Si
nous disons “nous n’avons pas de
péché”, nous nous égarons
nous-mêmes et la vérité n’est pas
en nous. Si nous confessons nos péchés,
fidèle et juste comme Il est, Il nous pardonnera nos
péchés et nous purifiera de toute
iniquité. (1, 8-9) Cette mise en garde de Jean, au début de sa
Première Epître, doit nous éveiller
à la réalité de nos rapports avec Dieu.
Nous vivons beaucoup trop loin de Lui ! C’est cela que
nous devons avoir à l’esprit lorsque nous
traitons la notion de péché.
Dieu est Amour illimité. Il nous donne tout ce dont
nous avons besoin pour nous développer : l’Amour
qui implique liberté
et responsabilité.
Si nous voulons évoluer, c’est en
développant cet Amour à
l’intérieur de nous. Autrement dit,
l’objectif de tout être humain est
d’accroître la part d’Amour, la part de Vie,
en lui et autour de lui. Ainsi, il apparaît totalement
vain de croire que nous n’avons en notre être
aucun conditionnement, aucun comportement négatif. Au
mieux, sommes- nous seulement orientés vers plus
d’Union avec notre Père.
Nous devons donc comprendre à quel point la
reconnaissance de nos manques d’Amour est une
nécessité vitale. Il ne s’agit pas de
nous mettre à vivre dans la culpabilité. Non !
Au contraire, Dieu nous appelle à vivre dans le
soulagement de nous savoir pardonnés et aimés.
Chacun d’entre nous se situe relativement
éloigné du Père, chacun d’entre
nous désire ou désirera s’en rapprocher.
Pour cela, il importe de donner à l’Amour toute
la place en notre être. Or, nous ressentons bien
l’énorme difficulté que cela constitue.
C’est là que nous devons faire intervenir la
grâce du Père. Une grâce qui nous fait
dire : “je suis encore trop loin de Toi.” Une
grâce qui, seule, est capable de nous conférer
la constance qui nous manque : l’HUMILITE.
En effet, notre vie est une histoire d’Amour avec
l’Amour Lui-même. Dans nos moments de plus grande
union, nourris de la Toute-Puissance divine, comment
pourrions-nous être repus ? Cela est impossible car la
Toute-Puissance de l’Amour provient du “toujours
plus”. Ainsi, lorsque nous goûtons à
l’illimitation de l’Amour, il est naturel que nous
désirions toujours plus nous unir à Lui.
Dès lors, se voir comme sans perfectionnement
possible, c’est se voir mort car séparé
de Dieu, ayant rompu le contact avec Lui.
Au contraire, se voir comme trop éloigné de
Lui encore, c’est se préparer à recevoir
Son Energie divine. Notre choix est simple : avons-nous ou
non le désir de Dieu ? Si notre réponse est
positive, considérons alors ce trésor
qu’est l’humilité. Elle est l’attribut
du chercheur de Dieu, création permanente de contact
avec Lui, ouverture et abandon qui poussent notre être
au-delà de ses limites. L’humilité ne
nous rabaisse pas, elle nous élève tandis que
notre ego nous isole en nous poussant à nous croire
bons : bon père, bonne épouse ou bon “qui
que ce soit”. Seule l’énergie que nous
accordons à notre ego peut nous faire croire que nous
sommes arrivés au bout de quelque chose.
Le but est sans fin car l’Amour est sans fin. Si nous aimons
caresser l’idée que nous sommes bons ou sans péché, c’est notre
mort que nous caressons. Faut-il que l’homme soit éloigné de
Dieu pour ne pas saisir l’ampleur de l’évidence : reconnaître
nos erreurs, c’est reconnaître notre besoin originel de Dieu,
c’est reconnaître le Christ en
nous. Cela n’a rien d’humiliant !
Nous ne sommes pas bons, nous nous bonifions ; nous ne
sommes pas purs, nous nous purifions : nous ne sommes pas
morts, mais nous vivons lorsque nous acceptons d’entrer
humblement dans le mouvement de l’Esprit.
Geoffroi
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