Et
à cette marque nous connaissons que nous avons connu
Dieu si nous gardons ses commandements. Celui qui dit «
Je l’ai connu », et ne garde pas ses
commandements, est un menteur, et la vérité
n’est point en lui. Mais celui qui garde sa parole,
c’est en lui véritablement que l’Amour de
Dieu est parfait. (2, 4-5). Jean l’Evangéliste devait déjà
se lamenter lorsqu’il considérait la
société de son temps : beaucoup de discours et
peu d’actes. Encore aujourd’hui, il est
étourdissant de constater à quel point les
postulats et les raisonnements ont d’importance pour
les individus et combien rarement ils se traduisent dans les
comportements quotidiens.
C’est bien contre cela que Jean vient nous mettre en
garde dans sa Première Epître ! Nous ne pouvons
nous réclamer du Christ
si nous ne conservons pas soigneusement ses commandements
dans notre coeur. Et ses commandements sont tous des appels
à manifester de l’Amour à notre
prochain.
Comment pourrions-nous comprendre l’enseignement divin
si nous expérimentons si peu l’Amour alors que
Jésus nous exhorte à Lui donner toute la
priorité ? Celui qui prétend demeurer en
Lui, il faut qu’il marche lui-même dans la voie
où Lui a marché ajoute le disciple.
Suivre Jésus est une affaire de comportements et non
pas de prises de positions intellectuelles ! Notre objectif
doit être de demeurer dans l’Amour comme dans un
train en marche, mus par le mouvement de l’Esprit...
Pour cela, seuls les actes d’Amour incessants
constituent une assurance : l’assurance de savoir
parler le langage de l’Amour, une langue dont nous
oublions le vocabulaire si nous ne la pratiquons avec
personne !
Autrement, comment pourrions-nous parler à
Jésus ? Comment seulement Le comprendre ?
L’Amour est véritablement le langage de
l’Esprit. Si nous ne faisons que le balbutier, nous
sommes totalement incapables de comprendre les Ecritures.
Nous sommes inaptes à interpréter les
multiples signes divins qui scandent notre vie.
Au contraire, si nous nous appliquons à aimer au jour
le jour, en ayant confiance en la vie, nous parvenons
à ouvrir notre être, à le dégager
de ses conditionnements. A chaque mot, à chaque
nouvelle expression de l’Amour que nous apprenons, nous
progressons dans la lecture du Grand Livre de la Vie. Dieu y
parle chaque jour : le chant d’une source qui
s’écoule depuis si longtemps que nous n’y
faisions plus attention.
Celui qui vit dans l’Amour ne peut plus penser que Dieu
est silencieux... Il est bien là l’Ami
désiré et comme échanger avec Lui est
agréable ! Et comme marcher avec Lui est passionnant
! Oui, celui qui parle le
langage du coeur
chemine au côté de Jésus jour
après jour : il partage ses joies et ses peines.
Avec Lui il porte une croix, celle des incohérences
destructrices de l’Humanité. Mais cette croix
devient chaque jour plus légère à
porter... Car souffrir avec Jésus, même
très peu, nous unit à Lui et nous donne la
joie de Le connaître parce que nous renaissons
à chaque instant avec Lui.
C’est cela communier
: partager Sa substance divine, seule apte à nous
purifier, substance qui s’écoule librement dans
l’échange d’Amour authentique entre les
êtres.
Oui, lorsque nous ne parlons pas la langue de l’Amour,
nous mentons : nous exprimons du vide, des mots qui ne
s’adressent pas au coeur ; nous parlons un dialecte
obscur. L’Amour est la seule langue que l’ensemble
de l’Humanité sache vraiment comprendre.
Puissent ses membres l’enrichir d’une multitude
d’accents ! Puissent-ils même y ajouter sans
cesse des mots nouveaux et conjuguer fraternellement le
Verbe de Dieu !
Geoffroi
 |
|
|