Pour une première série d’articles, j’ai choisi de commenter
quelques passages de la Première Epître de Jean. Je voudrais
vous faire partager ce que j’y trouve de divin et, plutôt que
de la commenter intégralement, je préfère en extraire les moments
clés : quelques-uns de ces versets qui nous font toucher la
réalité de Dieu.
Tout d’abord, voyons ensemble pourquoi Jean
l’évangéliste bénéficie
d’un sort particulier dans l’attachement que lui
témoignent depuis toujours tant de maîtres
spirituels. La réponse se trouve dans cette phrase du
chapitre XIII de son évangile, celui que
Jésus aimait, expression qui témoigne de
son statut de disciple bien-aimé. A
l’évidence, Jésus-Christ donnait son
Amour de manière égale à chacun de ses
disciples. Mais ces derniers ne pouvaient le lui rendre
qu’à la mesure de leur évolution
c’est-à-dire de leur compréhension et de
leur mise en pratique de Sa Parole. C’est ainsi que
Jean était le plus proche de Jésus car
c’est avec lui que se faisait l’échange
d’Amour à un niveau illimité.
La Tradition donne avec raison à Jean le titre de
Théologien : oui, Jean est véritablement la
figure emblématique du théologien, celui qui
connaît Dieu parce qu’il L’a vu et
qu’il L’a touché... S’il s’est
penché sur la poitrine de Jésus lors de la
dernière cène, s’il a posé sa main
sur Lui, c’est en disciple acquis à
l’Amour. Non en être humain sous l’emprise
du doute, comme le fut Thomas qui dut sentir les plaies pour
croire et comprendre. Jean connaît Dieu, non seulement
parce qu’il L’a vu et touché au sens
matériel des termes, mais surtout parce qu’il
L’a connu au sens primordial du mot : il est né
à Lui. Il est le disciple qui a reconnu l’Amour
infini que Dieu a pour lui ; le disciple qui a choisi de
donner à Dieu son Amour infini en retour.
Comme tout mystique, il vit dans l’intimité de
Dieu et ce qu’il nous dit vient du Père.
Ecoutons-le : nous vous annonçons la Vie
éternelle, qui était tournée vers le
Père et qui s’est manifestée à
nous. Cette Vie éternelle devenue manifeste,
c’est Jésus-Christ,
face visible du Père, celui que Jean nomme le Verbe
de Vie et dont il dit que Tout fut par lui dans le
fameux prologue de son évangile. Jésus-Christ,
Dieu fait homme, cet être de chair et d’os comme
nous, nous pouvons le voir, grâce à Jean, sous
un jour plus lumineux. Jésus-Christ, incarné
par Amour pour nous, est la Création elle-même
: il est l’ensemble de ce qui vit et qui est Amour.
Autrement dit, en Jésus, nous contemplons la
quintessence de ce qui existe dans cet univers et le
principe qui l’a causé. En Lui, tout se retrouve
Un.
L’expression paulinienne qui énonce que
l’Eglise est le corps du Christ apparaît
alors plus clairement : l’ensemble des êtres qui
suivent la voie d’Amour de Jésus forme
authentiquement son corps mystique. Corps meurtri lors de la
Passion où Jésus prit sur lui le poids des
êtres éloignés de Dieu. Ses souffrances,
alors, toutes ses blessures, étaient autant
d’êtres humains déchirés par le
manque d’Amour. Lui, Jésus, dont la substance
était pure comme celle d’Adam, se couvrit des
souillures et des incohérences de
l’humanité pour les combler d’Amour en un
instant d’éternité, un cri vers le
Père sur la croix.
Ce cri de désespoir, nous le comprenons mieux si nous
distinguons en Jésus tout l’ensemble des hommes.
Son Incarnation fut ainsi le résultat d’un cri :
l’appel des humains égarés, une flamme
d’Amour qui s’éleva de la terre vers le
Ciel tandis qu’une flamme en descendit. Les deux se
confondirent alors pour former une image
éblouissante, Jésus-Christ : image vivante de
Dieu, image de l’Homme tourné vers le
Père.
Geoffroi
 |
|
|