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L'éloignement


Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne conduit pas à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère (comme à tous ceux dont le péché ne va pas à la mort). Il y a un péché qui conduit à la mort : ce n’est point pour ce péché-là que je dis de prier. Toute iniquité est un péché, mais tout péché ne conduit pas à la mort. (5, 16-17)

Le péché ou « transgression de la Loi divine » n’est rien d’autre, selon Jean l’évangéliste, qu’une atteinte à l’Amour qui constitue la substance même de la vie. Il s’agit donc, tout simplement, de ce qui peut s’avérer injuste à l’égard d’autrui ou le léser, créant aussitôt une ombre au sein de l’univers d’Amour dans lequel nous baignons. Dieu, qui est Amour infini et inconditionnel, se donne perpétuellement à ses créatures et comble ainsi d’Amour toutes leurs erreurs : c’est en cela que Dieu donne la vie, en illuminant les obscurités induites par nos manquements. Bien souvent, nous faisons du tort à notre semblable - parfois sans en être conscients - mais nous ne cherchons toutefois pas à nous opposer à la vie. Nos égarements résultent alors de notre difficulté à aimer et, si nous en prenons conscience, ils deviennent des expériences qui nous font grandir dans la vérité, dans la réalité de l’Amour divin. Le pardon que nous accordent nos proches et celui que nous leur donnons en retour permettent à l’Amour de continuer à inonder notre existence et à Dieu de s’exprimer à travers nous. Telle est l’harmonie entre les êtres humains et Dieu, qui fait en sorte que nous puissions jouer le rôle de canaux de son énergie inépuisable, apportant aux autres l’Amour dont ils ont besoin sous la forme qui leur convient le mieux. Aussi nous paraît-il tout à fait naturel de demander à Dieu-Amour qu’Il vienne en aide à un frère ou une sœur en difficulté : non pas que Dieu ne le fasse pas de lui-même, mais parce qu’en agissant ainsi, nous devenons à notre tour des créateurs d’Amour tout comme Lui...

Mais l’Amour que Dieu prodigue constamment aux humains est synonyme de liberté. Et, de même, notre Amour pour autrui doit-il être infiniment respectueux du libre arbitre de celui-ci. Dès lors, il existe obligatoirement une catégorie d’actes posés par nos semblables qui, relevant de leur stricte liberté - laquelle doit être sacrée pour nous - nécessite la plus grande réserve de notre part. A priori, il peut être difficile d’envisager précisément en quoi consistent ces actes. En fait, cela est assez simple puisqu’il s’agit des actions et comportements qui s’opposent volontairement et consciemment à l’Amour. Nous ne pouvons, en effet, forcer quelqu’un à aimer puisque l’Amour vient du cœur, lequel ne peut s’exprimer s’il est privé de sa liberté. Pareillement, Dieu ne veut en aucun cas nous contraindre à quoi que ce soit et, naturellement, Il ne peut désirer nous pousser à l’aimer si nous ne le souhaitons pas ardemment. Dieu recherche l’union c’est-à-dire le « oui » que prononce une créature libre, laquelle s’élève alors au rang de créateur, de par sa seule volonté. Il est donc parfaitement logique qu’un être qui ne souhaite pas accéder à ce stade de son évolution, qui refuse l’Amour parce qu’il ne veut ni donner ni recevoir de Dieu ou des autres, soit considéré avec respect dans ses choix. C’est pourquoi nous ne devons pas chercher à faire obstacle à sa volonté par nos prières et nos demandes d’intervention divine : Dieu a donné la vie à ceux et celles qu’Il a créés comme un cadeau et non comme un poids. Il nous est toujours possible de le refuser et peu importe la « validité » de ce qui nous pousse dans cette voie : si nous choisissons consciemment la mort au lieu de la vie, si nous optons volontairement pour l’autodestruction de notre être plutôt que pour sa dilatation vers ce qui est autre, nouveau et illimité, nous serons respectés. Pour la simple raison que nous n’avons jamais été et ne serons jamais des jouets entre les mains du Tout-Puissant. Nous sommes des dieux appelés par notre Père/Mère à devenir responsables de la Création. C’est une mission qui nécessite notre adhésion absolue et perpétuellement renouvelée et qui exige que nous tenions en haute estime le lien particulier qui unit chaque être et son Seigneur : pour Dieu comme pour nous, accepter que l’autre s’éloigne, c’est une autre façon de se rapprocher de lui...


Geoffroi Contact  




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