Si
nous disons : « nous sommes en communion avec Lui
», tout en marchant dans les ténèbres,
nous mentons et nous ne pratiquons pas la
vérité. (1, 6) Ce passage de la Première Epître
énonce la préoccupation principale de
l'évangéliste : les actes. Avant lui, Jean le
Baptiste exhortait déjà les Pharisiens
à produire du fruit au lieu de se satisfaire de leur
statut de fils d'Abraham. Le disciple bien-aimé va
plus loin encore : être en union avec Jésus,
c'est mettre en pratique sa Parole tous les jours de la vie.
C'est se conformer à son exemple d'Amour.
Etudions-en les conséquences évidentes. En
premier lieu, il apparaît clairement qu'il est vain de
se dire chrétien si l'on ne s'efforce pas de vivre
dans la Lumière de l'Amour (ce qui se
caractérise essentiellement par l'Amour
inconditionnel du prochain). Ainsi, notre regard reste
fixé sur l'exemple de Jésus, avec une
attention toute particulière sur son sacrifice. Voici
assurément un moyen de ne jamais nous égarer
dans nos choix quotidiens. Face à un tel exemple, le
réflexe ne peut être que l'humilité de
sorte qu'il est alors plus juste de se considérer
comme “un apprenti à la suite de
Jésus” plutôt que de se déclarer
d'emblée comme “chrétien” !
La déduction suivante concerne la croyance. Puisque
les actes constituent les fruits que produit l'arbre de la
Communion, il devient évident que la simple notion de
croyance en Dieu ou en Jésus-Christ est absurde : si
elle n'est pas nourrie par des actes, elle est une croyance
morte. Elle ne permet en rien de progresser dans l'union
avec Jésus. Trait caractéristique de notre
époque, la croyance traduit en fait l'obsession de
l'homme moderne d'avoir un avis sur tout... En revanche,
dès lors que l'on met en pratique l'enseignement du
Christ, l'être fait peu à peu
l'expérience de la confiance, laquelle, à son
plus haut degré, se nomme la foi. Celle qui
déplace véritablement les montagnes tandis que
la seule croyance ne remue que du vent.
Dans l'action, il n'y a pas de privilégiés. Il
n'y a pas de peuple élu. Tous les êtres sont
aimés de la même façon par le
Père. Cette conséquence, si elle ne satisfait
pas tout le monde, est pourtant la seule qui soit conforme
à l'Amour. Jésus-Christ offre sa vie pour tous
les êtres, redonnant à chacun la
possibilité de se choisir comme Fils de Dieu. Aucun
cloisonnement religieux ne peut résister à
cette vérité. L'idée d'élection
contient un non-sens qui consiste en un refus de donner :
lequel d'entre nous, s'il avait reçu un
privilège du Père, ne se précipiterait
pas pour le partager avec les siens, suivant en cela
l'exemple même de Jésus par lequel nous
obtenons la divinité ?
Au-delà des religions, le message du Christ s'exprime
dans son universalité : ce sont les actes d'Amour qui
créent l'individu et le rapprochent de Dieu, rien
d'autre. A notre époque où le mental
hyper-sollicité de nos semblables les pousse à
ne connaître qu'une foi intellectualisée,
à discuter encore de la réalité ou non
de la Résurrection, le discours de Jean est
d'importance.
Si nous sommes incarnés sur ce plan d'existence, c'est pour
que nous puissions faire nos expériences sans lesquelles nous
ne pouvons rien choisir donc rien désirer. Se contenter de croire
et ne pas chercher à être intégralement Amour, c'est déjà marcher
dans les ténèbres. Lorsque nous faisons sincèrement un pas vers
l'Amour, nous ne tardons pas à souhaiter en faire d'autres et
nous sommes de plus en plus en communion avec Jésus.
Nous expérimentons la Toute-puissance de l'Amour et la Résurrection
de notre être devient notre défi quotidien.
Geoffroi
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