqué tout le Canada, a marqué le début d'une action de dépistage de la maladie la plus grave de notre monde : la violence contre les femmes. Et ici, au Canada, cette violence n'est pas en reste ! En effet, des meurtres sont commis par des hommes dans un geste délibéré de porter atteinte aux femmes. C'est la violence conjugale qui, un fois de plus, est concernée.
Ainsi, les femmes sont violentées par des êtres qu'elles connaissent bien. Cela a des conséquences dévastatrices sur le plan humain mais aussi social. Chaque jour, des femmes sont harcelées, intimidées, menacées, agressées au sein de leur foyer, de leur travail, dans la rue. La violence contre les femmes prend toujours pour origine la tradition ou le droit familial dont l'homme abuse en tant que chef de famille. Ainsi, des policiers canadiens rapportent que bon nombre de maris accusés d'avoir battu leur femme ou leur compagne sont surpris d'apprendre qu'ils n'en ont pas le droit… Ils en ont disposé si longtemps !
Au début du XXème siècle, un tribunal statuait que le mari avait l'obligation " d'enseigner à sa femme devoir et soumission ". Les femmes de notre époque subissent encore de plein fouet ce terrible conditionnement. D'autant plus que, d'après des recherches sociales, il est deux fois plus probable que les femmes, dont les mariages sont concernés par les agressions, aient vu leur père battre leur mère. Il y aurait donc une banalisation de la violence dans les esprits masculins et féminins dont la femme sera toujours la victime.
Les minorités féminines en milieu autochtone sont particulièrement touchées par la violence : jeunes filles, femmes du troisième âge, handicapées… Dans les prisons de femmes, la discrimination fait rage et prend la forme quotidienne de racisme et sexisme à tous les niveaux de l'appareil judiciaire (juges, policiers, avocats…). A cela s'ajoute " le syndrome de la femme battue " qui finit par accepter la violence dont elle est victime jusqu'à penser qu'elle en est la cause.
Ainsi, à l'heure actuelle, des centaines de milliers de femmes en ce pays vivent dans la crainte et l'insécurité. Certaines en viendront à commettre un homicide désespéré contre leur mari agresseur. Pourtant, l'appareil judiciaire est ainsi inhumain, qu'il persiste à y voir un problème uniquement féminin, occultant bien souvent la responsabilité de l'homme dans leur jugement…
Thierry
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Source : Condition Féminine au Canada
Photo : www.nfb.ca
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