Mes
petits enfants, je vous écris ces choses, afin que
vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a
péché, nous avons un avocat auprès du
Père, Jésus-Christ le juste. Il est
lui-même une victime d’expiation pour nos
péchés, non seulement pour les nôtres,
mais pour ceux du monde entier (2, 1-2). Jésus se donne sur la croix : don total de sa
personne à toute l’humanité. Si nous
laissons entrer en nous un peu de l’Energie divine qui
pénétra le monde en cet instant-là,
nous avons la réponse à tout : une parole qui
vient des racines de l’être, là où
notre coeur et notre mental ne se sont pas encore
séparés.
Depuis toujours, l’homme veut faire dire à Dieu beaucoup de
choses pour contraindre son semblable et se conforter lui-même.
Souvent, l’homme parle de Dieu avec bien peu d’Amour. Et ses
plus belles croyances, ses plus glorieuses idéologies débouchent
sur des ignominies : exclusion, racisme, guerre, peine
de mort...
Dans ce chaos où nos frères et sœurs ont
du mal à se retrouver, il est un repère
fiable, une croix où poser nos regards, une
réponse simple : Jésus se donne pour nous.
Devant cette réalité incroyable de Dieu fait
chair pour accompagner les hommes au plus bas de leur
densité, la négativité est
exposée en pleine Lumière.
La réponse de l’Amour : le don de soi sans
condition. C’est bien ce dont témoigne
Jésus en croix : l’écartèlement
permanent de la Vie qui prend tout dans ses bras et qui
porte ! Alors la négativité s’aggrave,
l’incohérence monte. Démasquée,
elle s’affole. Jésus en croix : quel camouflet
pour tous ceux qui se vouent à la
négativité !
A celui qui voudrait tant juger son voisin,
l’étranger du coin, Jésus crucifié
dit que l’Amour est le seul critère. A celui qui
renchérit sur les délinquants, les criminels,
Jésus crucifié indique simplement : “tu
juges, tu te juges, tu te détruis”. A celui qui
veut des garde-fous, des limites, des barrières
implacables sans quoi tout est permis, Jésus
crucifié répond : “c’est parce que
tout a été permis à l’homme que tu
vis et qu’un temps t’est donné pour
comprendre que la Vie est Amour et que la Fraternité
relie les êtres par-delà les
consciences.”
Ce plan de conscience supérieur, c’est le plan christique où
Notre Père nous vivifie perpétuellement, où le Christ nous protège.
L’individu que nous méprisons, le criminel qui nous paraît irrécupérable,
le marchand de canons dont l’inconscience
ouvre en nous des gouffres de désarroi, tous sont aimés : Jésus,
s’ils le veulent, se fait leur avocat. Il porte les conséquences
négatives de leurs errances tout en les laissant libres et responsables.
C’est en cela que Jésus est une victime d’expiation : par son
acte d’Amour sans limites, le vide d’Amour est comblé, la négativité
transformée. Mais nous pouvons récuser notre avocat : Jésus
ne saurait nous défendre contre notre gré. A nous de nous engager
dans notre re-création.
Soyons sans craintes, il n’y aura pas de Jugement
Dernier. Seulement des jugements premiers, quotidiens : la
phrase vaine prononcée pour affirmer son ego ou faire
mal, les mentalisations qui nous font renier notre pouvoir
créateur, les actes faits pour prendre... Toutes ces
automutilations, ces minicrucifixions permanentes de notre
Christ
intérieur...
Si nous voulons stopper cette dégradation, allons en
nous-mêmes et voyons : il y a un homme cloué
à une croix. Détachons-le, soignons-le,
traitons-le avec bonté car derrière cette
tête de criminel se cache un roi.
Cet être que nous gardions emprisonné, à
l’agonie, il se pourrait bien que ce soit nous. Et que
ce soit Dieu.
Geoffroi
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